Ibidem
Telles étaient les diverses dis()ositions par lesquelles on espérait rétablir l'ordre sur les confins franco-marocains. Elles pouvaient être très ingénieusement conçues, mais étaient-elles susceptibles d'une exécution prompte et intégrale?
Les nomades et les sédentaires accepteraient-ils le régime qu'on voulait leur appliquer? Les postes de garde pourraient-ils être installés dans Içs lieux où l'on voulait les établir? Les commissaires des frontières pourraientils accomplir les fonctions qu'on leur conférait?
Pour répondre à ces questions, on devait prendre contact avec les populations et étudier la configuration du pays. Dans cette pensée, on décida d'instituer une Commission mixte comprenant des délégués français et des délégués marocains. Dirigée par le général Cauchemez et le fekih Sid-Mohammed-el-Guebbas, elle se rendit successivement à Figuig et à Bechar. Mais devant l'attitude défiante des ksouriens et devant les menaces des nomades, elle ne crut pas prudent d'achever son itinéraire et se replia sur les postes français \
I IL — Accord complémentaire du 20 avril 1902.
Malgré Tinsuccès évident de la Commission mixte, on ne perdit pas tout espoir de mettre à exécution le protocole de Paris.
Les chefs des deux missions, le général Cauchemez et
1. Sur l'exécution du protocole du 20 juillet 1901, consultez notre brochure déjà citée, p. 19. — Voir aussi le Bulletin du Comité de V Afrique française, 1902, pp. 20, 57, 105 et 146.
le fekih Mohammed-el-Guebbas se rendirent à Alger où ils continuèrent leurs travaux, en tenant compte des renseignements qu'ils avaient recueillis « sur les lieux mêmes ».
Le 20 avril 1902, ils signèrent un accord « en vue d'obtenir les résultats visés par le protocole de Paris ».
D'après cet accord complémentaire, le gouvernement français et le gouvernement marocain se promettent un mutuel appui pour consolider leur autorité sur les tribus dépendantes de l'un ou de l'autre dans les régions limitrophes ^
En outre, dans les mêmes régions, ilis s'engagent à prendre de concert diverses mesures destinées à assurer la tranquillité, à développer les transactions et à créer des ressources.
Ces mesures concernent la police, le commerce et les douanes.
a) Mesures relatives à la police des régions limitrophes.
Les deux gouvernements s'obligent à installer des postes de garde et à désigner les commissaires de frontières.
i*" Installation des postes de garde.
Ces postes de garde permanents veilleront à maintenir la libre circulation entre les deux pays et prêteront main-forte aux agents des douanes.
1. Article 1 de l'accord complémentaire. — Cet article vise expressément les tribus attribuées au Maroc par le traité du 18 mars 1845 dans le territoire compris entre Adjeroud et Figuig.
Ils seront installés par les deux gouvernements sur les divers points des régions limitrophes V
Dans la région entre Adjeroud et Teniet-el-Sassi, les postes français seront installés à Adjeroud d'Algérie, à Lalla-Maghnia et à El-Aricha; tandis que les postes marocains seront installés à Saïdia d'Adjeroud, à Oudjda et en un point sur l'oued Za.
Dans la région de Figuig, les postes français seront mstallés le long de la ligne du chemin de fer^ des deux côtés, tandis que les postes marocains seront placés entre les ksour et les cols^.
Dans le Djebel des Beni-Smir, situé au nord-est de Figuig et habité par les Oulad-Abdallah , deux gardes distinctes seront fournies, l'une par le gouvernement français et l'autre par le gouvernement marocain. Elles seront chargées d'arrêter les auteurs des crimes ''^ qui se commettent si fréquemment dans cette région montagneuse 5.
2® Désignation des commissaires de frontières. Les commissaires , institués par le protocole du 20 juillet 1901, s'efforceront de régler, dans le plus