C. Vibio Liguri Maisuma maier fécit
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LAGUNE DE lVrGENS ET PORT ME FREJUS. Siy
plusieurs siècles par une tribu ligurienne qui devait, même sous la domination de Rome, former toujours le fond de la population. A un autre point de vue enfin ^ il est intéressant de constater qu'à répoque romaine les conditions climatériques de la basse plaine de TArgens étaient assez mauvaises; et il n^est peut-être pas téméraire de conclure que les étangs, qui longeaient la ville du côté de la mer, engendraient alors, comme au moyen âge et de nos jours, des fièvres pernicieuses.
Une autre inscription, tout entière en caractères latins, a été retrouvée dans les mêmes circonstances. C^est encore une inscription funéraire et qui paraît avoir été destinée primitivement à être encastrée dans la façade d'un monument modeste comme l'inscription elle-même. Les lettres sont superficiellement gravées, peu régulières, offrent des indices très- nombreux de décadence et dénotent un artiste médiocre ou négligent du troisième et peut-être du quatrième siècle après notre ère. La lecture a présenté certaines difiicultés, mais les épigraphistes les plus autorisés Tont rétablie avec une certitude presque absolue. On y lit :
a A Baricbal son ami, Agrippina Prima. Il a vécu quarante ans. Son héritière a construit ce monument pour lui et pour elle (i). »
( I ) (b)aricbalo . Aiiic(o)
(ag)rippina . a(mica)
Cette inscription, quoique fort laconique, révèle les rapports intimes et tendres qui existaient entre ce Baricbal et sa jeune héritière. Jusqu'ici rien de bien nouveau ; et des donations de cette nature et pour ce genre de services étaient fréquentes dans le monde ancien. Mais le nom de Baricbal est d^autant plus intéressant quUl n^a rien de romain ; c'est évidemment un nom d'origine barbare et très-probablement phénicienne, à en juger par sa terminaison. Les deux racines hébraïques barac et ba-al lui donnent un sens très-naturel : a béni de Baal ou du Seigneur», et tout, porte à croire que le généreux testateur était quelque riche marchand , armateur de Tyr ou de Carthage , qui faisait encore le commerce à Fréjus vers le milieu du troisième siècle et sous la protection de l'administration romaine.
On le voit donc : quelques lignes détachées de deux inscriptions presque oubliées nous permettent de retrouver à Fréjus, au milieu de Tépoque impériale, le souvenir des Ligures, des Phéniciens, des Grecs, en même temps qu'une sorte de constatation de l'insalubrité de cette zone marécageuse au temps mémo de sa plus grande prospérité.