‹ La provenanace des ÉvangilesChapitre 36 sur 146 · DA À ND · texte numérisé non relu

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sans son Père, étant un avec lui, ! » — «qu’il est venu de son Père un, et qu’il est retourné à son Père un, 2?» — «que Dieu s’est manifesté par Jésus-Christ son Fils, qui est son « Verbe éternel » lequel ne sort pas du silence et qui « en toute chose plaît à celui qui l’a envoyé ; *» — et reprenant, par une allusion plus textuelle encore, cette parole que « l'Esprit souffle où il veut, et qu’on ne sait ni d’où il vient ni où il va », il dit que l'Esprit lui-même « sait d’où il vient et où il va. 4 »

10. Saint Polycarpe de Smyrne. De la vie de saint Polycarpe, nous ne connaissons bien que les derniers moments. Admirable est son attitude en face de ses accusateurs, surhumaine sa patience au milieu des supplices, miraculeuse la prolongation de son agonie.

Regardez-le mourir, en public, au grand jour, dans l’amphithéâtre de sa ville épiscopale. Après avoir médité les actes 5 de son martyre vous serez fixé sur le rôle qu’a joué durant plus d’un demi-siècle, dans

. Ad Magnes., VIII: JOAN., XII, 49 ; V, 19.

Ad Magnes., VIT: JOAN., XVI, 28.

. Ad Magnes., VIII: JOAN., vint, 29.

. Ad Philad., V1: JOAN., mx, 8.

. La lettre sur le Martyrium Polycarpi adressée par € l'Église de Dieu qui est à Smyrne à toutes les parties de l'Église sainte et catholique répandue dans le monde entier » est mise par la critique au nombre des documents les plus authentiques de l'antiquité chrétienne. Les quelques écrivains qui, dans ces derniers temps, ont essayé d'en ébranler l'autorité n’ont apporté à l'appui de leur thèse, comme Schürer et Keim, que des documents intrinsèques, sans valeur, ou comme Lipsius, que

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l’Église naissante, ce dernier survivant dela génération apostolique.

« Voilà quatre-vingt-six ans que je le sers et il ne m'a jamais fait aucun mal: comment pourrais-je maudire mon roi et mon sauveur ? » Ce fut son unique

des préjugés rationalistes contre les miracles en général. L'immense majorité accepte le témoignage d'Eusèbe qui avait sous les yeux le texte même du Martyrium tel qu’il est parvenu jusqu’à nous. On peut lire dans son Hist. Eccl., 1v, 15, un abrégé fidèle des chap. 1-7 où sont racontés le martyre de plusieurs chrétiens de Smyrne et l'arrestation de Polycarpe, et la reproduction textuelle in-extenso des chap. 8-19 qui font connaître les vertus, les épreuves, le supplice et le triomphe du saint évêque. Il est douteux que le chap. 21 qui contient de si précieux renseignements chronologiques fit partie de la rédaction primitive ; peut-être avons-nous là une simple note ajoutée par saint Irénée, comme le texte lui-même le fait supposer, à l'exemplaire des actes qu'il mit sous les yeux de son ami Caïus et dont Denys de Corinthe, vers le milieu du troisième siècle, a une copie de la main de Caïus lui-même. La fin du chap. 22 et dernier est d’un certain Pionius dont on sait seulement qu’il vécut vers le 1ve siècle.

La date de la relation se trouve fixée à l’an 150 ou 155 par le seul fait qu’elle a été écrite avant la célébration du premier anniversaire de la mort de Polycarpe (c. 18). L'auteur inconnu tient la plume au nom de l’Église de Smyrne et s'adresse à tous les chrétiens de la sainte Église catholique; le porteur chargé de remettre à l’Église de Philomelium, en Phrygie, l’exemplaire cité par Eusèbe, est un certain Marcion qui n’est pas autrement connu.

La version latine publiée en 1689 par Ruinart est une paraphrase plutôt qu’une traduction. Le texte grec dans Ruinart, édition de Ratisbonne de 1859, p. 82-91, et surtout dans Funck I, 282-309. Pour l'intelligence et le commentaire du texte, consulter les notes d’Usher et de Cotelier, reproduites dans le Ruinart de Ratisbonne, et les notes de Funck.

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réponse à l’impertinente proposition du proconsul : « jure et je te renvoie, maudis le Christ. ! »

Quatre-vingt-six ans de vie chrétienne et nous sommes en février 155 ! Polycarpe avait donc plus de trente ans quand mourut saint Jean, et il touchait à la quarantaine, lors du passage par sa ville épiscopale de saint Ignace martyr, en l’an 107.

« C’est le maître de l’Asie, le père des chrétiens, le destructeur de nos dieux ! » crie avec rage la foule ameutée de smyrniotes païens et juifs réclamant le lion qui pourra le broyer : hommage incomparable rendu par tout un peuple à son savoir, à sa puissance et à sa vertu ! ?

& Depuis la mort d’Ignace, Polycarpe est le premier personnage chrétien de l’Orient. Il a connu saint Jean et plusieurs de ceux qui ont vu le Sauveur. En lui vit la tradition apostolique. ÿ »

« Sa grande renommée d'intelligence et de sainteté est parvenue jusqu’à Rome ; lorsqu'il vint dans cette ville en 154 pour régler avec le pape Anicet le différend de la Pâque, le pontife lui céda l'honneur de prononcer, à sa place et en sa présence, dans l’assemblée des fidèles, les paroles de la consécration eucharistique. # »

L’hérésie n’eut pas, de son temps, d’adversaire plus

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