Frisch, Le Maroc, pp. 304 et suiv
2. De Segonzac, Excw^sion au Sud, avec quelques considérations sur la question marocaine, p. 27.
3. R. Pinon, L'Empire de la Méditerranée, pp. 314 et suiv. ; — de Mathuisieulx, A travers la Tripolitaine, pp. 133 et suiv.
4. Accord commercial conclu entre la France et l'Italie le 21 novembre 1898. (De Clercq, Recueil des traités de la France, t. XXI, p. 448.)
siens ' avait fait disparaître les principales causes d'irri- , tation.
Profitant de cette détente, le. Cabinet de Paris fit comprendre qu'il serait disposé à ne pas gêner l'action italienne en Tripolitaine si le Cabinet de Rome promettait de ne pas gêner Faction française au Maroc.
Cette conjbinaison était surtout avantageuse pour nos voisins. Nous permettions à l'Italie d'occuper un pays qui, au sud, s'étendait vers nos possessions sahariennes et qui, ^ l'ouest, était limitrophe de notre protectorat tunisien. En retour de cette grave concession, l'Italie se bornait à nous laisser agir librement dans un pays où elle n'avait pas d^intérêts importants et sur lequel elle ne pouvait élever aucune prétention sérieuse. Comme le faisait observer justement M. Etienne, la déclaration de l'Italie au sujet du Maroc « ne valait ni comme renoncia- « tion à un titre, ni comme abandon d'un moyen d'ac- « tion, mais simplement comme la reconnaissance d'une « prétention que nous élevions que les affaires du (( Maroc étaient des affaires françaises et que l'Empire « chérifien était dans notre sphère d'influence^. »
La Consulta s'empressa donc d'accepter la proposition qui lui était faite par le gouvernement français et qui correspondait à ses secrètes pensées 3. Un accord,
1. Convention de commerce et de navigation relative à la Tunisie, conclue le 28 septembre 1896 entre les gouvernements français et italien. (De Clercq, op. cit., t. XX, p. 597.) — Convention consulaire et d'établissement relative à la Tunisie, conclue le 28 septembre 1896 entre les mêmes gouvernements. (De Clercq, op. cit., t. XX, p. 602.)
Sur ces conventions, consultez notre ouvrage : La France et les nations latines en Afrique, p. 17 et suiv.
2. Revue des questions diplomatiques et coloniales^ 1902, p. 65.
3. Dès le mois de décembre 1901, M. Prinetti, ministre des affaires
reposant sur les basés déjà indiquées, fut définitivement conclu pendant Tété de 1902'.
Bien que l'accord franco-italien n'ait pas été publié, son existence ne saurait être mise en doute. A diverses reprises, notre gouvernement a reconnu qu'il y avait une parfaite concordance de vues entre lui et le gouvernement italien au sujet du Maroc et de la Tripolitaine.
Le 10 novembre 1904, lors de la discussion de la convention franco-anglaise, M. Delcassé, ministre des Affaires étrangères, répondant à une question de M. Deloncle^, faisait la déclaration suivante : « Evidemment, on peut soutenir, que le Maroc ne touche pas directement l'Italie. Mais quel politique refusera de voir les raisons qui obligent l'Italie à se préoccuper de toute modification à l'équilibre des forces de la Méditerranée? Des explications franches et complètes que nous avons échangées avec elle est sorti un accord qui, sauvegardant pour l'avenir les intérêts essentiels des deux nations dans
étrangères d'Italie, faisait à la Chambre italienne, la déclaration suivante : « Les relations des deux pays sont devenues telles qu'elles « rendent possible en toute occasion un échange entre les deux gou- « vernements d'explications aussi franches que satisfaisantes au sujet « de leurs intérêts respectifs dans la Méditerranée, et ces explications « nous ont toujours conduits à affirmer une parfaite concordance de « vues touchant tout ce qui, à cet égard, peut intéresser la situation « respective des deux pays. » (Questions diplomatiques et coloniales, 1902, p. 110.) De son côté, M Delcassé ne tarda pas à faire une déclaration identique à la Chambre française, (Journal officiel, 1903, Chambre des députés, p. 102.)