VIU
le dernier port de la côte française est Menton. On trouve dans Tliinéraire terrestre des provinces de Icmpire une station militaire du nom de lufnone, placée à dix milles de Vintimille, Albin* /imi/fo. et ù six milles du hameau delà Turbie, .1//V summa, qui formait alors la limite entre la Gaule et Tltalie (i). Les géographes modernes sont, en général, d'accord pour identifier Lumone avec la ville de Menton. Les mesures s^accordent à peu près; mais, à vrai dire, Menton est une ville toute moderne. On n'y trouve aucune trace de l'occupation romaine: et, si Ton en croit les traditions populaires qui ont cependant une tendance très- marquée à faire remonter jusqu^aux âges héroïques Tépoque de la fondation de toutes les villes, Menton ne serait qu'une colonie de pirates, originaires de Tile de Lampedousa, située entre Malte et l'Afrique, qui auraient établi au huitième siècle de notre ère un premier campement sur le petit cap occupé par la ville actuelle.
;^i) Albiutimiliv nipin. \\i
Lumone mpm. x
Alyc siimmji mpm. vi
iHuc itsquc Italijy abhiuc C/jIIu.
Cemenclo mpm. viii
\'arutn flumcn mpm. vi
{Itinerarium proviiKUVi.rn AnUmiiu Aiti^iL^tiy éd. Parihcy et Pindcr.)
L'Itinéraire maritime, qui donne si exactement rindication des moindres lieux de stationnement de la flotte romaine, ne mentionne aucune escale entre Vintimille et Monaco; et cependant la grève assez peu inclinée de Menton présente de meilleures conditions pour Téchouage que celle de Nice. La ville, assise en amphithéâtre sur une croupe de rochers, domine deux anses dans lesquelles se déversent plusieurs torrents, le Carreï; le Borigo, le Gorbio, dont les apports sont assez sensibles et donnent à la plage sous-marine un talus beaucoup plus doux qu'à l'embouchure du Paillon ; et tandis qu'au devant de Nice on trouve, à cinq cents mètres seulement du rivage, des profondeurs qui dépassent cent mètres, les côtes de fond à la même distance sont à peine, à Menton, de dix à quinze mètres.
Le climat de Menton est incontestablement l'un des plus doux et des plus constants de toute la côte ligurienne , sans en excepter Cannes. La ville est encore italienne d'allures, de mœurs et de langage. Par suite de l'immigration toujours croissante des familles du Nord, elle prend pendant les mois d'hiver une sorte de physionomie russe et anglaise; elle deviendra tout à fait française dans peu de temps, lorsque les travaux du port, actuellement en pleine activité, l'auront fait entrerdans lecerclede notre mouvement maritime.
Ce que l'on a jusqu'à présent désigné à Menton sous le nom de port n'était, il y a quelques
T^ i:ur X
irai IV
x^^r rrinriTr jue 2
■^ «M*Ma^
rnur:"2:
KZSl .es HZXllS.
— Il» . ■ * - * ■ il
ju":
rusurr
Tï SlïïIMi
Toutes ces petites stations maritimes, échelonnées depuis Nice jusqu'à Vintimille au pied de la falaise calcaire qui plonge à pic dans la mer, sont dominées par une route dont les lacets suivent Textrême bord de la crête supérieure. Cette route merveilleuse serpente, s'infléchit, monte, descend, épouse toutes les sinuosités de la montagne, contourne les pics les plus aigus, surplombe quelquefois la mer et se maintient toujours à des altitudes qui varient de trois cents à cinq cents mètres.
C'est une œuvre toute moderne et française qui date de 1806. Sur bien des points, elle emprunte Pancienne voie Aurélienne; sur d'autres, elle suit, après les avoir adoucis, les sentiers vertigineux frayés par les chèvres et comme suspendus au-dessus de l'abîme; et Tensemble de tous ces redressements, de ces élargissements et de ces rectiflcations ingénieusement soudés les uns aux autres, constitue la route pittoresque et presque délaissée depuis l'ouverture du chemin de fer littoral, célèbre dans le monde entier sous le nom classique de « route de la Corniche ».
Dans la partie qui nous occupe, elle se confond sensiblement avec l'ancienne voie romaine et passe comme elle au village de la Turbie, sur l'arête même qui réunit le Mont Agel au promontoire de la Tête de Chien.
Les plus anciens documents géographiques de Tempire désignent cet emplacement sous le nom de sommet des Alpes, Alpe summa, et indiquent bien que c'était là qu'on quittait Tltalie pour passer en Gaule, hue usque Itaiia, abhinc Gallia (i). Cest la station mentionnée sur la Table de Peutinger sous la dénomination de passage des Alpes Maritimes, in Aipe maritima (2), et c'était bien en réalité le point culminant de la route qui suivait le littoral ligurien. C'est encore la limite naturelle, sinon politique, de la France et de ritalie.
