Voir plus haut, ch. tt, p. 58, suiv
3. Ad. Autolycum, 11,22. Migne, t. 6, col. 1087; c’est le premier texte explicite qui ne soit contesté par personne.
4. Les Ophites, par exemple, connus surtout par les citations de l’auteur du Philosophoumena, et les disciples de Basilides mentionné plus haut, pour ne citer que les plus anciens partisans de la gnose. Philos., v,9 et v, 12.
5. C'est le cas pour les auteurs du Testament des douze Patriarches, évidemment antérieur à l’an 135, et des Homélies Clémentines, qui datent des environs de l’an 160.
6. « Hi qui a Valentino sunt, eo quod est secundum Joannem plenissime utentes.» IRÉNÉE, Contr. Hær., t11, Migne, t. 7, col.
du second siècle, l'Évangile de saint Jean ait été, sans contestation, reçu de tant de partis contraires, et en tant de lieux, il faut qu'il ait été depuis longtemps déjà universellement reconnu; une nouveauté apocryphe n’eut pas fait si facilement son chemin. Ajoutons que les Pères catholiques auraient dû s’en méfier plus que personne, ne füt-ce que pour ôter à certains gnostiques, aux Montanistes par exemple, l’appui qu'ils y cherchaient par de fausses interprétations. 1»
Mais nous ne sommes pas réduits à ces témoignages postérieurs d’un demi-siècle à l’apparition de saint Jean. Ignace, Polycarpe, l’auteur dela Didaché, Hermas, font allusion à des textes de notre auteur, en reproduisent même un certain nombre; «dans les Pères apostoliques, comme dans Justin Martyr, il y à plus que des textes et des allusions, il y a toute une manière de penser et de dire, il y a un type doctrinal qui reporte à saint Jean.A quelle source Tgnace, Polycarpe, l’auteur inconnu de l’épitre à Diognète auraient-ils pris la doctrine du Verbe, lumière et vie du monde, si ce n’est à cette grande école? ? »
Ainsi donc toute la littérature du second siècle atteste l'existence de l’œuvre de saint Jean ; d’abord par des allusions transparentes, puis par des citations abon-
833. Voir TERTULLIEN, de Præscr., 38. Migne, t. 2, col. 61. Héraclion, disciple de Valentin, composa même vers 150, de notre Évangile, un commentaire complet qu’Origène crut devoir refuter pas à pas.