‹ La protectorat de la France sur le MarocChapitre 18 sur 21 · Article 7 de la même déclaration · texte numérisé non relu

Article 7 de la même déclaration

2. Bonflls, Manuel de droit international public^ 4» édition, mise au courant par M. Fauchille, n»» 506 et suiv.

3. A la pointe d'Europe, indépendamment des batteries souterraines, il y a une énorme pièce de marine sur le terre-plein et en ayant du rocher.

4. Discours prononcé au Sénat par M. de Lamarzelle dans la séance du 7 décembre 1904. {Journal officiel 19f34, Sénat, pp. 1051 et suiv.)

tîon géographique et de ses possessions territoriales sur la côte. » En conséquence, il s'engage à poursuivre des négociations avec le gouvernement espagnol, et, en cas d'entente, à communiquer le texte de l'accord au gouvernement de Sa Majesté britannique '.

Cette clause, par laquelle les deux États contractants réservent les intérêts d'une tierce puissance, n'est point critiquable en elle-même. On peut seulement se demander pourquoi le Foreign-Office a mis tant d'insistance à la faire insérer dans l'accord franco-anglais. Peut-être a-t-il obéi moins à un sentiment de justice envers l'Espagne qu'à un sentiment de méfiance envers la France. Vraisemblablement, il a pensé que si, grâce à ses bons offices, l'Espagne obtenait une zone d'influence sur la côte septentrionale entre la Moulouïa et le Sebou, l'action de la France se trouverait reportée vers l'intérieur du Maroc et la liberté du détroit de Gibraltar se trouverait d'autant mieux garantie.

Un député, M. Boni de Castellane, me paraît avoir bien mis en évidence la préoccupation du Foreign-Office, lorsqu'il a dit : « Les intérêts de l'Espagne étaient la meilleure sauvegarde et, pour ainsi dire, la garantie de la neutralité que l'Angleterre demandait dans le nord du Maroc ^. »

Ce qui vient confirmer cette manière de voir, c'est que sir Arthur Nicholson, ancien ministre d'Angleterre à Tanger, et nommé. Tan dernier, ambassadeur à Ma-

1. Article 8 de la déclaration concernant l'Egypte et le Maroc.

2. Discours prononcé par M. Boni de Castellane à la Chambre des députés dans la séance du 8 novembre 1904. {Journal officiel, 1904, Chambre des députés, p. 2831.)

drid, doit rester au Maroc provisoirement pour surveiller l'application des accords franco-anglais et franco-espagnol \

I III. — Accord conclu avec l'Espagne.

Depuis 1496, l'Espagne s'est installée sur la côte marocaine : pendant quatre siècles, elle a constamment lutté contre les tribus ou négocié avec les Sultans.

A raison de ce passé, elle en est venue à se considérer comme devant être maîtresse exclusive des destinées du Maroc ; elle a prétendu même qu'à elle seule incombait là mission de protéger et de civiliser ce pays.

De là, la fameuse thèse des « droits historiques » si souvent rappelée par les publicistes et les diplomates de la Péninsule.

J'ai montré daiis un livre récent que cette thèse ne pouvait résister à un examen sérieux^.

Sans doute^ les Espagnols, pendant des siècles, ont possédé quelques points sur la côte marocaine ; mais ils n'ont pas réussi à y créer des colonies véritablement prospères.

Sans doute, les Espagnols, pendant des siècles, ont vécu en contact avec les populations marocaines; mais ils n'ont pas su trouver chez elles des débouchés pour leur commerce et leur industrie^.

1. Sir Nicholson était ministre d'Angleterre à Tanger depuis 1895.

2. Les relations entre l'Espagne et le Maroc pendant le XVIII* et le XZX" siècles^ pp. 167 et suiv.

3. En 1903, les chiffres des importations et des exportations pour les deux principaux présides ont été les suivants : pour Ceuta,

jte, enfin, les Espagnols, pendant des siècles, Ltu avec les tribus rifFaines, mais ils n'ont pas fin à leurs brusques et violentes agressions, enaient dès lors ces prétendus « droits histo- [Is se réduisaient à rien ou à presque rien. Le ent espagnol ne pouvait donc pas, en s'apeux, élever des prétentions très hautes lors 5nt de la question marocaine ; tout au plus lemander à étendre un peu son action dans e immédiat des présides, ait la solution conforme à la raison et à

tonnement fut grand lorsqu'au mois de dé- ►3 le Correspondant publia le texte d'un proco-espagnol, conclu le ii novembre 1902, une sorte de partage de Tempife marocain ance et l'Espagne ^

ce traité, signé par MM. Delcassé et Léon les parties contractantes s'engageaient à resîventuellement à défendre la neutralité des le Tanger et de Tétouan^.

du territoire neutre délimité par une ligne enon de Vejez à Larache, elles établissaient 5S d'influence, l'une espagnole et l'autre fran-

e d'influence espagnole s'étendait sur la côte

tei^ ; pour Melilla, 707,413 piécettes. (U Économiste fran-

;embre 1904.)

nent se fera le partage du Maroc. {Le Coi^respondant,

libre 1903, pp. 1091 et suiv.)

du prétendu protocole franco-espagnol.

méditerranéenne , depuis Teaûbouchure de la Moulouïa jusqu'à Penon de Vêlez et, sur la côte atlantique, depuis Larache jusqu'à l'oued Oum-er-Rebia.

La sphère d'influence française s'étendait, sur la côte méditerranéenne, depuis le Kîss jusqu'à la Moulouïa, el sur la côte atlantique, depuis Tembouchure de l'oued Oum-er-Rebia jusqu'à la frontière septentrionale du Rio delOro^

Cette répartition des zones d'influence^ était si désavantageuse pour la, France qu'elle fut jugée invraisemblable^. On pensa qu'il s'agissait d'un document apocryphe ou, peut-être encore, qu'il s'agissait d'une simple ébauche de traité '*^.

Les événements ultérieurs vinrent démontrer qu'on avait eu raison de ne pas attacher une trop grande importance au protocole publié par le Correspondant. Quelques mois après cette publication, lord Lansdowne et M. Cambon signèrent la déclaration franco-anglaise du 8 avril 1904. Or, l'un des articles de cette convention prévoyait qu'un accord pourrait, sous certaines conditions et avec le contrôle de l'Angleterre, intervenir

Page 1