De ce col de la Turbie, les golfes, les an* fractuosités et toutes les découpures de la côte se dessinent avec une admirable précision. Du côté du continent, on voit sMIever, d'étage en étage , les grandes assises de la chaîne des Alpes qui se perdent dans la région des nuages et des neiges permanentes. Lorsque l'atmosphère est transparente, la Corse, les fines dentelures de l'Apennin et de la rivière de Gènes, les mornes rouges de l'Estérel et les croupes sombres et boisées des montagnes des Maures se détachent avec une netteté parfaite, baignés à leur pied par le bleu profond de la mer, et délicatement azurés à leur sommet par l'air et la distance. Rien ne vaut un pareil spectacle. On embrasse à la fois la mer, les îles, le rivage et les hautes montagnes. La
( i) Voir la note de la page 496.
(2) Voir la carte de la page i()3.
MEfTTON, LA TURBIE, KONACO.
Soi
transition d'un pays à l'autre est manifeste; c'est bien le point de passage de la Gaule Cisalpine u la Gaule Transalpine, de la vieille Provence à Tantique Ligurie.
La tradition veut que ce soit sur le sol même de la Turbie qu'Auguste ait vaincu les peuplades Iigures;et il est possible, bien qu'on naît à ce sujet aucun document historique précis, que la possession de ce point siraitigique ait été direciement disputée. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a été choisi comme un socle gigantesque pour supporter le grandiose trophée de la victoire de celui qui était déjà considéré comme le maître du monde.
Déjà, dans les dernières années de la république, les légions avaient pris l'habitude de consacrer les hauts faits d'armes de leurs géncraui par des monuments commémoratifs élevés sur le lieu même du combat et tout autour desquels on amoncelait le butin et les armes des ennemis vaincus. Plutarque parle avec admiration de l'immense bûcher auquel Marius fit porter, après la bataille d'Aix, les dépouilles des Ambrons et dont il eut soin d'ailleurs de distraire à son profit tout ce qui était précieux et pouvait figurer à Rome pour la magnificence de son triomphe fi). Sirabon
,.(pLL-T.>imvE,J/a-
rsrr
*î^i::5^ rnsminineir JszsîEncr ia trrscbôe çx3C
l'.srr^-rcisitac ni^-^s^ nr mrc xextç ]e 33111 ,rui *,r."-iniir jeruis ji cnnrtnàK rnnaîzie. sîikxx
^ T* i^r^^ ^ v.i-r-::rt; t^:iLZ ruici ^j"*5 *«& rrcr: rc ^ r^*in=c'ir >; icc le -rri:!! -:jr -icr :-:iic:. c-
Ci; j 7ir-rie im nroLle k scctsiit. Lis Gr«c5, ^r «fiiC. ^^'irr :i iLT^rj^e icnr irait sc:r c;^ lîrrcnl 1
HEVTON, LA TUF
Cetaii en l'an île Home 74<j, Auguste vcnail d'être investi pour la dix-septième J'ois de la puissance iribunitienne. L'empire existait depuis vingi-cinq ans. Les signes extérieurs de la soumission, du respect et de la flatterie envers le souverain revêtaient déjà la forme d'un culte otliciel et sacré. Sinon par les détails de son architecture qui nous échappent, du moins par su masse qu^il nous est encore permis de Juger, le monument était digne de la divinité de l'empereur. Quelque ruiné qu'il soit aujourd'hui, on peut se rendre compte de ses dispositions principales; et on ne saurait mieux le comparer, bien queses dimensions soient beaucoup plus considérables, qu'à l'un des monuments romains les plus connus du Midi de la France, la Tour-Magne de Nimes, qui domine encore fièrement comme une tour d'observation la colline calcaire au pied de laquelle était bâtie la ville favorite d'Anionin. C'est la même forme polygonale et massive, le même profil, la même physionomie.
Les auteurs anciens ne nous ont laissé aucune description du monument. Pline seul rapporte l'inscription qui existait de son temps et qu'il eût été très-certainement impossible à nos épigraphisies de reconstituer avec les fragments trèsrares qu'on a retrouvés. L''înscnption de Pline, en effet, se compose de soixante-dix-huit mots dont trente-trois pour la dédicace officielle et la mention du divin .\upusie et de toutes ses di-
Z,2^ CHkPrraX KXIEHE.
rzzZ£s. ^ainnte-c:nq p3ar Ifs noms des peuples Ti-j-î - rien q-'elle se nous soit par\-enui --"ir'i? rlj5:euri ilrenâDas et en passant par il min ies copistes. M. E. DesiirJins a pu nonie^le-nen: réublir le texte de rhîstorîen latin sur les meii.cars manuscrits, nuis encore déterminer avec une grande sa^cité les dispositions mêmes de Tinscrirtion. D'après cette restauration, elle se composait de huit lignes, était par conséquent beaucoup plus longue que haute, et occupai: Tune des faces du monument qui devait nécessairement présenter une forme prismatique ou poly^Daale plutôt que cylindrique.
