BARN., IV
4. Elle a laissé peu de traces dans l’ancienne littérature. Citée fréquemment par Clément d'Alexandrie et Origène, elle semble inconnue en dehors d’Alexandrie.
L’exégèse de l’Epiître est très nettement allégorique etses plus illustres témoins sont Clément et Origène ; double raison d’en chercher l’auteur à Alexandrie.
Ce qu’on peut tirer de cet écrit en faveur de nos Évangiles, le voici : |
En maint endroit il fait à saint Matthieu des allusions transparentes ; deux fois au moins l’emprunt est manifeste ; { une fois même il le cite expressément comme Écriture: « Prenons garde, de peur que, selon qu’il est écrit, nous ne nous trouvions beaucoup d’appelés et peu d'élus. 2» N'est-ce pas la preuve que notre alexandrin croit à l'inspiration du premier Évangile ?
Les allusions à saint Marc et à saint Matthieu, bien que plus rares et moins évidentes, sont cependant assez claires pour rendre plausible la conjecture que le rédacteur de l’Épitre a pris connaissance du second et du troisième Évangiles. 3 |
1. BARN., IV : MATTH., xx, 16 et xxI1, 14; BARN., V. 9: MATTH., IX 18.
2. BARN., IV, 14: MATTH.,xxI—. 14. « Divers auteurs, dit M. Loi- Sy, — Strauss, Volkmar, Renan, —ontpenséquela citation était prise au quatrième livre d’Esdras ; mais il suffit de rapprocher les textes pour voir que toutes les probabilités sont en faveur de saint Matthieu. On a voulu aussi atténuer la portée des mots: «il est écrit », en observant que la même formule sert à introduire une citation d’'Hénoch; mais il résulte simplement de ce fait que l’auteur a reçu comme Écriture le livre d’'Hénoch non pas qu'il ait cité l'Évangile comme un livre purement humain. » Op. cit., p. 24.
3. BARN., xix, 12: MAROC, 1X, 50; BARN., 1V, 3: MARC, XII, 1% BARN., x1V, 9: Luc. 1v: 48/49: "BARN:/XIx, IL: LUC 1700
Quelques passages présentent avec les écrits de saint Jean des ressemblances à la fois trop certaines pour qu’un rapprochement ne s’impose pas, et trop exclusivement doctrinales pour qu’on puisse conclure à un véritable emprunt.
15. L'Évangile selon saint Pierre. Encore un témoin digne de foi bien qu’anonyme de l'existence de nos Évangiles canoniques dès les premières années du second siècle, et de la très grande autorité dont ils jouissent déjà auprès de tous les chrétiens.
L’auteur de cet apocryphe, connu de Sérapion d’Antioche, d’Origène et de saint Justin, à en juger d’après le fragment découvert ? en 1892 dans le tombeau d’un moine égyptien d’Akhmin, a très probablement utilisé saint Marc, saint Matthieu, saint Luc et même saint Jean.
Sérapion qui avait pu s’en procurer un exemplaire « auprès des gens qui sont les successeurs de ceux qui les premiers ont reçu cet Évangile, savoir les docètes », Sérapion, vers l’an 200, assure avoir constaté que « la plupart des choses appartenaient à la véri-
1. BARN., v, 10-11: JEAN, IV, 2; BARN., XII, 5-7: JEAN, I, 14, VIN, 21, x, 32-34; BARN., V1, 6-11 : JEAN, 1, 13; BARN., VMTADOC, XXI 5.
2. Par M. Bouriant qui l’a publié dans les Mémoires de la Mission archéol. française du Caire, t. 1X, Paris, 1892-3. — On en a donné plusieurs éditions. A retenir celle de 0. V. Gebhart, Das Evangelium und die Apocalypse der Petrus, Lepzig, 1893, reproduction phototypique du manuscrit aujourd'hui au musée de Gizeh.
table parole du Sauveur, mais que d’autres y étaient surajoutées. 1 »
Le fragment d’Akhmin présente la fin du récit de la passion teinté de docétisme et le récit de la résurrection à l’état de développement légendaire.
Manifestement l’auteur a connu les récits authentiques des faits qu’il interprète dans le sens de ses idées personnelles entachées de docétisme. Il les altère, donc ils existent.
Or l'opinion tend à se généraliser qui date /’Évangile de Pierre du premier quart du second siècle.
16. Le commentaire de Basilide. Le rêveur désespérant dont saint Irénée 2 et Hippolyte ÿ ont entrepris d'analyser l’obscure métaphysique, le sophiste dangereux dont plusieurs générations de lettrés égyptiens devaient subir l’influence troublante et malsaine, Basilide, le fondateur et le chef de la secte gnostique qui porte son nom, enseignait à Alexandrie vers l’an 120.
Était-il, comme d’aucuns l’assurent, originaire de Syrie etdisciple de Ménandre ? #Lui, se donnait comme un représentant de la tradition apostolique, comme l’ami et le confident d’un certain Glaucias «interprète » de l’apôtre saint Pierre. 5
Il composa sûrement «sur l'Évangile » un ouvrage
1. Épitre de Sérapion d'Antioche aux chrétiens de Rhossus, EUSÈBE, vi. 12, 2.