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faces longitudinales un peu convexes; c'est sur la plus large et la plus aplatie de ces faces que sont gravés, dans le sens de la longueur du galet, deux vers en quatre lignes (i) dont la traduction littérale est :
(( Je suis Terpon, serviteur de Fauguste déesse Aphrodite; que Cypri s récompense de ses faveurs ceux qui m^ont placé ici. »
Ce texte, d'une facture si hiératique, a attiré des son apparition l'attention des épigraphistes, et a été étudié avec le plus grand soin par les hommes les plus compétents (2); et tout d'abord on a reconnu que le style de l'écriture rappelle d'une manière saisissante les inscriptions ioniennes archaïques de la voie des Branchides, spécialement voués au culte d'Apollon Didyméen; c'est un type mixte qui associe quelques formes de l'ancien alphabet ionien aux lettres communément adoptées par les Grecs vers la fin du cinquième siècle avant notre ère. On a donc là une preuve certaine de l'ancienne colonisation grecque sur la plage d'Aniipolis.
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TspTtwv £1(11 Osa; Ospàztov (Tîuv^; 'AçpoôiTr,ç » Toï; 0£ xaiaTTy^aaai kuTipi; /apiv àvxaTioooir,. (■1) Frœhxer, la Vénus d'Antibes, {Rev.arch., 1867.) L. Helzky, la Pierre sacrée d* Antipolis. (Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, 1874.)
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âr.::*:: rrtii:: iii vcn^ sumiiurelles, et où Ton crv.'ii: v^-ve-: rec^nr-iir^e des images des dieux, f Ijs encore. j-j5 •iivîr.îtcs elies-mèofies.
On sa:: * orîzine orierjtale de cène supersiition. Des pierres divines, désignées sous le nom de béiyles. é'^ient aJorées en Chaldée, en Phénicie, en Syrie, dans l'Asie Mineure; c'étaient, en général , des blocs non taillés auxquels Je caprice de la nature ou laciion des éléments avait donné des formes tantôt bizarres, tantôt régulières. Dans le nombre, \ts pierres noires étaient surtout l'objet de dévotions particulières, et les études récentes sur les religions primitives de TOricnt nous ont appris que l'une des plus célèbres était
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U pierre noire dont parie lupologiste Arnobt-, et qui représentait la grande déesse Phrygienne (i).
Les traces de ce féticliisme primitif se retrouvent partout, d'après Pausanias, dans les anciens cultes de la Grèce (2); et un grand nombre de bétyles connus aujourd'hui représentent ordinairement des divinités du cycle de l'Aphrodite primitive, déesse qui était figurée elle-même dans ses anciens sanctuaires de l'île de Chypre, et notamment dans le temple de Golgos, sous la figure d'une pierre conique, analogue par conséquent à la pierre sacrée d'Antipolis. Celte forme archaïque du culte d'Aphrodite parait même avoir traversé presque sans altération la belle période grecque et avoir survécu à toutes les transformations du rituel antique , puisque Pausanias raconte qu'il put voir encore, près de deux siècles après Jésus- Chrisi, dans le temple de l'Amour â Thespies, une pierre brute personnifiant le dieu Eros, et que ce fétiche recevait , à côté des chefs-d'œuvre de Praxitèle et de Lysippe, les hommages et les prières de fervents adorateurs (3).
La pierre d'Antipolis rappelle, comme on le voit, ces anciennes pratiques; et elle constitue, à n'en pas douter, une véritable idole , semblable â U grossière image de l'Amour de Thespies. La
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<3) pAuatMiAS, IX, 27, 1.
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vant que recherché dans Fart d'aimer et de jouir. Le caractère sacré de la pierre d'Antibes a cependant été contesté, et quelques archéologues locaux persistent à n'y voir qu'un emblème phallique dont l'inscription serait une annonce séductrice placée à la porte de quelque débauché (i). Le monument lui-même aurait, dans cette hypothèse, été dressé verticalement, ainsi que l'indiquerait le troisième mot du second vers, auquel on donnerait une signihcation toute lascive, appropriée à la disposition du caillou. Il convient toulelbis de remarquer que la forme ovoïde de la pierre ne présente pas la division trilobée, caractéristique de tous les attributs phalliques; et dans des questions d'une nature si délicate il est, croyons-nous, très-imprudent de forcer le sens des mots et de supposer une irrégularité de conjugaison pour arriver à une interprétation licencieuse plus ou moins en rapport avec les mœurs dépravées de l'époque (2).