Avin: :Si,, on ne connaissait que quatorze hîîre>. réparties sur quatre fragments. Cétaii tout ce q-'jvji: ru décDuvrir dans les décombres du monument 1 historien niçois JoJrédi : et, grâce au texte de Piine, ces fragments lui avaient surti pour établir riientité du trophée des Alpes avec les ruines de h Turbîe i}. Depuis lors, on a trouvé cinq nouveaux fragments qui avaient été employés comme matériaux de construction et engagés dans une voûte du mur d'enceinte du village. Cest tout ce qu'on possède aujourd'hui 2 .
(1^^ De C\umoxt, Fragments de l'inscription du monu^ ment de /j Turtie, près Monaco. [Bull, mon., i*S'">^/.
[2 Cer-^uw-d. Fragment d'inscription de la Turbic. {Rev. arch., t. XX, i8'x».)
Ernest Desjaroins, Gaule romaine, t. II, ch. 11, m (3.
MRNTON, L* TUHBIE, MONACO.
Des irophées d'armes, des scènes militaires qui étaient figurés sur les faces du monument, des colonnes, des chapiteaux et de la statue d'Auguste qui occupait le centre de la plaie-formc supérieure, il ne reste qu'un énorme fragment de frise orné Je draperies qui parait avoir fait partie de quelque groupe allégorique et qu'on a retrouvé mutilé, retourné, et creusé en forme d'auge, à la porte de l'église de la Turbie. Notons encore un fragment de tétc antique d'un assez beau travail, exhumé au siècle dernier et qui figure aujourd'hui, sous le nom un peu hasardé de it tête de Drususij, au musée de Copenhague. Tout le reste n'est qu'un amas de décombres; et de cet édifice grandiose qui dominait la mer on n'a recueilli que les neuf fragments de l'inscription commémoralive dont nous venons de parler et qui tiennent à l'aise dans une vitrine du musée de Saint-Germain.
A défaut de descriptions authentiques et remontant à l'époque où le monument, quoique mutilé, se dressait encore dans toute sa majesté, on peut trouver des indications très- intéressantes dans la description confuse sans doute, mais assurément fort exacte, que nous a laissée le Père Franciscain P. Antoine Boyer dans son histoire de Nice écrite en 1564. A cette époque, l'ossature générale de la Turbie existait dans son ensemble, et on pouvait juger de ses dimensions, de ses dispositions principales, de son style et
5o6 CHAPITRE DIXIRMF.
même de son ornementation. On voyait encore les arcatures extérieures, des fragments de colonnes et de pilastres, des restes de frises, de moulures, de motifs de décoration, et surtout quelques débris de la colossale statue d'Auguste dont on a tant parlé et qui paraît avoir eu une hauteur totale de dix-huit pieds.
Le monument a commencé à être dégradé au sixième siècle par les barbares, et depuis cette époque a été considéré presque toujours comme une immense carrière oti, pendant dix siècles, des générations d'iconoclastes ont puisé méthodiquement pour les besoins des constructions voisines. Le village de la Turbie, en pariiculier, est construit tout entier de ses débris; et les fortifications qu'on a élevées pour le défendre contre les attaques sarrasines ont la même provenance. Cest dans une des portes du rempart du moyen âge qu'on a découvert les marbres portant les lettres tronquées que nous avons mentionnées plus haut; et il est probable que d'autres fragments de rinscription, encore engagés dans les maçonneries des fortifications, pourront être un jour retrouvés.
L'église de Monaco, bâtie en 1080 par les habitants de la Turbie, a absorbe une grande partie des pierres toutes taillées du trophée d'Auguste. Depuis lors, les libéralités des seigneurs d*Eza ont favorisé la destruction du monument; et, pendant tout le douzième siècle, les Génois en
MENTON, LA TUHBIE, MONACO. aoy
OUI ixploitê les niaLorcs de ruvclcnitiU pour la décoration de leurs palais.
Au commencement du quatorzième siècle, des constructions nouvelles se greffèrent sur l'ancien colosse. Une grande tour à créneaii.t, aujourd'hui branlante et démantelée, fut dressée au centre même des ruines, et pour l'élever on n'employa certainement pas d'autres matériaux que ceux qu'on avait sous la main , tout préparés et à pied d'œuvre(i).
Un peu plus tard, ce qui restait des marbres de la Turbie fuli employé à l'ornementa lion du mailre-autel de la vieille cathédrale de Nice, bâtie dans l'enceinte du château, au centre même de l'acropole grecque. Mais celte dernière destinalion, qui semblait cependant devoir conserver une partie de ces débris précieux, ne fit qu'en avancer la perte. Lorsqu'en effet Caiinat fit en 1691 le siège de Nice, l'explosion d'une poudrière renversa complétemeni la nef de l'église « ensevelit Pautei sous une masse de décombres qu'on abandonna comme de vils matériaux. Quelques années plus tard, en 170D, le maréchal de Berwick faisait sauter à la mine pendant six mois les moindres pans de murs qui provenaient de l'ancienne forteresse. Dès lors, ces restes in-
( 1) CsRi.oNE, Xotes et docuinenls sur la 7'iirbie. (Congr, icieiit. de France. Nice, i8ti6.)
