WALLON, op. cit., p
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CONCEUONS
Elles sont donc aussi anciennes que l'Évangile lui-même, les rédactions qui tiennent sous nos yeux la « bonne nouvelle. » Rien n’est venu altérer le contenu substantiel des rédactions apostoliques ; pour les érudits de bonne foi, la preuve en est faite jusqu’à l’évidence. C’est qu’en effet, comme on la vu, rien ni personne n'était en mesure de tenter impunément une pareille altération. Nos Évangiles sont conservés, non seulement parce qu’en fait ils n’ont pas été substantiellement altérés, comme l’établit nettement la critique, mais encore parce qu’en droit ils ne pouvaient pas l’être, leur histoire bien connue rendant impossible dès la première heure, à jamais, toute entreprise contre le texte sacré.lls sont donc, encore aujourd’hui, tels qu’ils sont sortis de Ia plume de leurs auteurs, les quatre récits qui pour nous sont l'Évangile.
Et pour en revenir à l’image du début: De la région désolée où il s’avance dans le désert lybien, jusqu'aux rivages de la mer méditerranéenne où il porte en tribut les eaux des grands lacs et des hauts plateaux et l'Afrique centrale, le Nil, sur une longueur de 2600 kilomètres, ni ne s'enrichit d’un affluent sérieux, ni ne s’épuise d’une façon appréciable ; si bien qu’attentif aux mouvements du fleuve qui traverse sa ville, l'habitant du Caire, est sûr de voir passer sous ses
veux les eaux mêmes qui, il y a quelques jours, arrosaient Khartoum et Berber, venues des hauteurs de l’Abyssinie et des profondeurs du Soudan. |
Pareil au fleuve égyptien, depuis l’époque si nettement définie où nous l’avons vu naître jusqu’à l’heure où nous le voyons en marche vers l'éternité, l'Évangile a traversé dix-neuf siècles, sans se grossir comme sans s’épuiser, toujours la même ; si bien qu’en le lisant le chrétien d'aujourd'hui comme celui d'hier, est heureux de contempler les flots bienfaiïsants qui, jaillis des hauteurs de la Palestine avant la ruine de Jérusalem, et des profondeurs de l’Asie avant la mort de saint Jean, réjouissaient et fécondaient l'Église naissante,
Authentiques et bien conservés, que faut-il de plus pour assurer à nos textes sacrés toute l’autorité de l’histoire ? Que faut-il de plus pour donner à l’histoire évangélique une autorité divine ?
Nos Évangiles sont authentiques. Les auteurs des récits qui fondent notre foi sont des témoins oculaires ou auriculaires, écrivant leur témoignage quelques années seulement après les événements qu’ils rapportent. Or ces événements sont si manifestement pleins de Dieu ! Si nos Évangiles sont authentiques, nos témoins sont irrécusables, nos preuves sont manifestes, et nous serions inexcusables de ne pas être chrétiens. Tout cela est l'évidence même ; mais cela est si beau qu'il faudra en faire la matière d’un second volume où seront exposées, avec le développement nécessaire, les questions, déjà aux trois quarts résolues, de l’autorité des Évangélistes et du surna-
turel de l'Évangile. Quel bonheur de pouvoir se rendre compte, que nos témoins, d’une franchise si manifeste, ont une science que rien n’égale! L’admirable sujet d'étude que le surnaturel de nos origines, si discrètement raconté par nos Évangélistes ; lumières célestes, vertus surhumaines et prodiges divins ! À bientôt.