CS
mai^
ne 5ont là que des hypothèses qu'il con- - àc rtlég^^^ ^^^s '^ domaine de la fantaisie; ^ tout ctt ^connaissant aux débris informes que r* peut voir encore disséminés sur le plateau A vnr ^'*^'^ ^^^ origine très-ancienne, il est im- -y^ihk d'établir sérieusement une opinion scien- Jj^iie sur leur provenance et leur destination.
l^ nappe d'eau qui baigne le pied des falaises ^ys|,ix)nnées par la redoute de Six- Fours est ^tntéc au Nord-Ouest et entièrement préservée ^x coups de mer du large. La baie est vaste et |M\>fonde; les vaisseaux de haut bord peuvent y i^H>uiller dans un calme parfait. Un assez pauvre village, le Brusq, a donné son nom à la rade; cVst dans ce petit hameau de pécheurs qu'en octobre 1376 Grégoire XI, transportant le siège de la papauté d^Avignon à Rome, après avoir été obligé de relâcher une première fois dans la calanque de Port-Miou, s'arrêta trois jours et trois nuits pour échapper à une tempête terrible qui Tempéchait de doubler le cap Sicié et de venir se réfugier à Toulon (i).
Un petit archipel émerge à l'extrémité méridionale du golfe. L'île principale, qui s'appelle les Embiez, est accompagnée d'un cortège d'îlots secondaires, dont le plus important, le grand Rouveau, porte un phare moderne de quarante-six mètres de hauteur, qui croise ses feux
^^l) Voir la note de la page 66.
avec celui du Planier dans la rade de Marseille et celui de Porquerolles, la plus occidentale des iles d^Hyères. Tout autour, des rochers perdue, des écueils apparents ou cachés. Le port solitaire du Brusq n^a aucune importance commerciale; tout au plus améliorera-t-on par quelques petits ouvrages Fabri naturel contre lequel viennent se ranger aujourd'hui les barques de pèche. Mais, si le Brusq n'a ni présent ni avenir, on n'en saurait dire autant du passé. Il tenait, au contraire, une place importante dans l'histoire de la marine ancienne, et les excellentes Conditions nautiques de la rade en avaient fait une des stations obligatoires de la flotte romaine. Li" jEmines portus de Tltinéraire correspond exactement au bon mouillage qui se trouve entre le Brusq et les Embiez ; c'était là que se trouvait le port ; q uant à la ville , elle devait probablement occuper la colline de Six-Fours, et on l'appelait aminés positio.
Cette séparation entre la ville et le port est une des dispositions que Ton retrouve le plus fréquemment dans les cités antiques. Il n'existait alors que très-peu de ports artificiels, entourés de môles, divisés en bassins, protégés par des jetées, des brise -lames et des ouvrages de fortification tels que nous en voyons aujourd'hui; et c'est tout à Éait par exception que Ton peut citer, comme construit d'après ces types, le port des Fosses Mariennes dans la région du Bas -Rhône, ceux d'Ostie à l'embouchure du Tibre, d'Alexandrie à
^APtTKE CIXQUièxE.
fiU et de quelques villes de Tltalie
^"''^^fc' ^° f^" ^ réduisait le plus ordi- «^"^, I un petit golfe naturel, abrité de la
*^' nteff ^^ ^^ *^"*^ duquel une plage douce*
•^•^^j-pclinée permettait d*échouer les navires;
^lieu^ du danger, on en défendait rapproche
' Qioyco d*estacades ou de carcasses de vais-
Ijux V^^ ''^" coulait à quelques encablures du
'yggs; tout autour de la grève se trouvaient quel-
y^ habitations assez misérables pour les pé-
%0dT^ ^< '^^^ familles, des hangars pour les
^i^cbandises, et les magasins indispensables au
ggtvict de la marine. Mais la ville en elle-même
^1 rarement construite sur la plage, où elle
0'aunit pas été i l'abri d'un coup de main hardi.
On la bâtissait presque touiours en amphithéâtre,
A une certaine distance du port, dans un lieu for-
ritîé* aiin que les monuments religieux, les
richesses et les citoyens pussent y trouver, en cas
Je sièi;e, asile et sécurité. On l'entourait d'une
lî*;ne continue de remparts, et elle était en général
dominée par une cita.ielle qui était le réduit de
la place, si Tenceinte venait à être forcée.
