‹ La Providence et la guerreChapitre 22 sur 83 · Elisabeth de la Trinité, 496, 2do · texte numérisé non relu

Elisabeth de la Trinité, 496, 2do

ont à peine eu le temps d'échanger leur voile nuptial contre leur voile de deuil; combien de héros mutilés en face de leurs infirmités et des sacrifices perpétuels qu'elles représentent; combien de chrétiens ou de chrétiennes brovés par la vie, s'en vont ioyeusement, dans la lumière, le regard en haut, rame droite, le cœur plein de la grande espérance ! Ils souffrent de souffrir. Le Sauveur les avait prévenus : « Le monde s'amusera et vous souffrirez; mais votre souffrance se changera bientôt en allégri^sseV » Et rien qu'à l'espérer, cette allégresse irradie déjà leur douleur.

Quand on oppose le malheur des justes à la prospérité des pécheurs, on parle donc trop vite. Les faits n'obéissent pas à cette démarcation catégorique. Les comptes exacts devraient être établis, même du point de vue de ce monde, par prohts et p..rtes. Les pécheurs, avec les joies du péché, en assument les risques; les justes, avec lesrr^ques de la vertu, en recueillent les joies. Et si Ion voulait faire la balance, le nombre serait grand des pécheurs déclarés en faillite. Si Ton dénombrait au contraire ceux qui se sentent et se disent habituellement heureux, contents de leur sort, on ne trouverait guère que les saints ^

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