EUSÈRSE, Hist. Eccl., x
3. Irenæus ommium doctrinarum curiosissimus explorator, a dit Tertullien Advw. Valentinum, v. Voir ce qui nous reste des œuvres du saint Évêque de Lyon.
Polycarpe, lorsqu'il prêchait la parole de Dieu, je le vois entrer et sortir : sa démarche, son extérieur, son genre de vie, les discours qu’il adressait à son peuple, tout est gravé dans mon cœur. Il me semble encore l'entendre nous raconter de quelle manière il avait conversé avec saint Jean et plusieurs autres qui avaient vu le Seigneur lui-même, nous rapporter leurs paroles, et tout ce qu’il avait appris touchant Jésus-Christ, ses miracles et sa doctrine, de ceux-là mêmes qui avaient pu voir le Verbe de vie. Polycarpe nous répétait littéralement leurs paroles, et ce qu’il disait était en tout point conforme à l’Écriture sainte. Dés lors j’écoutais toutes ces choses et je les gravais non sur des tablettes mais dans le plus profond de mon cœur. Je puis donc protester devant Dieu que si cet hemme apostolique avait entendu parler de quelque erreur semblable aux vôtres, il se serait à l’instant même bouché les oreilles et aurait témoigné son indignation par ce mot qui lui était familier : mon Dieu, à quels jours m’avez-vous réservé ! » 1 Clément, âme ardente mais inquiète, erre longtemps à travers tous les systèmes philosophiques, frappant à toutes les portes, en Grèce, en Asie, en Syrie, en Palestine, en Égypte, avant de trouver, à l’école de saint Pantène, la paix de l’esprit et du cœur dans l’enseignement de la philosophie chrétienne. Son ardeur à s’instruire est extrême. Il demande à tous les maîtres illustres « la fidèle tradition de Ja salutaire doctrine des saints apôtres ? ». Il recueille
1, EUSÈBE, Hist. eccl., v, 20, 2. Stomates, 1, $ 11.
pieusement, touchant l’ordre de composition des Évangiles, « l'opinion des anciens les plus voisins des origines 1 ».
Tertullien, chercheur infatigable, à Carthage et à Rome, dépouille les archives, consulte les monuments, interroge les hommes. « Qu’y a-t-il de plus érudit, qu’y a-t-1l de plus pénétrant que Tertullien 2 » ? a dit saint Jérôme qui s’y connaissait. Ce qu’il expose avec tant d'éclat, il l’a étudié avec une rare patience, el son savoir nous frapperait bien davantage, si nous étions moins ravis de son éloquence à.
En vérité, si de tels hommes sont incapables de mener à bonne fin une enquête aussi élémentaire que celle qui a uniquement pour but de leur faire constater l’opinion des chrétiens, leurs corréligionnaires, sur la provenance de leurs livres sacrés depuis moins d’un siècle, le savoir n’est qu'illusion et l’histoire que duperie.
9. Conclusion légitime. Nous voilà donc en mesure d'affirmer, avec certitude, rien que sur leur témoignage, que la foi à l’authenticité des Évangiles est aussi ancienne que le christianisme lui-même, en droit, par conséquent, de la déclarer immuable et puissante comme l’Église qui la professe, dès le premier jour, pour jamais.