G. JOAN., VI, 22: XX
que les synoptiques ont placés dans le canon des Apôtres.
14. Méthode constante. Il n’est pas jusqu’à la méthode invariablement suivie par l’auteur dans la composition de son œuvre qui ne suppose présents à sa mémoire les récits de ses devanciers. Du commencement à la fin il se montre surtout attentif à deux choses : à ne pas redire ce que d’autres ont dit, ou bien à les confirmer et à les compléter par de nouveaux détails.
« Ainsi il ne répétera pas le récit de l'institution de PEucharistie ; mais il rapportera la promesse que Notre-Seigneur en avait faite, après la multiplication des pains. Il passera sous silence la naissance du Sauveur à Bethléem, la confession. de saint Pierre à Césarée, les paroles du Père éternel au Jourdain et au Thabor, la résurrection de la fille de Jaïre et du fils de la veuve de Naïm, l'entrée triomphante du Sauveur à Jérusalem et l'application qu’il se fait de la figure de Jonas ; mais il mentionnera la croyance où l’on était sur le lieu ou le Messie devait naître, ! le nom de Céphas imposé à saint Pierre, 2 la mission que son maître lui donne de paitre les agneaux et les brebis, 3 la promesse qu’il fait de relever en trois jours le temple de son corps, “ la résurrection de Lazare qui donne lieu au triomphe du fils de Dieu, 5 et la voix du Père éternel s’engageant à le glorifier. 6 Par où l’on voit, pour le remarquer en passant, comment
1. JOAN., vx, 27, — 92. 1, 42. — 3. xx1, 15-18. — 4. 1, 19. — 5. XI, 1. Suiv. — 6. XII, 28.
nos Évangiles bien compris, au lieu de se combattre, s’expliquent et se soutiennent les uns les autres. 1 »
12. L'auteur connaissait les trois synoptiques. Notre auteur a donc écrit son Évangile après les trois autres, et il les a connus: c’est un fait qui résulte clairement de la comparaison des textes, Gun fait que le docteur Strauss, ? pour ne citer que le plus outré des critiques, reconnaît, établirait même au besoin, et qui est conforme d’ailleurs au témoignage de l’histoire, » L’antiquité en effet est unanime à reconnaître l’antériorité des synoptiques. Eusèbe dit que longtemps saint Jean s'était contenté de l’enseignement oral ; mais que saint Matthieu, saint Marc et saint Luc ayant écrit leurs Évangiles, il eut la pensée de les compléter et de les confirmer par un livre qui lui fut propre. ? Un docteur romain du milieu du second siècle donnait, sur les circonstances où ce livre fut écrit, quelques autres détails que l’on retrouve dans le célèbre fragment recueilli et publié par Muratori. Il disait que le