MATTH.,X, 16,28; LUC, x, SAXTI
qu'un sur le temps où viendrait son règne, dit : Quand deux seront un, et ce quiest dehors comme ce qui est dedans, et le mâle avec la femelle, n'étant ni mâle ni femelle... quand vous ferez cela, le royaume de mon Père viendra. ! » L'Évangile des Égyptiens ? exprime en termes différents une pensée semblable. Par quelle voie cette pensée est-elle parvenue à l’auteur de l'Évangile et à l’auteur de la lettre ? dépendent-ils l’un de l’autre ou ont-ils puisé à une source commune ? Les savants font des hypothèses, mais l’histoire s’obstine à garder ses secrets. 3
6. Les Lettres de saint Ignace. L'expression émue des sentiments de reconnaissance et de dévouement qu'inspirent au cœur d’un martyr les marques de respect qu’il reçoit de ses frères ;
Les exhortations pressantes à la paix et à la concorde, d’un père qui voit ses enfants exposés au malheur de la division ;
Les suprêmes avertissements d’un témoin de la foi, qui dénonce aux fidèles les agissements des hérétiques ;
Les instantes recommandations d’un vieil évêque qui voit dans le respect de la hiérarchie le salut et la force de l’Église ;
LIL Clem., 12.
2. Dans un fragment cité par Clément d'Alexandrie. Sfrom., It, 6. Migne, P.G., t. 8, col. 1149. « Jusques à quand, Seigneur, demande Salomé, la mort régnera-t-elle? » Et le Seigneur de répondre: « Tant que vous autres femmes enfanterez, etc. »
3. ZAHN, 0p. cit.,1,172suiv. et940-9%1. RESCH, Agrapha, 195-204.
Les saints transports enfin d’une âme héroïque à la pensée du martyre qui doit la mettre en possession du Christ son amour ;
Voilà ce que vous trouverez dans les sept lettres de saint Ignace aux Ephésiens, aux Magnésiens, aux Tralliens, aux Romains, aux Philadelphiens, aux Smyrniotes et à Polycarpe. 1
« La foi la plus vive, dit M. Renan, l’ardente soif de la mort n’ont jamais inspiré d’accents aussi pas- : sionnés. ? » L’antiquité chrétienne n’a rien de plus pathétique.
1. L’authenticité de ces lettres connues d’Eusèbe (H. E., xx. 35) contestée par les protestants dans un intérêt de polémique, a été victorieusement démontrée par Funck,Opera Patr. A post., t. I, p. XLIX-LXX VIII. Elle a été défendue par des critiques de diverses communions : ZAHN, Jgnatius von Antiochien (1873) et Patr. Apost. Opera(1876) ; LIGHTFOOT, The Apostol. fathers, p. II, S. Ignatius, S. Polycarpus (1885); DUCHESNE, Les Origines chrétiennes.
9. Les Évangiles, p. 489. « Dans des circonstances que nous ignorons, — dit M. Renan, résumant en quelques lignes d’après les lettres, ce qu’il appelle « l’incontestable dans l'histoire d'Ignace » — probablement à la suite de quelque mouvement populaire, Ignace fut arrêté, condamné à mort, et, comme il n’était pas citoyen romain, désigné pour être conduit à Rome et livré aux bêtes dans l’amphithéâtre. On choisissait pour cela les plus beaux hommes, dignes d’être. montrés au peuple romain. Le voyage de ce généreux confesseur d’Antioche à Rome, le long des côtes d'Asie, de Macédoine et de Grèce, fut une sorte de triomphe. Les églises des villes où il touchait s’'empressaient autour de lui, lui demandaient des conseils. Lui, de son côté, leur écrivaitdes épitres pleines d'enseignements, auquelsa position analogue à celle de saint Paul, prisonnier de Jésus-Christ, donnait la plus haute autorité. À Smyrne, en particulier, Ignace
Il faut les lire. Elles expriment une des plus nobles âmes qui furent jamais; elles mettent en pleine lumière le grand rôle et la personnalité puissante du glorieux successeur de Pierre sur le siège épiscopal d’Antioche. Après les avoir lues, vous pourrez ignorer l’époque de son élection et le détail de son ministère, mais vous connaîtrez à fond ses idées et son cœur ; vous aurez vu se dérouler sous vos yeux l’admirable histoire de son long martyre, et vous devinerez sans peine combien saintement à dû vivre un homme qui a su si noblement mourir.
