JOAN., I
A la fin, un épilogue, nous faisant connaître en détail une importante apparition de Jésus réssuscité, sur les bords du lac de Génésareth. 1
Entre cette introduction et cette conclusion, le corps de l’ouvrage, qu’une réflexion de l’auteur 2 coupe en deux parties inégales.
Dans la première, — ministère en Galilée, en Judée eten Samarie — très ouvertement Jésus manifeste son caractère messianique et sa divinité ; les croyants se déclarent, sur les bords du Jourdain, à Cana, à Jérusalem, à Sichem, à Capharnaüm ; * les incroyants s'émeuvent s'organisent, et par une suite de conflits violents améênent la catastrophe finale prévue dès le premier jour. #
Dans la seconde — dernière Cène, Passion et Résurrection — Jésus, après avoir achevé de révéler dans des confidences intimes à ses disciples,sa nature et sa mission, * souffre, meurt etressuscite pour faire éclater sa gloire aux yeux de l’univers. 6
Œuvre essentiellement fragmentaire. &« de tous cûôtés les lacunes abondent ; après l’exposé très circonstancié d’un fait, un grand vide s’ouvre tout à coup; le récit se brise presque autant de fois qu’il fait un pas en avant. Comme dans l'Évangile selon saint Marc, rien sur l’enfance et la vie cachée de Jésus ; à la fin, rien sur l’Ascension. Si, comme nous le pensons, les mots « dies festus judæorum » désignent la Pâque,
À. JOAN., xx1, 1-26.
2. JOAN., XII, 97, OÙ. , 3. JOAN., I-V. — 4. V-XII. — D. XIII-X VII, — 6. XVIHII-XX.
les chapitres 11-VI réuniront deux années entières.
« En réalité, sur trois ans et demi que dura la vie publique du Sauveur, le récit de saint Jean n’atteint guère que trente jours distincts. Au reste il prend soin lui-même, par des formules générales qui reviennent de temps à autre,2? de nous avertir qu’il abrège étonnamment, ou plutôt qu’il supprime des périodes entières. $ »
Cela ne l'empêche pas de donner au lecteur une vue très claire de la vie de Jésus dans ses grandes lignes. Chaque fragment est comme un point de repère ; les épisodes qu’il rapporte sont à leur place; les faits sont assez souvent datés par les jours ; # les fêtes juives jalonnent la route. 5 Nul besoin, comme dans les synoptiques, pour diviser, d’avoir recours à des plans fictifs; bien que brisée la trame reste visible, les coupures sont nettes et le dessin très accusé.
Plus de discours que de miracles : ceux-ci détaillés, ceux-là résumés, les uns d'ordinaire commentant les autres. 6
6. Le but de l’évangéliste. Le but de l’œuvre est évident. Jusqu’à trente fois l’auteur reproduit l’appellation si claire d’Évangile du Fils de Dieu, et, sur la fin de son récit, « Jésus, dit-il, fit encore devant ses
4. 11, 13, une première Pâque; v, 1, la seconde; vi, 4, la. troisième : donc deux ans d'intervalle.
2 JOAN. 10, 20 tt 25 iv, 43, Nr, 2: VIT, 1: XX, 90 : XXI, 251tetc- 3. FILLION, Evangile selon saint Jean. Préface, XLIX-L. AOJOAN 0 9029 11, vi, 45; vi,:29 : XII, > XII, 15 efc, HIOAN,, I 9 VMS VE 4; VIE 2, 44: xX1, 55; etc. 6. «Les dis’ours sont rattachés aux miracles, dont ils four-