Papiæ fragmenta, II, 15, 16. F'unck, t. II, p
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de le savoir perdu. Aussi, grande fut leur joie d’apprendre qu'il était retrouvé. La publication de Bryennios prit à leurs yeux les proportions d’un événement considérable ; tous voulurent le lire et, après l’avoir lu, le traduire et le commenter. A la fin de 1886, trois ans après son apparition, la Doctrine avait été l’objet de plus de cent-vingt publications différentes.
Le texte de ce précieux opuscule est aujourd’hui dans toutes les mains.
Point de nom, point de date, point de provenance assurée. L'inspiration est chrétienne, la doctrine orthodoxe, le style biblique : beaucoup d’hébraïsmes, quelques habitudes juives, celle entre autres de supputer le temps d’après le sabbat, tout en recommandant d'observer le dimanche, et le parti-pris évident de se servir habituellement d'expressions scripturaires, d'expressions évangéliques surtout ; de tous ces indices ne serait-on pas autorisé à conclure que l’auteur était un chrétien, un chrétien bien pensant, juif de naissance ou d'éducation ?
Son œuvre à de nombreux points de contact avec le Pasteur et l’Epitre dite de Barnabé ; il les copie ou les inspire, mais la seconde hypothèse semble la vraie. ! Au moment où il écrit la hiérarchie d’apostolat et de fondation avec ses pouvoirs extraordinaires,
C'est l'opinion commune : FUNCK, I. €. CxxxvI. Dans cette hypothèse, la rédaction de la Doctrine se piace vers la fin du premier siècle ou au plus tard dans les premières années du second, puisque les critiques s'accordent généralement à placer celle de l'Épître de saint Barnabé entre l'an 97 et l’an 195.
ses fonctions en rapport avec la direction générale de l’Église, son ministère itinérant confié à une armée d’apôtres, de prophètes et de docteurs, est encore en pleine activité et au premier rang, tandis que la hiérarchie de gouvernement, avecses pouvoirsordinaires, ses fonctions en rapport avec la direction d’une chrétienté déterminée, son ministère fixe, confié aux évêques, aux prêtres, aux diacres, en est encore à la période d'organisation et demeure provisoirement au second rang.
Premier quart du second siècle ou dernier quart du premier ? Les critiques sérieux cherchent entre ces deux extrêmes. Toute puissante et presque seule pendant la période d’évangélisation primitive, la hiérarchie d’apostolat décline à la seconde génération chrétienne, et dès la troisième, après 150, c’est le fonctionnement régulier, plein et définitif de la hiérarchie de gouvernement.
Les premiers témoins de la Doctrine sont des Égyptiens ; mais certains détails géographiques laissent supposer que l’auteur est un montagnard, et, en maint endroit, on devine qu’il vit en pleine juiverie. Alexandrie, Antioche ou Jérusalem ? Qui pourrait le dire avec assurance ?
Ouvrons-le enfin ce précieux livret. Voici, dès le début, sous l’image de deux voies, la voie de la vieet la voie de la mort, l’énoncé des préceptes essentiels de la morale évangélique ; suit une description des actes principaux dela vie chrétienne: baptême, prière, jeûne, eucharistie. Après la morale et la liturgie, la discipline : l’auteur s'étend sur l’organisation de la société
religieuse avec sa double hiérarchie d’apostolat et de gouvernement. La finale est une exhortation à veiller sur soi-même en raison du retour prochain du Sauveur.
Toute la doctrine! un manuel complet de la théologie des apôtres, un vrai catéchisme à l’usage des premiers chrétiens : après nos livres sacrés, l’antiquité a-t-elle à nous offrir rien de plus vénérable, rien de plus précieux ?
La Doctrine présente cette particularité, pour nous très digne de remarque, d’être, à la manière de certaines compositions du movyen-âge, un agrégat scripturaire, une mosaïque de textes. « Un des caractères les plus saillants de cet écrit, dit M. Vigouroux, c’est assurément l’usage que fait son auteur du texte sacré. Il s'en sert, comme l’a fait plus tard saint Bernard, pour exprimer ses propres pensées de telle sorte qu’une partie notable de son œuvre se compose d'expressions bibliques. »
D’expressions évangéliques surtout.
Le nom même d’ « Évangile » revient au moins quatre fois. « Ne priez pas comme les hypocrites, mais, comme le Seigneur l’aordonné dans son Évangile, priez ainsi : (Notre Père, etc. 1 » — «En ce qui concerne les apôtres et les prophètes agissez selon les prescriptions de l'Évangile. ? » — « Reprenez-vous les uns les autres, non avec colère, mais en esprit de paix, comme il vous est dit dans l'Évangile. 3 » — « Pour vos
dure) Kôouos à ro Eduyyshio aurod, NII, 3.
2, Kara rd doyur rod Edayyehuod, X1, 2.
< 26 CT 3. eyere y To Edeyyuie.
prières, vos aumônes et toutes vos actions, faites-les comme il vous est dit dans l’Évangile du Seigneur. 1 » N'est-il pas de toute évidence que «l'Évangile» ne peut ici désigner qu’un livre ou une collection bien déterminée, déjà assez répandue pour être dans toutes les mains? « Comme vous l’avez» dans l'Évangile, l'Évangile de votre maître.
L'Évangile n’est pas seulement mentionné dans la Doctrine, il y est cité. Les emprunts tout à fait incontestables faits à saint Matthieu sont au nombre d’une vingtaine. Deux fois au moins des passages de saint Luc sont ajoutés ou plus exactement mêlés au texte du premier Évangile. Saint Marc est-il employé? le dire est malaisé : 1l est si court et a si peu de choses qui lui soient propres ; on peut le citer sans qu’il y paraisse. Saint Jean existait-il'quand parut la Doctrine ? Ce n’est pas sûr ; certains critiques, nous l’avons dit, veulent qu’elle ait été rédigée durant le dernier quart du premier siècle ; donc avant la composition de notre quatrième Évangile. Dans ce cas il faudrait expliquer autrement que par des emprunts les ressemblances frappantes que présentent avec plusieurs passages bien caractéristiques de l'Évangile de saint Jean certaines parties des prières eucharistiques reproduites dans la Doctrine des douze apôtres. 2