Successeur, peut-être immédiat, du chef des apôtres, disciple vraisemblablement de Pierre et de Paul, incontestablement une des plus pures et plus vives
se trouva en rapport avec toutes les églises de l’Asie. Polycarpe évêque de Smyrne, put le voir et garda de lui un profond souvenir. Ignace eut à cet endroit une correspondance étendue ; ses lettres étaient accueillies presque avec autant de respect que des écrits apostoliques. Entouré de courriers d’un caractère sacré qui allaient et venaient, il ressemblait plus à un personnage puissant qu'a un prisonnier ». Les Évangiles, 487-488,
C'est le 20 décembre 107 « qu’il obtint la grâce si ardemment désirée; mordu par la dent des bêtes, il devint le froment de Dieu. Cétait pendant les venationes par lesquelles on solennisait les saturnales. » Rome célébra en l’an 107 avec une pompe inouïe le triomphe de Trajan vainqueur des Daces, 193 jours de fêtes. « Dix mille gladiateurs y périrent pour l’amusement du peuple romain; onze mille bêtes féroces y furent tuées. Mais avant de les tuer, on leur jeta sans doute, selon l’usage, quelques condamnés. C’est ainsi que le 18 décembre, périrent deux compagnons d'Ignace, Zozime et Rufus. Deux jours après, vint le tour de l’évêque d’Antioche. » Paul ALLARD, Hist. des Persécutions, I, 172.
n17 LIVRE FREMIER. — CHAPITRE IV
lumières de la seconde génération chrétienne, quel témoin pour nos Evangiles !
7. L'Évangile souvent mentionné. Le mot revient souvent sous sa plume.
« Je vous en conjure, écrit-il aux Philadelphiens, n’agissez pas en esprit de contention, mais selon la doctrine du Christ. Car j'ai entendu des gens qui disaient : Si je ne trouve pas (cela) dans les archives, dans l'Évangile, je ne crois pas. ! Et comme je leur disais : C’est écrit ; ils me répondaient : C’est à prou-
= ver.
« Quant à moi, mes archives sont le Christ Jésus, mes archives immaculées sont sa croix, sa mort, sa résurrection et la foi qui vient de lui, d’où je veux tirer mon salut par vos prières.
« Les prêtres sont bons, mais meilleur est le pontife à qui a été confié le Saint des Saints, à qui seul ont été confiés les secrets de Dieu ; lui qui est la porte du Père, par laquelle entrent Abraham, Isaac, Jacob, les prophètes, les apôtres de l’Église, tout cela dans l’unité de Dieu.
« Cependant l'Évangile a quelque chose de particulier, la venue du Sauveur, notre Seigneur Jésus- Christ, sa passion et sa résurrection ; car les bienaimés prophètes l’ont annoncé, mais l'Évangile est la
1. Edy ph êv vois Gpyeious evpm,é Tu da yyEÀl® OÙ TITTEUS. Ad Philad, vu, 2, FUNCK., 1, 23. Funck relève dans les épitres d’Ignace seize citations de nos Évangiles, dix de saint Matthieu, cinq de saint Jean, une de saint Luc.
perfection de l’incorruptibilité. Le tout ensemble est bon si vous croyez, avec la charité. 1 »
Et un peu plus haut s'adressant aux mêmes : « Mes
frères, dit-il, amour que je vous porte me met hors de moi, et dans l’excès de mon bonheur, voilà que je vous rends forts, non pas moi certes, mais Jésus-Christ. Enchaïné par sa grâce, je sens augmenter ma crainte, je suis si loin d’être parfait.
«Mais vos prières suppléeront à la perfection qui me manque, J'obtiendrai par miséricorde le sort qui m'attend, recourant à l'Évangile comme (je ferais) au Christ corporellement présent et aux apôtres comme au presbyterium de l’Église.
«Aimons aussi les prophètes, parce qu’ils ont annoncé l'Évangile, qu’ils ont espéré dans le Christ, qu’ils l’ont attendu, et croyant en lui ont été sauvés. Unis à Jésus-Christ, saints, dignes d’admiration et d'amour, Jésus qui leur a rendu témoignage, les a inscrits pour l'Évangile de l'espérance commune. 2? »
Et ailleurs, mettant en garde les smyrniotes contre les embûüches des hérétiques : « Sous le glaive, dit-il, on est près de Dieu ; au milieu des bêtes, on est avec Dieu ; pourvu que ce soit au nom de Jésus-Christ. Pour souffrir avec lui, j'endure tout, soutenu par celui qui s’est fait homme parfait.
« Quelques-uns le renient, ou plutôt sont reniés par lui, artisans de mort plus que de vérité ; insensés que n’ont pu convaincre ni les prophètes, ni la loi de Moïse,