ie Correspondant, 1903, p
2. M. Detoncle, s'adressant au Ministre des Affaires étrangères, lui avait dit : « Vous aviez fait avec l'Italie, durant l'été de 1902, une de « ces conventions secrètes qu'il vous plaît assez de signer. » Discours prononcé dans la séance du 3 novembre 1904. (Journal officiel, 1904; Chambre des députés, p. 2252.)
la Méditerranée, ne laisse plus place désormais dans leurs rapports que pour une amitié réciproque et pour un mutuel bon vouloir '. » '
Il reste donc acquis que, par un accord régulier, le gouvernement italien a reconnu la prééminence de la France au Maroc et s'est engagé à ne pas y entraver son action.
I II. — Accord conclu avec L'ANGLBysaRE.
De longue date, TAngleterre avait convoité le Maroc : patiente et tenace, elle avait réussi à placer ce pays sous sa tutelle exclusive.
Les diplomates anglais dirigeaient la politique extérieure du Maghzen^. C'étaient eux qui, intervenant comme médiateurs dans tous les conflits, déterminaient les indemnités qui devaient être payées à la partie lésée bu les garanties qui devaient lui être fournies^.
Les officiers anglais présidaient à la réorganisation de l'armée marocaine. C'étaient eux qui , chargés d'instruire l'infanterie, dirigeaient, à la façon britannique, les marches et les manœuvres des asker"^.
1. Discours prononcé par M. Delcassé, ministre des Affaires étrangères, daBJs la séance du 10 novembï©^ 1904. {Jo%*mal officiai^ 19^ Chambre des députés, p. 2381.)
2. Sir John Drummond Hay, qui fut pendant plus de trente ans ministre d'Angleterre à Tanger, devint le confident du sultan Sidi- Mohammed, père de Mouley-Hassan. (Frisch/ie Maroc, p. 284.)
3. Sir Jean-Henry Drummond Hay, consul général, père du précédent diplomate , régla en 1845 divers litiges pendants entre l'Espagne et le Maroc, —r Consultez, à ce sujet, notre ouvrage : Les relations de l'Espagne et du Maroc penda?it le xvm« et le xm*' siècles , pp. 56 et suiv.
4. Sur l'organisation de l'armée marocaine, consultez : Erckmann,
Les négociants anglais devenaient les fournisseurs attitrés de la Cour chérifienne : c'étaient eux qui, en flattant les goûts du Sultan ou en faisant des cadeaux à ses ministres, obtenaient les commandes les plus importantes et les marchés les plus avantageux \
Grâce à cette immixtion dans toutes les affaires publiques, rinfluence anglaise pouvait être considérée comme prédominante à la Cour de Fez.
Les choses en étaient là lorsque, en 1902, se produisit un brusque revirement. Le jeune Sultan, Abd-el-Aziz, conseillé par le caïd Harry Mac-Lean et par le journaliste Walter Harris, se mit à accomplir des réformes prématurées qui dérangèrent les habitudes et froissèrent les sentiments des populations marocaines. De là, une crise matérielle et morale qui aboutit à la révolte du prétendant^ à Téchec de Farmée chérifienne et à la pénurie du trésor^.
La situation devint très inquiétante pour TAngleterre. D'une part, lés sujets du Sultan, justement irrités, imputèrent aux agents anglais toutes les innovations fâcheuses qui avaient bouleversé leur pays. De son côté, le Sultan, désireux de sauver sa popularité, s'empressa de renvoyer tous les conseillers britanniques dont il avait jusqu'alors écouté les pernicieux avis^.
En même temps que l'influence anglaise commençait à
Le Maroc moderne, p. 245 ; Aubin, Le Maroc d'aujourd'hui, pp. 250 et suiv. — Sir Harry Mac-Lean, ancien sous-officier de la garnison de Gibraltar, organisa un bataillon modèle de 2,500 hommes.