A. OBSERVATIONS INÉDITES
OBSERVATION I. — Mme B... 65 ans, se plaint depuis 1924 de douleurs lombaires et de claudication, mais comme elle est porteuse d’un fibrome on croit à des névralgies par Compression, aucune radiographie n’ayant été pratiquée. La malade est hystérectomisée le 1er janvier 1928 et les douleurs disparaissent effectivement pendant environ deux mois.
Après une journée de fatigue, les phénomènes douloureux réapparaissent et la malade boïte. On fait le diagnostic de lumbago et l’on installe un traitement médical banal.
Les douleurs ne cédant pas, on pratique une radiographie de la hanche et on porte le diagnostic d’arthrite de la hanche droite. Cure à Dax du 28 décembre 1928 au 16 janvier 1928. Léger soulagement.
En 1929 à l'hôpital Saint-Louis on pratique 20 injections de thorium réparties en plusieurs séries. Résultat : accalmie de 2 ans, la malade est enchantée.
En 1931, elle vient consulter à l’Hôtel-Dieu. Une
radiographie pratiquée à ce moment montre une pro-
trusion acétabulaire bilatérale, mais plus marquée à droite.
Du côté droit : coupole acétabulaire d’environ 2 em.
de profondeur, pincement de l’interligne dans sa
moitié inférieure — épaississement du fond du cotyle, surtout dans sa moitié supérieure — pas de proliférations osseuses sur le sourcil cotyloïdien.
Du côté gauche : bombement moins accusé du fond du cotyle qui est aminci dans toute son étendue ; interligne parfaitement conservée.
Des deux côtés la tête fémorale a suivi la cavité
cotyloïde.
AG
On installe aussitôt une série de rayons X comprenant 12 séances à raison d’une demi-heure tous les 2 jours. En même temps on lui administre de l'extrait ovarien. On note une amélioration appréciable après chaque série de Rayons X.
En septembre 1931, au cours d’une série d’injections de Séti (soufre et iode) la malade contracte un énorme abcès de la région fessière gauche, qui est incisé et qui nécessite le maintien au lit pendant 6 semaines. Ce repos forcé a pour effet de faire disparaître complètement les douleurs et d’amener une amélioration de la marche.
En 1934, nouvelle série de rayons X.
Actuellement :
Les douleurs sont constantes, spontanées, exacerbées par le moindre mouvement.
La claudication est très marquée. A la station debout on constate une attitude hanchée, l’épine iliaque droite (côté malade) abaissée, et un allongement apparent du membre inférieur malade. La mensu ration montre que les deux membres ont une longueur égale.
La limitation des mouvements passifs porte sur la flexion, mais surtout sur la rotation et sur l’abduction.
Les genoux sont douloureux on y perçoit des craquements, pas de signes d’épanchements.
Il n’y a pas d’atrophie musculaire, il existe une
adénopathie inguinale discrète.
Au toucher vaginal : on sent les deux coupoles acétabulaires, qui sont arrondies, lisses, à droite, la pression du fond cotyloïdien provoque une douleur.
Dans les antécédents on note une rougeole contractée au cours de l’enfance, une grossesse en 1906 qui s’est terminée par un accouchement spontané d’une petite fille de 3.250 gr. à terme.
Pas de R.A.A. ni de contage vénérien.
OBSERVATION II. — Mme P.. 60 ans, marchande de quatre saisons, est atteinte de claudication et de douleurs lombaires et coxales, avec irradiations sur le membre inférieur gauche depuis 1930. Elle avait eu un «rhumatisme » vers l’âge de 30 ans qui avait duré quelques mois et un accouchement normal d’une fille vivante de 4.400 gr. Elle souffre de pieds plats depuis sa jeunesse.
Comme les douleurs ne cèdent pas elle vient consulter à l’Hôtel-Dieu où les docteurs Sainton porte le diagnostic de polynévrite et l’envoie dans le pavillon d’électro-hydrothérapie. Une radiographie faite entre temps dévoile une protrusion acétabulaire bilatérale avec prédominance à gauche.
On fait une série de séances de diathermie à laquelle on joint une cure de repos. Deux ans après les douleurs ont disparu, la marche n’est que peu gênée.
Une nouvelle radiographie faite en 1932, montre
io
une légère progression de l’affection du côté gauche où le grand trochanter est à 1 cm. de l’os coxal. On y voit également un épaississement du fond du cotyle, tandis qu’à droite les lésions n’ont pas progressé.
Actuellement (mai 1936) la marche n’est pas gênée ; ni claudication, ni douleurs.
Les mouvements passifs sont légèrement réduits dans la flexion et dans la rotation externe, davantage dans l’abduction.
Il s’agit là d’un cas qu’on peut considérer comme
guéri, avec un résultat fonctionnel très satisfaisant.
OBSERVATION III. Mme V.. 54 ans, vendeuse, raconte qu'elle a fait une chute sur un escalier il y a 3 ans. Le médecin qui l’examina n’ayant consaté aucune lésion osseuse, elle continue son travail.
En 1935, 2 ans après sa chute, la malade commence à boiter légèrement. Pas de douleurs, mais plutôt | des tiraillements, une gêne à la marche. Elle consulte à l'Hôpital Boucicaut, où l’on fait une radiographie, mais nous n’avons pu savoir ni le diagnostic, ni le traitement. La malade dit avoir été soignée par des piqûres qui lui ont fait grand bien.
En avril 1936, les douleurs apparaissent nettement,
surtout après la marche. Amenée à consulter à l’Hôtel- Dieu, on constate à l’examen :