‹ La provenanace des ÉvangilesChapitre 126 sur 146 · LE CANON DU NOUV. TESTAM. D'APRÈS ORIGÈNE · texte numérisé non relu

LE CANON DU NOUV. TESTAM. D'APRÈS ORIGÈNE

mes des Épîtres et des Apôtres : Paul, que le Seigneur a rendu digne ministre du Nouveau Testament, non selon la lettre mais selon l'esprit, qui a prêché l'Évangile depuis Jérusalem jusqu’en Illyrie, n’a pas écrit à toutes les Églises qu’il a enseignées, et n’a envoyé que quelques lignes à celles auxquelles il a écrit. Pierre sur qui l’Église de Jésus-Christ, contre laquelle les portes de l'enfer ne prévaudront jamais, est appuyée comme sur son fondement, n’a laissé qu’une lettre qui soit généralement reçue, — homologouménên ; avouons, si vous voulez, qu’il en a écrit une seconde, dont néanmoins tout le monde ne demeure, pas d’accord.

Que dirons-nous de celui qui a eu l’honneur de reposer sur le sein du Seigneur ? Il n’a écrit qu’un Évangile, bien qu’il témoigne qu’il aurait pu écrire plus de livres que le monde n’en aurait pu contenir, et l’Apocalypse. Maisil lui fut commandé de garder le silence, et de ne pas faire entendre la voix des sept tonnerres. Il à écrit aussi une lettre fort courte. Demeurons d'accord, si vous voulez, qu’il en a encore écrit deux autres. Mais tout le monde ne reconnait pas qu’elle sont de lui, — gnêsious. A peine les deux ensemble ont-elles cent lignes. {

2. À propos de saint Luc. Comme c’est chose tres grave, pour un simple mortel, que l’entreprise — epicheirèma, d'écrire l’enseignement et les discours de

1. Le texte grec dans EUSÈBE, Hist. Eccl., Vi. 25, MIGNE, t. XX, col. 581, 583; édit. Heinichen, Leipzig, 1868, p. 292, suiv.

Dieu, tout naturellement, dans son Prologue, Luc cède au besoin de se justifier.

De même que dans l’ancien peuple beaucoup s’occupaient de prophétiser, dont les uns étaient de faux prophètes et les autres prophètes réellement, et qu’il y avait une grâce de discernement des esprits en vertu de laquelle on décidait qui était vraiment et qui sedisait faussement prophète; ainsi, aujourd’hui encore, sous le Nouveau Testament, beaucoup ont voulu écrire des Évangiles : mais les juges compétents, — dokimoi trapezitai, se gardant de tout approuver, en ont mis à part quelques-uns.

Il se peut que le «ont entrepris » ou «ont fait effort » de saint Luc, epécheirèsan, contienne un reproche discret à l’adresse de ceux qui, témérairement et sans grâce particulière, ont abordé la composition d’Évangiles. Matthieu, en effet, lui, n’eut point à « entreprendre, » puisqu’en écrivant il ne fit qu’obéir à l’impulsion du Saint-Esprit; pareil fut le cas de Marc et celui de Jean, et, à peu de chose près, celui de Luc. Mais les auteurs de l'Évangile dit selon les Égyptiens et de l'Évangile appelé des douze, eux, « entreprennent. » On parle encore d’un Évangile selon Thomas. Basilide a eu l'audace d’écrire l'Évangile selon Basilide. Beaucoup ont mis la main à l'Évangile selon Matthieu et à plusieurs autres ; cependant les quatre seuls gardent la préférence de l’Église de Dieu. 1

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