‹ La Providence et la guerreChapitre 14 sur 83 · Michelet, Histoire de France. Préface de · texte numérisé non relu

Michelet, Histoire de France. Préface de

rien ; niais ce n'est pas une raison de nieltre en doute les faits établis et d'en négliger les conséquences. On ne sait rien de la façon dont Tidée, dans le vivant, déclenche les actes, ou Ton sait tout juste qu'elle actionne dans le cerveau les cellules nerveuses qui tiennent sous leur dépendance l'acte voulu ; comment l'idée opère-t-elle ce choix parmi les millions de cellules, et comment l'immatériel peut-il agir sur la matière? On n'en sait rien. Gela n'empêche pas de savoir que l'idée agit et fait agir. Un raisonnement très simple nous montre que l'espace réel ne peut pas être infini ' ; mais l'imagination n'arrive pas à se représenter une limite au delà de laquelle il n'y a plus d'espace. Et ainsi de tant d'autres faits qui baignent dans le mystère. En deux mots, nous savons quelque chose, mais nous ne savons pas tout. Nous ne savons même le tout de rien. Et il n'est donc pas étonnant qu'au delà de ce que nous savons se trouvent des choses que nous savons mal ou que nous ne savons pas. La lumière de notre raison n'étant pas infinie, s'arrête quelque part, pour faire place à la pénombre ou à l'obscurité ; mais en avouant, là où plane l'ombre, que nous ne voyons pas clair, ne fermons pas les yeux là où la lumière brille.

« C'est pourquoi, dit Bossuet", la première

1. Supposons qu'il soit infini : la moitié de cette étendue le serait-elle encore ? Si oui, il y aurait donc des infinis de même ordre plus grands les uns que les autres ; si non, deux moitiés finies feraient donc un tout infini : conséquences inadmissibles, montrant que Ihypothèse est fausse.

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