‹ La protectriceChapitre 4 sur 28 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, LA BARONNE.

LA B.VRONNE.

Monsieur de Bercourt avec Léon, et l'on ne m'a point avertie!...

DE BERCOURT.

Je venais voir Léon ; je n'aurais point osé me présenter à madame la baronne si matin.

LA BARONNE

Pourquoi donc? il n'y a point d'heure pour un homme d'esprit; on le reçoit comme le beau temps, quand il vient. J'avais d'ailleurs à vous faire compliment sur votre dernier livre, que je viens de lire.

LÉON

Oui, pour avoir écrit de pareilles choses il l'au avoir senti profondément.

DE BERCOURT.

Non... mais j'ai vu les autres sentir, ce qui vaut mieux. On n'analyse bien une situation que lorsqu'on y est désintéressé.

LA BARONNE

Alors vous avez beaucoup vu souffrir?

PE BERCOURT, souriant.

Ouand on regarde. .

MAGASIN THEATRAL

1 V BMION.NE.

Kt voire noriiiiialion à l'Académie?...

IlE nERCOUtlT.

Mois tout va bien : je fai.s (les visites, j'écris sur les albums de quelques dames en crédit et je suis les cours de trois membres de l'Institut... on commence à me trouver des titres...

l.A IHnONNE.

Hâtez-vous d'être nommé, que je puisse entendre votre discours de réception.

DE BERCOUHT.

Songez-vous déjà a votre voyage d'Italie?

lA BAt\OXNF,.

Je serais partie si je n'attendais Laure... Vous snvez que je la retire de pension... je viens même de recevoir une lettre qui m'annonce son arrivée...

LKON , vivement.

Aujourd'hui?

lA BARONNE.

Mais oui.

LÉON , vivement.

Se peut-il !... ma cousine... oh ! que je serai heureui de la voir!...

DE BERcnmiT, à part.

Tiens... est ce qu'il aurait des idées? LA BARONNE, observant Léon.

J'ignorais que le retour de Laure vous intéressât aussi vivement.

LÉON , timide.

Vous savez combien j'ai d'amitié pour elle, et il y a si long-temps que je ne l'ai vue... six annéesaumoins... C'était encore un enfant, et j'étais au collège moi-môme. ..A peine si depuis j'ai reçu d'elle quelques lettres, mais elle m'a laissé un souvenir charmant.

DE BERCOLKT, ovec intcnlion.

Elle est fort bien... et au fait... vous êtes presque du même âge... Son tuteur, monsieur Dumont, ne la conduit-il pas ici pour la marier?... LÉON, vivement.

l.aure se marie!...

LA BARONNE

Qu'y a-t il d'étonnant?...

LEON, embarrassé.

Rien... sans doute...

DE BERCOURT.

Je croyais que Léon savait... comme madame la baronne m'avait parlé d'un projet de mariage entre mademoiselle Laure et quelqu'un dont le sort l'intéressait...

LÉON , vivement.

Comment?

LA BARONNE, (le même.

Eh oui, Charles Borel.

LÉON

Charles...

DE BERCOURT.

Ah!... c'est votre neveu...

LA BARONNE

Ce mariage ne vous parait point convenable?...

DE BERCOURT.

Très-convenable... Charles sera un excellent agent de change.

LA BARONNE

11 aura bientôt une position faite... j'ai promis de le doter en lui achetant une charge...

DE liERC.OURT.

Lu excellent garçon avec cela... qui ne voit que des lils de pairs de France, se fait habiller comme un gentleman accompli, et finira par avoir l'air distingué... par derrière.

LA BARONNE

Vous êtes méchant, monsieur de Bercourt... Charles...

DE BERCOURT.

Bien, c'est bien ; le voici lui-même.

LÉON

Charles? pardon, j'ai quelques lettres à

écrire...

11 sort.

DE BERCOURT, d part.

Ah! sa cousine l'occupe... c'est bon à savoir... LA BARONNE, à part, suivant des yeux Léon. Je n'aurais iioint dû faire revenir Laure.

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