SoS CHAPITRE DlIlàHE.
formes et mutilés furent considérés par les habitants comme un simple amoncellement de pierres où Us puisèrent pendant plus d'un siècle pour la construction de toutes les maisons de la ville moderne. Les matériaux ont été dispersés de tous côtés, brisés, transformés suivant les besoins et complètement perdus pour Tarchéologie. Il ne reste aujourd'hui de ce somptueux édifice qu'un immense squelette décharné; et les touristes modernes, captivés par les séductions de toute sorte que leur offrent les délicieuses villas échelonnées sur la côte, se doutent à peine que la ruine perdue dans les nuages qui domine les jardins de Monte-Carlo a été l'un des grands monuments historiques de l'époque impériale, la consécration solennelle de la puissance romaine sur le sol de la Gaule, le lémoignage de l'asservissement des quarante-cinq peuplades ligures de la région des Alpes, et que ce monument était destiné à perpétuer à travers les siècles, avec l'image sacrée d'Auguste, la gloire de ses armes et l'éclat de soa nom.
Le sol de la Turbie rappelle des souvenirs bien autrement éloignés que ceux de la période romaine; et nous avons déjà eu l'occasion de dire que la route, qui passait sur la crête qui joint le Mont Agcl â la Tête de Chien, et aboutissait, sur la rive droite du Var, à l'ancienne capitale
MENTON, LA TtlHBlE, MONACO. Sog
des Vedianlii, — Vence, — était la plus ancienne communication entre la Gaule et Tltalie,
La légende d'Hercule, forçant le passage des Alpes .dans le pays des Liguriens et gravissant les sommets escarpés de la chaîne qui domine la mer, se concilie irès-bien avec les ruines de murs informes que l'on voit au Mont Agel. Or Hercule n'est pas un dieu d'origine grecque, et l'Héraclès hetlénique n'est qu'une altération, une sorte de copie adoucie du terrible Melkarth de l'Orient; mais, comme le fait ingénieusement remarquer M. Ernest Desjardins, le nom même du dieu n'avait presque pas varié en passant par la bouche des enfants de l'Ionie. Les mots, en effet, se lisent de droite à gauche en phénicien, au lieu de se lire de gauche à droite comme les mois grecs et ceux de toutes les langues occidentales et modernes; et, si l'on observe que le M et le £ ne sont, comme dessin, qu'un même signe placé dans une direction différente, on voit que le Melkarth de la Phénicie, dont le nom est MEakaph, devait se lire en grec |ii)PAAEM ou (HlPAKAHi: (i).
On peut donc très-bien identifier le nom du dieu tyrien avec celui du héros de la Grèce; l'un n'csl que l'anagramme de l'autre.
Aussi, malgré l'impossibilité de rien dire de précis et d'historique se rapportant à ces temps sans histoire qui remontent au delà du sixième
ri) E' Deuaiioih«, Gaule t-omaiw, l. Il, ch. ir, i, 4
3IO CHAPITRE DIXIKUK.
siècle avant notre ère, on doit considérer comme un fait absolument acquis à la science que les navigateurs de Tyr et de Carthage, personnifiés dans leur Melkarth, ont occupé la côte ligurienne bien avant Tarrivëe des Phocéens; et partout oti l'on a retrouvé dans la suite une mention géographique portant le nom de l'Héraclès hellénique, on a la preuve indiscutable de Tîntroduclion de Télément grec dans un pays déjà colonisé par les Phocéens.
Ce contact gréco-phénicien est suitout manifeste sur la côte de Monaco. Le nom seul du pays, Monaco, rappelle le Melkanh tyrien, le « Dieu seul », le k Dieu fort et sans rivaux » qui ne souffrait, dit M. Renan, ni émules, ni voisins (Monoïcos, Mdvo; oUb>, seul dans la maison), et dont le culte exclusif n'était associé dans son temple à celui d'aucune autre divinité.
Plolémée mentionne sur ce rivage deux pons d'Hercule, l'un dans la rade de Vtllefranche, l'autre dans le petit havre de Monaco (i); et, bien qu'on ait cherché quelquefois à soutenir que le géographe grec du second siècle avait distingué à tort « le port d'Hercule du port
ii)norùï.Niita<a a»" n — 4:!° i'
it>i(™; )ii»r,i 28° i5' — 41* 4,3'
aia IeSootipv 38° 3 0' — 41* 3t>'
Ixûu ),i[ir,ii 18*40' — 4a* 40'
(Ptol., Géogr.,ni 1.)
MtKTON, L* TtiRBrE, MONACO.
Monœcus ( i ], » il est certain que ces deux centres maritimes, intentionnellement séparés dans la table ptoléméenne par les trophées d'Auguste, étaient parfaitement distincts l'un de l'autre. Leurs longitudes et leurs latitudes sont données avec une très-grande précision; et ces indications géographiques permettent d'affirmer quece n'était pas seulement le petit rocher de Monaco que fréquentaient les navigateurs orientaux, maïs que toute la côte, depuis Nice jusqu'à Vintimille, était bien héracléenne, c'est-à-dire, on ne saurait trop le répéter, tyrienne et phénicienne.
