‹ La provenanace des ÉvangilesChapitre 80 sur 146 · BAGUEZ, Manuel biblique, n° 68, p · texte numérisé non relu

BAGUEZ, Manuel biblique, n° 68, p

2. Nouvelle vie de Jésus, t. 11, p. 140, 217. Jülicher, un des critiques les moins favorables au quatrième Évangile, admet comme certain que l’auteur de saint Jean a connu saint Matthieu, saint Marc et saint Luc, £inleitung in das Neue-Testament, Friburg, 1894.

3. EUSÈBE, Hist. eccl. 111, 24. Saint Jérôme émet, en termes plus clairs encore, si possible, une opinion en tous points semblable à celle d’Eusèbe: « Joannes... novissimus omnium, scripsit evangelium.» De viris illustr., c. 9. Tel est aussi le sentiment de saint Ephrem. Evang. concord. expositio, ed. Mæsinger, p. 286. « Postremus venit Joannes ; » et de saint Épiphane, Adv. Hær., LXIX, 23, Migne, t. 49, col. 238.

quatrième Évangile est de saint Jean; que l’apôtre prié par les autres disciples et par les anciens de l'Église d'écrire la vie de leur Sauveur leur répondit: « Jeûnez avec moi. » Alors pendant la nuit, il fut révélé à un apôtre et à André, que Jean devait consulter les autres apôtres — le texte ici est défectueux, — et rédiger cette histoire en son nom:tradition qui témoigne tout à la fois de l’authenticité et de l’époque relative de son Évangile. Et c’est la seule chose que nous voulions signaler dans cet autre témoignage d’un ancien cité par Clément d'Alexandrie. « Que les autres Évangélistes avaient présenté ce qu’il y avait d’'humain dans le Seigneur, mais que Jean, écrivant à la prière de ses amis, avait montré ce qu'il y avait en lui de divin. 1 »

43 Vers la fin du premier siècle. Notre auteur a écrit vers la fin du premier siècle. C'est l'opinion des anciens auteurs, et l’examen attentif de l’ouvrage démontre clairement que leur 6pinion est fondée. Tout d’abord il est incontestable que «la manière de l’écrivain suppose un homme âgé, d’une profonde expérience, qui, - en racontant, jette ses regards en arrière sur les événements qu’il se rappelle à merveille, mais dont un long intervalle le sépare. ? »

Son langage laisse clairement supposer, non seu-

4. Dans Eusèbe, Hist. Eccl., IV, 14. Clément voit en saint Jean le dernier des Évangélistes « Joannes omnium postremus. » Id. ibid. WALLON, 1. c. p. 210, 211.

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lement que Jérusalem a péri, le silence absolu qu’il garde sur la prédiction de cette ruine suffirait à nous convaincre qu’elle est un fait accompli, — mais que certains lieux de la ville et du voisinage n'existent déjà plus. |

De quelques réflexions accessoires faites çà et là il résulte jusqu’à l’évidence non seulement que le judaïsme a perdu, par sa résistance obstinée à la grâce, ? ses premières chances de salut, mais quela nation juive, en punition de son crime, a péri sans espoir de renaître jamais. Voyez comme il parle, en particulier, des ennemis du Sauveur ; ce n’est plus «le peuple, » ce n’est plus «la foule, » comme dans les sy-. noptiques, mais «les Juifs. » Parlerait-on autrement d’un peuple qui a perdu sa nationalité et auquel on a cessé d’appartenir ?

Il dit couramment « la Pâque des juifs » comme si déjà on en connaissait une autre ; 3 il nomme les chrétiens purementet simplement « les frères » sans craindre aucune équivoque ; # il commente l’inconsciente prophétie de Caïphe de façon à montrer qu’il en lit l’'accomplissement dans l’état actuel de l’Église. 5

Il cite de préférence parmi les prophéties du Sauveur, celles dont les chrétiens de la seconde partie du

1. «Béthanie était près de Jérusalem. » xt, 18. — « IL y avait un jardin dans lequel il entra. » XvIIt, 1. — « Il y avait au lieu où il fut crucifié, un jardin. » xx1, 41.

2. « Les siens ne l’ont pas reçu» 1, 11. « Qui ne croit point en Lui est déjà condamné. » xx, 18. e.

3, JOAN., 11,8 1, 0; V/ULSOVIr, 95 IX M2, A XRINDS ENS XI, 1-52.

premier siècle ont vu l’accomplissement : le martyre de saint Pierre ; 1 la réprobation des juifs ; ? la vocation des gentils ; 3 l’universalité de l’Église ; # et une de ses préoccupations principales est de démontrer que les juifs n’ont que trop mérité leur malheureux sort par leur incrédulité obstinément criminelle. 5 Saint Jean est déjà si vieux que le bruit s’est accrédité qu’il ne devait pas mourir. 6 Les temps périlleux sont déjà venus dont saint Paul avait dit à Milet qu’ils ne viendraient qu'après sa mort. 7? On parle déjà ouvertement de l’Antechrist.8

Ce n’est qu’à la fin du premier siècle que se propagèrent les erreurs que notre Évangile réfute, et que devinrent familiers aux gnostiques les mots « Verbe, vie, lumière, ténèbres » dont, pour les mieux combattre, notre auteur fut obligé de faire un si fréquent usage. Ce n’est donc pas s'éloigner beaucoup de la vérité que de placer dans le dernier décennium du premier siècle la composition de l'Évangile attribué à saint Jean.

4, JOAN., xt, 19. — 2: 1,11 ; x, 25-926. — 3. vi, 37, 4; x, 16; MI O2".

4. JOAN., IV, 93; x1,51-52. Sur ces deux derniers points Jean est peut être encore moins réservé et plus exprès que saint Paul lui-même.

5. JoAN., 1x, 19 : v, 23 ; 1x, 39-41,; x1X, 11, 15. — 6. xxI, 23. —

D A6. x2x 20 IRPETRE,. Ht,.3 : I JOAN., 14:18:

8. I Joan., 11, 18-22; 1v, 3; II JoAN., 7. La première Épiître de saint Jean dont le style a des analogies si frappantes avec celles du quatrième Évangile, que tout le monde y voit l’œuvre d’un même écrivain, est sûrement du dernier quart du premier siècle. d |

229 LIVRE PREMIER. — CHAPITRE VIl

14. L'auteur écrit parmi et pour les Gentils. L’auteur du quatrième Évangile vivait parmi les gentils et il écrivait pour eux. Nous en avons la preuve :

Dans la précaution dont il ne se dispense jamais de traduire en grec tous les mots hébreux qu’il emploie, même les plus simples, tels que : Rabbi, Rabboni et Messias ; 1 — dans le grand nombre de renseignements géographiques qu'il donne, à tout propos ; détails à tout le moins superflus, pour des lecteurs palestiniens. 2 Qui donc aurait senti le besoin, par exemple, de dire à des juifs que la mer de Galilée est la même que celle de Tibériade ? 3 — dans le soin qu’il a de relever, dans les discours et dans la vie du Sauveur, tout ce qui à trait aux Gentils ou qui est de nature à leur inspirer confiance ; * — dans le sens enfin qu’il donne au mot juifs 5 qui, sous sa plume, sert à désigner, « non les vrais Israélites, 6 ni même simplement les habitants de la Palestine, mais les ennemis du Sauveur, les aveugles volontaires qui ont refusé de le reconnaître pour Messie, et qui l’ont fait attacher à la croix. 7 »

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