Ad Rom., IV-VII
Nous voyons clair enfin. À tout autre Évangile, Ignace préfère l'Évangile réel, Jésus-Christ ; mais il n’en méconnait aucun, pas même l'Évangile écrit. S'il n’éprouve pas, à beaucoup près au même degré que plusieurs de ses comtemporains, le besoin de chercher dans les « archives » les preuves de sa foi et l’aliment de sa piété, il se garde bien de contester la valeur du trésor qu’elles renferment. Lui aussi, quand il le faut, fait parler les textes ; lui aussi croit avoir donnéun argument sans réplique quand il a dit: « C’est écrit ».
9. Les Archives évangéliques au temps d'Ignace. Que contenaient, au temps de saint Ignace, les archives évangéliques ? Quels récits de la vie et de la mort du Sauveur étaient déjà, aux yeux des chrétiens, investis d’une autorité canonique ? Nulle indication précise ; pas un nom, pas une référence. La pensée de traiter ex professo, la question des Évangiles ne pouvait venir à l’auteur des Épitres.
Il est cependant manifeste qu’il a eu sous les yeux deux au moins de nos textes canoniques, celui de saint Matthieu et celui de saint Jean. Il les cite, librement sans doute, à la manière d’un écrivain qui reproduit ses souvenirs, mais si exactement qu'on pourrait croire qu’il se contente de les transcrire ; donc il les a lus.
Quelques citations sont textuelles. Ainsi il rappelle la maxime rapportée par saint Matthieu : « l'arbre est connu par son fruit, ! » etle précepte : « soyez prudents comme le serpent et simples comme la colom-