La région montagneuse l'était aussi; car on ne saurait autrement interpréter la grande légende du passage des Alpes par le dieu voyageur et conquérant, non plus que la construction de la forteresse inexpugnable et de la route en corniche mentionnées par Silius Italicus, sur les crêtes perdues dans les nuages qui dominent la mer.
Les expressions un peu hyperboliques arces nexperlas, colles Herculei, nebulosa saxa{:i), ndiqueni des escarpements sauvages â peu prés naccessibles; et, quelle que soit la tolérance que Ton puisse avoir pwur les poètes, elles ne pour-
(i) D'Anvillc, Notice de la Gaule.
(i) Herculei poato cxpere exiitere toiles Et nebulosa jugis aiiollere saxa Moneeci.
(Sii,. IrjL., I, V. 3(38,)
5 12 CH.VPITRK DIXIEME.
raient s^appliquer sans une exagération tout à b\l ridicule au gracieux rocher de Monaco, qui s'élève à peine de cent mètres au-dessus du niveau de la mer^ dans une moite atmosphère d'une pureté inaltérable. La description de Silius Italiens était donc exacte surtout pour les navigateurs qui , en s'approchant de la terre , embrassaient d'un seul coup dœil Tensemble du massit des Alpes^ et pour qui la Turbie et le Mont Agel semblaient se confondre avec les sommets de la chaîne presque toujours couverts de neige et enveloppés de brouillards (i).
Le culte de Melkarth n'était pas le seul que les vaisseaux de Tyr apportèrent sur les rivages occidentaux de la Méditerranée. L'impudique Astarté, la déesse de Tamour violent et terrible, avait aussi son temple dans tous les ports de la côte; et, de même que THercule hellénique n a été qu'une sorte de métamorphose du Melkarth tyrien, l'élégante Aphrodite, dont on retrouve le sanauaire dans tous les établissements maritimes des fils de Tlonie à côté de celui de Jbiane d'Éphèse, n'est elle-même qu'une transformation
i} Carlone, Ktude sur tes premiers temps historiques des Alpes-Maritimes. [Congr, scient, de France, 35» session. Nice, 1867.)
i. TORBIC, MONACO. 5l3
adoucie et poétisée de la grande Mère Phrygienne.
Les temples ont disparu du territoire de Monaco, et l'imagination peut se donner libre carrière pour reconstituer la physionomie de cette côte gréco-phénicienne. Il est cependant assez rationnel de placer le temple du héros des légendes antiques, du demi-dieu des voyages hardis et des grandes entreprises, sur ce sol même de la Turbie où il était, de la part des voyageurs qui affrontaient les dangers de la rouie héracléenne, l'objet d'une vénération particulière. On est aussi trèsnaturellement conduit à rétablir par la pensée le temple de PAstarté phrygienne ou de l'Aphrodite grecque sur la terrasse ensoleillée de Monaco, qui se découpe gracieusement en mer comme Gibraltar, Tancienne Calpé phénicienne des Colonnes d'Hercule.
Ce roc d'ailleurs, déiaché en presqu'île, semble ne pas appartenir à l'Occideni et parait être un fragment échappé de l'archipel des Cyclades. Estire dès lors aller trop loin que de se représenter tous les promonioires de cette côie fortunée couverts de leurs petits bois sacrés à l'ombre desquels les ménades à demi nues, emportées par le délire bachique, se livraient dans le mystère de la nuit à rivresse de leurs danses voluptueuses et, le corps agité de tremblements convulsifs, s'abandonnaient à tous les emportements de l'orgie sacrée? Ne semble-t-il pas que l'on voit encore le Ilot des pèlerins et des dévois gravir les sentiers
ZIll -JIxTJ^
i ^ ziiBE-iinini ikt
SffHifmi-*: cHîT 112 mnns r^ris ir noi:
^2; lin ITT^aET^S
- Jt .1^^
s jtiiir— m bleuir' *!r iir ^ms ust^^sljjsizzi. zstczc
ji nus 2x JTTrfTTTffTr ut jx rûriTinf iesse icctie «ïLt-Triirme iiL leii ies iûccj"- L^s friiej ^r j£5 mûiTTtg ie TTïi! .:r± barrir se n«nt-^.r-"r*^ —
ib "T^ûs^. iô *ûiii£s -ruri-s. i"^T.gf^ s»z:ï:is,
i!t ncrcLint ~ i — — .^v^ •"tf< 13: Cf^ eu. » .^il^rLiirs : :
•irj±^".i"e-r- i i .1^: ±^ • idsiirl^ii»!^: rej. x rii^
2 "^v^t z:^ Itn zrtz * i£ri:i.;:ili.î»ij: I^-rr£z:i
^4^ zt^t:^iL':i
,~ -"^ "—'^ cet TiSo^ *.""" - — - i
w^ m». l'aies îhiiz-iss- Oîitî mer d*2— niî*^* ^^
î-mte 5.:.-:: r:tn :e ca^re naurei dans ieqiii* on îimr a plsjrr It îe.T.rle ic I2 déesse ardente, féconde e: j'^ns-olatrice de ::/Us les n^.aiix. A plus de vingt siècles de dis'^nce on y seni encore renaître l'ancienne religion du plaisir ci de la
MENTON, L* TURBIK, MONACO. 5l3
beauté et couler à flots toute la sève lie k vie sensuelle et païenne,
Oii Vénus Astarle, lille de l'onilc amère, Secouait, vierge encor, les larmes de sa mire, El fécondai! le monde en lordant ses cheveux,
Le séduisant petit royaume de Monaco a conservé, malgré ses transformations modernes, toute la grâce de ces temps mythologiques. Le port, que Strabon regardait déjà de son temps comme médiocre et capable de recevoir seulement tin pciit nombre de navires de moyen tonnage, n'a aucune importance et n'est autre chose qu'une peiite rade foraine ouverte aux vents de mer (ij. Mais l'ensemble formé par le rocher sur lequel est posé l'ancien château des Grimaldi, la petite anse bordée de villas et le casino éblouissant de lumières et de fleurs qui couronne le promontoire de Monte-Carlo forment le plus admirable décor de théâtre qu'il soit possible d'imaginer; et la rampe de cette scène féerique est éclairée par un splcndidc soleil d'Orient. La mer vient battre le pied de la falaise, et son écume semble nourrir les plantes grimpantes qui se glissent dans toutes les fentes des rochers. L'énorme remtiait calcaire
^^ CHAPITRE DIXiblE.
