EusÈeE. Hist. eccl. vi, 14, t. xx, col
2. Saint JÉROME. « Quid Tertulliano eruditius ? Quid acutius ? » Epist. 77, 5.
3. «Sicut Origenes inter Græcos, ita Tertullianus inter Lati-
nos nostrorum omnium facile princeps judicandus est. » S. Vince. LiRiN. Commonit., 1. 18.
UNANIMITÉ DÉCISIVE Al
Est-ce un motif suffisant pour la déclarer infaillible? Vous savez la réponse de saint Irénée, de Clément et de Tertullien. L’éloquent auteur de Jésus-Christ fait, à ce propos, une remarque fort judicieuse.
« Le premier, le grand tort, dit-il, de la critique moderne, protestante ou incrédule, dans le travail immense et opiniâtre qu’elle a consacré aux documents évangéliques, depuisle dix-huitième siècle, en France, en Angleterre, en Suisse, et en Allemagne surtout, a été de traiter ces documents comme une lettre morte. Elle a sciemment oublié qu'ils n’étaient point des livres tombés dans le domaine public, mais la propriété inaliénable de l’Église catholique. Alors même que, pour elle, l’Église n’était pas une institution divine, ayant reçu de son fondateur la garde infaillible de sa parole écrite ou orale, pouvait-elle méconnaître sa haute valeur comme société organisée ? Et, dès lors, où prenait-elle le droit de considérer ses propres livres comme un simple papyrus de la vieille Égypte, échappé à la ruine du peuple qui avait tracé là quelques signes, quelques pensées ?
La tradition indéfectible d’une religion comme celle de Jésus, s’enchaînant sans interruption depuis dixhuit siècles, laissant à chaque siècle l'empreinte vigoureuse de sa foi, dans des ouvrages sans nombre, éminents par la doctrine qu’ils exposent, par les vertus qu’ils enseignent et par le génie qui les conçoit, — une telle tradition peut-elle être légèrement écartée ? N’est-elle pas une force puissante ? Et puisque cette tradition est la gardienne vivante des Évangiles, n’estce pas à elle qu’il faut avoir recours, en bonne, en
impartiale critique, pour les comprendre, pour savoir leur origine véritable et leur teneur ? 1»
Et qui donc, en effet, mieux que l'Église, pourrait savoir d’où vient l'Évangile? Qui a plus de raisons qu’elle et qui plus de moyens de s’assurer de sa provenance ? Il est dans ses mains depuis qu’il existe ; il est sa propriété, son trésor, sa vie et sa raison d’être. Est-ce un moyen sûr, oui ou non, de connaître l’auteur d’un livre de famille que de se ranger à l’avis concordant émis par les ancêtres ? Ya-t-il un moven plus prompt et plus facile de connaître les sources d’un fleuve que de s’en rapporter au témoignage unanime des riverains ?
10. On le croit, donc c’est vrai. Mais ce n’est pas seulement en tant que moven rapide et sûr de constater la foi de l’Église, que la croyance des chrétiens du second siècle sert à prouver l’authenticité des Évangiles. Elle offre encore, elle offre surtout, on va le voir, à qui sait la comprendre, de cette même authenticité, une preuve directe aussi claire que déci- Sive.
Oui, la croyance à l’authenticité des textes évangéliques, telle que nous la font connaître [rénée, Clément et Tertullien, est fondée par cela seul qu’elle existe. Du seul fait que les chrétiens du second siècle ont cru à celte authenticité, résulte pour nous le devoir d’y croire. Des preuves, dites-vous; en voici.
La foi des chrétiens du second siècle, l’avez-vous suffisamment remarqué”?—est d’abord très explicite :