Telles sont les o!isjv)>itions que l'on retrouve au Pirée près d'Athènes, au port de Cenchrées à Corinihe, et, sur la cote même qui nous occupe, au portas CithdnsU, dont la ville, ïoppiJum, était Ceyreste, et au Brusq, faubourg maritime de Six-Kours.
Le grand accident de terrain qui se termine
par le cap Sicié a dû de tout temps être occupé par une ou plusieurs de ces acropoles. La nature semble, en effet, avoir fait de cette presqu^le escarpée une véritable place forte ; et, bien que rhistoire soit muette sur les origines de la petite ville de Six- Fours, dont les ruines ont aujourd'hui disparu sous les récentes constructions du génie militaire, il est certain que les premiers habitants de la côte ont dû y établir de très-bonne heure un poste d'observation, une vigie, une acropole, et que la position devait être à peu près inexpugnable.
Le petit morne de Six-Fours a la forme d'un cône assez semblable à un piton volcanique. Tout autour, des ruines nombreuses, mais confuses, des pans de murs écroulés, des amoncellements de matériaux taillés, en partie enfouis dans le sol, marquent la place d'anciennes constructions difficiles à définir. Les chemins qui conduisent au sommet sont pavés de dalles romaines ; on traverse pour l'atteindre plusieurs enceintes encore reconnaissables ; l'ensemble de ces débris ne permet pas de douter que le plateau n'ait été de très-bonne heure fortifié et qu'on n'ait de tout temps tiré parti de cette excellente position stratégique.
Il est cependant impossible d'admettre, sur la
toi d'une imcripion doatcoK «I i diite par Solcri , que le nom ( «leac (Tun cenain Sextui riiiiMi ■« FwinK. trtban miliiairc qui aurait étabfi sa canpifiQbscTTziioti »ur le piaieiu du cap Sâcâé, a JnlaCéiat, pour>uivsntcnE<pagDclap de Pompée, avait Witsi h aes lienu de bifc le >iëgc de Manctlle. L'n Fours cit cenaînemcnt beaucoup plos aadnne. et i) est plus que probable que le petn p«R liii Bnisq a éitf connu Je tout temps, queks&ea de Phoc^ y faisaient cKale, et que, po«w«f»nuoir des incursions des Ligures barbwa, ik avaient consrruit de ifts-bonnc heure, snraMlBi les hauteurs voisines, du tours tfobcenratiaa d'où l'on pouvait découvrir l'approche de l'enncmi. On trouve en efict sur ce plateau les ruines de sîi petits fortins, castella ou tpe€aUe, le premier sur le piton même oti devait plus Urd s'élever le château féodal de Six-Fouis, les cinq autres dans les environs aux quartier* du Peyron, de la Lônc, de Crotlon , du Bfusq et au cap Négrc, limite de la commune de Saint- Nazaire. Ces six postes foniGes, 'El 4>p«vfJa, ont donné trâs-certai ticmcni leur nom au plateau luimême, qui devrait s'appeler en réalité Six~Fortt et n'a pris que ilans la basse latinité le nom corrompu de Sex-Furni, Six-Fours.
SIX-FOURS, HYÈRES, TOULON. 2l3
Quoi quUl en soit, si Forigine même de Six- Fours est un peu douteuse et se perd dans la nuit du passé, si la colonisation grecque n'est pas absolument prouvée, Inoccupation romaine est tout à ËEiit certaine. Une inscription funéraire en caractères de la belle époque (i), des débris de colonnes, des tombeaux, des mosaïques, un nombre considérable de poteries ornées de figures, des monnaies à Teffigie des empereurs des premiers siècles, ont été découverts à plusieurs reprises depuis la côte du Brusq jusqu^au sommet de Tacropole de Six-Fours, et nul doute que des fouilles intelligentes et méthodiques produiraient des résultats fort intéressants.
La presquMIe de Sicié a conservé d^autre part des témoignages incontestables de Pintroduction du Christianisme dès les premiers siècles de notre ère. On sait que la Provence a entendu de trèsbonne heure la prédication de l'Évangile; et, malgré toutes les discussions qu^a soulevées dernièrement la question délicate de Tapostolicité direae des églises des Gaules, il est aujourd'hui assez