-^-.-v rar le soleil a pris, de dislance en di>mror. ^ couleur rouge de la braise. De vigou- ,-.i\ lîocs étalent le long de ces parois brûlantes 3u^t:< raquettes lourdes et épineuses; et ce magni- ^•us soubassement de rochers sert de support à jes iardins et à des vergers où les végétaux de il dore tropicale se mêlent aux citronniers, aux ^•rtngers, à la vigne, à Tolivier, à tous les arbres Je la région méditerranéenne. Tout est vert, tout est en fleur; la nature sourit dans une fête perpétuelle, et la mauvaise saison n^a jamais de prise sur ce printemps éternel.
L*État-miniature de Monaco n'a que trois kilomètres de longueur sur une largeur qui varie de un kilomètre à cent cinquante mètres. Il existe, comme on le voit, beaucoup de propriétés en Angleterre, en Italie et même en France, où le sol cependant est très-morcclé, qui ont une superficie beaucoup plus grande que celle de ce petit royaume.
Le rocher-capitale n'est qu'un ramassis de maisons assez vulgaires au milieu desquelles se dresse, en vue de la mer, le château féodal des Grimaldi. Le prince régnant , quoiqu'il puisse se considérer comme l'héritier du domaine d'Hercule, le ce dieu fort par excellence », est en réalité le plus faible souverain du monde; mais c'est un gentilhomme déplus vieille maison que bien des rois puissants de notre époque; car il descend de cette illustre lamille de la république de Gènes dont les mem-
MKNTON, LA TOBBlt, MONACO. Siy
bres furent, pendani plusieurs siècles, les défenseurs héroïques de noire Provence et les inâtigables adversaires des Sarrasins.
La principautéde Monaco n'est, au demeurant, qu'un fîef indépendant. Les grandes puissances européennes se sont entendues pour reconnaître cette nationalité un peu lictivc et ont neutralisé cet heureux coin de terre qui est devenu un jardin d'hiver cosmopolite, un véritable espalier de Heurs et de fruits de tous les pays, et qui se réduit en somme à une étincelante façade qui regarde la mer.
Le palais du prince, Monte-Carlo, toutes les villas de la côte sont échelonnés sur ce plan incliné, précédés de leurs perrons de marbre, entourés de massifs de roses, de haies de géraniums, de bouquets de cactus qui scintillent au soleil comme des pierreries sur une chasuble. Le pays semble être une exposition florale permanente et ne peut mieux être comparé qu'à une immense serre sans vitrage où les arbres et les fleurs, vivifiés par Pair et la lumière, ont atteint le plus magnifique épanouissement. A certaines heures du jour et de la nuit, on se croirait transporté dans un de ces jardins enchantés dont parlent les poètes, ou sur le seuil d'un de ce» palais de la Renaissance, au milieu du bruit de leurs fêtes et dans tout l'éclat de leurs splendeurs.
i £ ïm. m "^ 33:.3=r3:. * Tîfrr sx x ïar x.
«. — F~; ai; I 21 Trr»TT-^ .a. --=TT''""'^ Ht '^"'
Jî dr:^ airia^ 2: ^ ^^"-^ — afin -=-t»— =-ht i^^
Ê.naî T^-rt— î»^-T-*
MENTON, LA TURI
Srg
finances de rÉtat, la fortune du souverain et le bien-éire de son peuple.
Par une singuliâre anomalie, les liabilanis du pays sonr les seuls qui ne payent aucune taxe, aucune redevance, aucun impôl direct ou indirect. Les vrais contribuables de Monaco sont les étrangers, qui seraient les premiers à réclamer si on leur interdisait la faculté de venir périodiquement verser leur or sur les tapis verts de Monte- Carlo. Le casino est en réalité la caisse centrale de la Trésorerie de ce bienheureux petit peuple. La contribution est volontaire; le recouvrement facile, immédiat, assuré; et la prospérité du royaume monégasque se trouve ainsi hypothéquée de la maniûrc la plus solide sur Texploitation înlelligenic de la passion du jeu, au développement de laquelle on donne les facilités les plus grandes, et que Ton surexcite par les raffînements les plus exquis.
L'ancien royaume d'Hercule est devenu une opulente maison de jeu. La peau de lîon et la massue du fils de Jupiter sont remplacées par l'habit noir et le râteau du croupier.
Comme beaucoup de villes Uitorales de la Ligurie, Monaco jouit d'un climat tempéré el presque constant qui pourrait le faire rechercher par tous ceux qui désirent luir les rigueurs de
TnîIiiTîT roc Tul ^inijCig aiiuiiri!
aigiic^ us iigTiiiC y ij iiliui. es
ic fa
SIC axm:
XTL yzûsL xixr a iêc
-H*i.^rtt'.i:^2:;
r J2? 'rrrr.sii^j*^
lar: Ji TTLTTCtt,
rcr-irsLcn: iur rcs cnes zpgc •gmzieg — ^tfs>. ic sxcTTir",tf^ iTài-s^ ç-M r'isc pfcj inrcssibie ie voir
jc vc^ssLucsw jti rcDir^t inertie ce l 'isacrrîr, t^ r^r ^xîccaz:: .liSLi^irs 5£i;:l£s k prck^nninic de rezLrîTTî rcci^lz : ec T jc -'a qu a ^iier ks ruines fritrfcZîCggs oes rberzias ec ies inpiiiibcâtres pour r^arccirktirrs ^t^sc ^ctk ia:eili*reace pratique et .:,vùk — -»^— Ttv-y^-y oc rro^aziice avait ête
rempli. L'abandonner à lui-même, sans appui, sans protection, le laisser maître inconscient de ses destinées, se désintéresser de ses souftances et de ses légitimes aspirations , tel a été trop souvent celui des gouvernements modernes. Les deux systèmes sont également mauvais et en contradiction formelle avec les grandes lois de la solidarité humaine. Pour nous surtout, spiritualistes et chrétiens, qui nous faisons une gloire de prêcher la charité, de cultiver notre intelligence et de travailler sans relâche au perfectionnement de noire être matériel et moral, nous devons considérer comme un devoir rigoureux de protéger, d'instruire et de relever tous ces déshérités qui forment la masse laborieuse et productive de nos sociétés surmenées par le travail et rindustrie.
Il existe, sur notre terre française, une région privilégiée dont la spéculation privée a fait jusqu'à présent un domaine pour ainsi dire réservé ^^1 à un très-petit nombre d'heureux de ce monde ^^fl et presque exclusivement aux riches étrangers. Il ^^M est désirable, il est même juste que cette terre et ^^M ce soleil soient un jour accessibles sinon â tous, ^^H du moins à un plus grand nombre de nos na- ^^M tionaux. La création de vastes établissements ^^M publics, d'hospices, de maisons d'école et de colo- ^^H nies sanitaires permettra peui-étre d'atteindre ^^^| ce but. Tel doit être le rôle bienfaisant qu'est ^^^| appelé à remplir, dans un temps plus ou moins ^^H
PIECES JUSTIFICATIVES
tOUJLLES DE TAUROENTUM tl)'
La plus grande partie des objets exhumés il plusieurs reprises du sol sur lequL-l reposait l'ancienne ville de Taorqentum ont été successivement détruits par les paysans, vendus sans discernement à des intermédiaires , sont devenus ta propriété d'un nombre considérable de personnes indifTércntcs ou sans la moindre notion archéologique, ont passé de collections en collections particulières, sans laisser le plus
|i| Lt ptiicote noie ea eo qaelqut sorte le itiami des fouMt» aitbéologiiiun ei<!cutiii» sur k pUgc de TjiuroentaiD p»r Marin, Tliibaudnu. Mîllia. Migl. Cirmud, tic, au caminencemciit de ce iliclc et 1 la lin du dernier. Aucune re:hereJie aerieiat n*i Ui bile depuis plut de cinquanieani; le plao d» ruines dreo^ parle gik>mitn MatberoQ dale aasu de près d'nn deml-sitcle. On ne «lunit aani doole accepter sans beaucoup de réserves tes comnteatairet. iea interprëtalioiia et la lecture d'ÏDscripCioQs aujourd'hui perdues, proposés par ces' srahéologun. Il t ■ en certaitiEnient beauconp d'être un que Vtui de la acience arcMologique * l'époque où ils écrivaient •uflîi pour mpliquer. Toutefois ou peut aCËrmer que la partie deicripUve et en quelque sorte matérielle de leurs travaux est ibsolonienl ïtaic. Le plan des ruines de Tauroentum a été relevé sur les lieux niimo: aucun objet, lucun débri* n'a été décrit sajis a\i»rélé VU. C'est là nue précieuse Raranlîe d'exactitude; et, si ces travaux
ucroii tiilve. mais loujoura Adèle, 3l=..us sur plac.-.
tics-iétieui d'ftte l'ciprci
PIÈCES JDSTlFrCATrVES. 523
galeries, lie portiques et de plus lie soixante pièces contiguËs.