(i) MouGiNS DE Roquefort et Gazan, Soc, acad. du Var, 1876.
Ed. Blanc, Epigi'aphie antique des Alpes- Maritimes, V* partie. Nice, 1878.
(2) Ch. Robert, Revue des sociétés savantes, nov.-déc,
M. Edm. Blanc, dans ses derniers travauxsur l'épigraphie antique de l'arrondissement de Gtzssq (Annales de la Société des Lettres, sciences et arts des A Ipes-MaritimeSy Nice, 1878), donne même une traduction et une interprétation erotiques qui feraient de ce Terpon, serviteur de Vénus, un personnage de la pire espèce, dont le métier inavouable
Mieux vaut donc s'en tenir aux explicatiOTS les plus naturelles, adoptées d'ailleure par les maîtres de la science. Les Grecs d'Aniihes étaient des Ioniens, et l'on sait que le culte d'Eros était très- populaire en lonie. Rien de plus normal par conséquent que de voir ce culte en honneur dans les colonies phocéennes de la côte gauloise. Il est vrai que les caractères de l'inscription, malgré les traces d'archaïsme, n'iadiquenc pas une époque beaucoup plus ancienne que le cinquième siècle avant notre ère, et que les Grecs n'en étaient plus réduits depuis longtemps â adorer des pierres brutes, u Mais, comme le fait excellemment remarquer M. Heuzey à qui nous avons déjà fait tant d'emprunts, l'attachement persistant aux formes les plus primitives du culte, à travers tous les progrès de l'art, est pour ainsi dire une loi de l'histoire de; religions. Ce ne fut qu'après le temps de Périclés que l'Amour de Praxitèle et celui de Lysippe furent placés à côté du grossier caillou auquel on sacrifiait dans le temple de Thespies. Encore ces créations de Tan n'étaient-elles que des otfrandes, des ornements du sanctuaire, qui ne diminuaient en rien le prestige religieux des idoles véritables, des fétiches informes consacrés par la tradition. Il n'y» donc rien d'impossible à ce que les pécheurs ou
Cl les vices honteuï rentreraient dans lu domaine tics actes d«fér^s à nos cours d'assis.s et sur Ics^uel. U «ou. , est difficile d'insister ici. J
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les marins grecs d'Antipolis, à l'époque la plus brillante de la civilisation hellénique, aient cru encore faire œuvre pieuse en recueillant avec respect et en consacrant par une inscription un galet roulé par les eaux. Cette longue fidélité aux usages primitifs s'explique surtout chez un peuple d'émigrés, séparés du centre de leur race, et qui se trouvaient en contact sur ces mers lointaines, non-seulement avec les barbares de TOccident, mais encore avec les Phéniciens et les Carthaginois, de tout temps adonnés à des superstitions du même genre, w
Le caillou d'Antibes peut donc être considéré comme un des monuments les plus intéressants de nos antiquités de Provence, et un témoignage indiscutable de l'ancien culte des Hellènes au cinquième siècle avant noire ère.
Pas plus à Antibes qu'à Nice, on ne trouve de débris importants de la ville phocéenne; et tout ce qui reste de l'occupation grecque se réduit à quelques inscriptions des preiniers siècles qui sont loin de présenter Tintérét de la pierre sacrée dont nous venons de parler (i).
( I ) Carlone, F.pigraphie gréco-massaliotc dans les A IpeS' Maritimes,
VA. Blanc, Corpus des inscriptions de V arrondissement de Grasse,
milles patriciennes, de magistrats, de personnages consulaires pour lesquels les campagnes voisines de Nice étaient à Tépoque impériale, comme elles le sont de nos jours, un séjour de plaisance et une résidence d'hiver.
En dehors de ces textes épigraphiques et de quelques monnaies, Nice ne nous a laissé aucun souvenir des premiers siècles. L'établissement maritime créé par les Phocéens est toujours resté, même après la conquête, un quartier de commerçants et de marins, formé de maisons assez pauvres et beaucoup plus grec que romain. La véritable ville romaine était à deux kilomètres au Nord, sur le plateau de Cimiez.
Cimiez était, dans le principe, un oppidum habité par une des peuplades des Alpes, les Vediantii(\). Son nom seul, Cemeneliitm, indique