MATTH XI 0925-60 1LUC,IXx
« Que de traits enfin en paroles et en actes, dans les synoptiques, que l’on croirait empruntés à saint Jean; et réciproquement, combien de détails du quatrième évangile qui rappellent ceux des trois premiers ! » Que de coïncidences d’images, de comparaisons, de pensées, de mots ! 1. |
Ces ressemblances, qui les conteste ? personne. Qui les néglige ? la critique.
Les dissemblances réelles des deux groupes de narrations s'expliquent d’ailleurs si aisément! Jamais évangéliste n’eut la pensée d'écrire une biographie complète du Sauveur ; tous nos Évangiles étant iragmentaires, pourquoi les fragments seraient-ils partout et pour tous les mêmes? — Jean a écrit longtemps après les synoptiques et en vue de les compléter ; dès lors n’était-il pas de son devoir de passer rapidement sur ce qu’ils avaient dit et d’insister sur les points qui ‘ allaient plus directement à son but ? — Le but de Jean, n’est pas celui des synoptiques ; un changement de but peut-il ne pas entrainer un changement de méthode ? — Les circonstances de temps, de lieu, de personnes n'étant pas les mêmes, pourquoi dans l’un et l’autre groupe les récits auraient-ils même couleur et les discours même sujet et même ton ?
A l’époque où écrit saint Jean la lutte inévitable entre le christianisme et la fausse science, entre l’Église et la synagogue a pris une ampleur et une acuité qu’elle n’avait pas encore au temps de la rédaction. des premiers récits; n'est-il pas tout naturel que: