‹ La provenanace des ÉvangilesChapitre 110 sur 146 · Protevangelium Jacobi Minoris, 1-1V, Thilo, p · texte numérisé non relu

Protevangelium Jacobi Minoris, 1-1V, Thilo, p

9. Évangiles des derniers jours. Les Évangiles des derniers jours étaient destinés à des lecteurs païens et paraissent avoir une origine orthodoxe. La mort du Sauveur étant un scandale pour les gentils, la pensée put venir à plusieurs apologistes chrétiens de publier des récits de la Passion sous la forme d’Actes dans lesquels le gouverneur romain et l’empereur lui-même interviendraient comme apologistes du divin condamné et comme témoins de la vérité des récits concernant sa mort, sa résurrection et son ascension. De pareils récits circulaient dans l’Église dès les temps les plus florissants de l’apologétique chrétienne.

L'Évangile de Nicodème, le plus important des apocryphes de cette espèce réunit, sous une dénomination populaire, deux écrits différents de contenu, de forme et d’origine. 4

Le premier, connu des latins sous le nom de Gesta ou d’Acta Pilati, (I-XVI) a une préface dans laquelle un juif, Emaüs, qui se donne comme contemporain de l’empereur Théodose, nous apprend qu’il vient de traduire en grec le récit hébreu de la Passion de Jésus dû à la plume de Nicodème. Le fond de cet écrit est une apologie en règle du christianisme et de son divin fondateur. Pour mettre hors de toute contestation, aux yeux des païens, l’innocence du Sauveur et la vérité évangélique, l’auteur donne une sorte de procès-verbal de l'accusation de Jésus portée devant Pilate, de la marche de tout le procès judiciaire, du crucifiement et de la résurrection. Le cadre est emprunté à nos Évangiles canoniques.

Le second écrit (KVrI-xxvIIr) qui porte le titre latin de Descensus Christi ad inferos, veut établir, sur la déposition de témoins oculaires, la vérité de la résurrection. [1 fait parler longuement deux morts, ramenés à la vie, le matin de Pâques, par Jésus ressuscité, les deux fils de Simon, Lucius et Carinus, qui ont assisté à la descente du Christ aux enfers.

La collection de ces deux écrits formée par les latins, probablement au xt siècle, a porté d’abord différents noms, entre autres, ceux d’'Évangile des Naza- réens, d'Évangile de Pierre, ou de Jean le Théologien, et même de Gamaliel. Le nom de Nicodème n’apparait en tête des manuscrits que vers le xri° siècle.

L’original est grec ; on en connait deux recensions, — la dernière du ve ou vi siècle. La plus ancienne version est la version copte publiée et traduite en latin par Peyron de Turin. La version latine est connue par deux recensions. La prernière édition est de 1555.

10. Les Actes de Pilate. — C'était l’usage chez les romains quelesgouverneursdes provincesenvoyassent à l'empereur, sur les jugements et sur les exécutions de quelque importance, des rapports officiels connus sous le nom d’Acta præsidialia. L'Évangile nous apprend que Pilate était convaincu de l’innocence du Sauveur et qu’il désirait lui épargner la mort. Ges deux faits incontestables suffiraient à expliquer la genôse et la fortune des nombreux écrits attribués au célèbre procurateur de la Judée.

Envoya-t-il à Rome, à l’empereur Tibère, la relation officielle du jugement et de l’exécution de Jésus ?

Ce document, s’il a existé, est perdu. Tertullien, parle de la relation faite par Pilate à l’empereur, comme d’un fait notoire ; ! Eusèbe partage sur ce point la conviction de Tertullien ; ? saint Justin se croyait en mesure non seulement d’en affirmer l’exisience mais d’en préciser le contenu. & Il n’est pas cependant dé-. montré que Tertullien ait connu un texte se donnant pour le rapport de Pilate à Tibère : «... omnia super Christo Pilatus, et ipse jam pro sua conscientia christianus, Cæsari tunc Tiberio nuntiavit: » et Eusèbe n’en parle que d’après Tertullien. Justin parle du dossier de Jésus, comme de pièces officielles qui ont dù être transmises à Rome ; mais ni Justin n1 personne ne les a connues. Selon Eusèbe, # on fabriqua sous Dioclétien de faux actes de Pilate «pleins de blasphèmes contre le Christ, actes que l’on fit répandre dans les villes et les campagnes, et que les maîtres d’école eurent ordre de faire apprendre par cœur aux enfants; ces actes sont cités dans la passion de saint Taracus et de ses compagnons, martyrisés en CGilicie, 404. 5 » La publication des actes injurieux mentionnés par Eusèbe provoqua vraisemblablement d’autres actes d’origine chrétienne qui pourraient bien, au dire de Movers, être la source de ceux que nous avons encore aujourd’hui. Ils sont au nombre de quatre :

Les Gesta Pilali de l'Évangile de Nicodème, les

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