6" Une necropolis ou clmetiCre.
7" Plusieurs sarcophages.
8" Un cnlumbarium.
0° Les ruines d'un temple extérieur à l'enceinte delà ville.
Presque tous les matériaux de gros appareil de ces monuments ont été hrîsés par les habitants, et convertis en moellons pour des constructions modernes sur le littoral.
Trois inscriptions seulement ont été trouvées sur
!a plage de Tauroentum.
1" L'inscription du tombeau de Quïnctîanus :
gravée sur une plinthe en marbre, et que nous avons
rappelée page io6.
3" Une inscription tumulaire intacte, consacrée il la tendresse conjugale :
( L'inscription est en caractères de la belle époque : marbre d'un blanc jaunâtre, di; o",27 sur o^.ii.)
3° Une inscription, probablement tumulaire, incomplète :
iractères sont antérieurs au siècle d'Auguste, tile de chercher une rc!itauration, le marbre
PIÈCES Jl-STlFrCATIVRS.
ne peut lire que le commencement des
Parmi Ic$ Uebris d'ubjets de toute nature ti dans U'^ ^>uil1o$, nous citerons :
I- liii' tôto d».- rti'.iiin.- en marbro, qui paraît avoir aj'^pjricnu Ck une statue de ■■,3o : cheveux tressa et se|\)ré* au milieu du tVont, prunelles creuses, ce i^ui semble iiidiijucr une époque antérieure au rigne d'HjJrien.
ï* les pieds, les jambes et un bras d'une petite Matuetie en marbre de o*,(io. La panthère qui se tn>uve aux pied» et la coupe que tient la main permettent de conjecturer que c'est une représentation J,' IVi>:.-hiis,
.■" lu pL-ùl busu-de Mors, o",ir.
4" lue liiiiire en terre cuite, deo"", lO, rappelant, par U Jcli^-aiL-ssc. los du-li^-icuses lij;urines de Tanapra. Kemmc nue par devant, les lipaules il demi Ciiuv^rtes duLi manteau quelle cherche à ramener sur elle.
i° l'ne tète d"hommi.' sculptée sur pierre, de i".3o de hauteur : cheveux bouclés, front ceint d'une bandelette, prunelles des yeux creuses. I.e type rappelle celui des médailles gauloises.
(i° l'n IVaiîmcnt de bas-relief en marbre blanc. On ignore le sujet représenté; on voit encore une corbeille, des fruits et un chien.
7° In fragmeni de stèle en marbre blanc, représentant une ligure drapée, debout, dans l'altitude du sacrilicc, tenant de la main droite un fruit ou un gâteau, et appuyant la gauche sur la hanche; derrière le personnage, on voit un disque qui paraît être un bouclier.
8" Une frise en marbre; sculptures représentant des guirlandes de laurier.
PfKCES JUSTIFFCATIVES, 52"
9° Des marbres de toutes les couleurs pour pavés, revêtements de murs, socles de statues. On trouve Uans ces Ucbris presque toutes les variciÉs des plus marbres antiques.
Oifférenis tronçons de colonnes en marbre liane, en marbre gris, avec ou sans cannelures; IWutres en pierre froide, en granit noir.
Des chapiteaux, en général d'ordre corinthien, ù feuilles d'acanthe, profondément refouillées suivant les meilleurs exemples de la sculpture grecque.
Des tronçons de colonne antique, provenant trÈsvraiiem blâment des ruines de TauroL-ntum, ornent ditTérentes églises et châteaux des environs de la plage des Lèqucs; telles sont, entre autres, les colonnes en pierre froide qui supportent le bénitier ot la cuve des foni^ baptismaux de l'église de Saînt- Cyr, les colonnes de marbre grossier qui décorent l'autel de la chapelle de Notre-Dame de Grâce à la Ciotat, etc.; celle en granit qui orne la fontaine du chiiteau de Nartelle, prés la Cadière.
1 1° Une meule â bras, mola Irusalilis. i laquelle on attelait les esclaves pour moudre le blé et le réduire en farine.
12° Une tessSre en cuivre, forme carrée, sur laquelle est grave un navire de charge, navis oneraria . du genre de ceuï que les anciens appelaient corbîta.
1 3° Une autre tessère en cuivre, du genre de celles qu'on appelait fessera hospilalis , sur laquelle on distJnffue dans un cartouche circulaire dcuiî Kgures casquées et ornées d'une lance.
14" Une très-grande quantité de lampes sépulcrales, de lacrymatoires, d'urnes, d'amphores, de poteries plus communes. Ces objets sont presque tous brisés. Plusieurs de ces lampes sépulcrales ont été cependant retrouvées dans un état parfait de conservation. Quelques-unes sont s;