S. IRÉNÉE. Cont. Hoœr., I, x, 2, t. vIx, col
aux Gentils, le célèbre docteur égyptien cite tous nos livres et tous nos auteurs sacrés, à l’exception de la troisième épître de saint Jean. Les Évangiles, en particulier, sont à ses yeux si manifestement authentiques, qu’il n'hésite pas à les mettre à part et au-dessus de tous les autres. « Tout d’abord, écrit-il, dans les Stromates, cette parole — celle que vient d’alléguer son adversaire gnostique — cette parole ne se lit pas dans les quatres Évangiles qui nous ont été transmis par la tradition, mais dans celui des Égyptiens! ». Réponse d'autant plus significative que l’auteur a coutume de se montrer, en maintes circonstances, tout à fait favorable à l’autorité des apocryphes. Ceux-ci sont-ils allégués séparément? volontiers il prête l’oreille ; personnellement il leur fait crédit, il en cite même plusieurs avec déférence ; mais s’avise-t-on de les comparer et à plus forte raison de les opposer aux textes canoniques? il proteste, non sans vivacité, tant est nette et radicale, à ses yeux, la distinction entre les textes apocryphes auxquels il prodigue son respect et les textes canoniques auxquels il donre sa foi. Quatre Évangiles canoniques, quatre Évangiles traditionnels, pas un de plus, pas un de moins.
Et ces Évangiles sont les nôtres. Même signature, même contenu, même histoire. Comme nous, Clément lit, en tête des textes traditionnels, lesnoms vénérés de Matthieu, de Marc, de Luc, de Jean; les citations qu’il en fait, bien qu’assez libres, sont des emprunts mani-
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