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2. Nous ne voulons point dire par là q^e'e bonheur de a vie .nk touiours rigoureusement proportionne a la NCitu. m que e émorna^e de la conscience suflise jamais à payer au juste prix h vPr'lS ou le vice : nous avons dit et prouvé le contraire dan. nolrSaZ'alisme devant la science. Paris, Librairie académique, 19H, ch. VIII.
Tels sont les faits.
Dans la genèse de ces faits, dans la distribution des biens et des maux de ce monde aux justes et aux pécheurs, quel est le rôle de la Providence ?
Il suffît pour répondre, d'appliquer les principes établis dans le chapitre précédent.
Et d'abord nous savons que la Providence laisse agir habituellement les causes secondes. Si elles agissen;t, elles produisent leurs efiets ; pour les produire, elles n'obéissent qu'à leurs lois, et non pas au souci de punir le vice ou de récompenser la vertu. Ce n'est pas leur métier. La pièce d'or ne se change pas en braise dans la main du malhonnête homme ; et les éclats d'obus sur le champ de bataille ne modifient pas leur trajectoire pour épargner les honnêtes gens. Les causes mécaniques ne connaissent ni les honnêtes gens ni les autres ; elles ne savent rien de la morale et ne choisissent pas. Si les justes en pâtissent comme les pécheurs, si les pécheurs en profitent comme les justes, c'est qu'ils sont hommes, c'est-à-dire munis, les uns et les autres, d'un corps qui subit les contre-coups de la matière, et d'un esprit qui peut saisir les lois des phénomènes et en faire jouer le déclic.
Il est vrai que la liberté des hommes, elle aussi, fait partie des causes secondes, qu'elle choisit et doit se préoccuper de la morale. Oui, mais nous savons qu'elle peut la violer et nous faire souffrir.
DISTRIBUTION PROVIDENTIELLE DES BIF.NS, f-TC. 7o
Et nous en souffrons, nous sommes exposés à la malveillance, à la calomnie, à l'injustice, au vol, au meurtre, comme aux frimas, aux accidents, aux maladies, à la mort, non pas parce que nous sommes des justes ou des pécheurs, mais, ici encore, parce que nous sommes des hommes. ç( Tout homme en qualité d'homme est sujet à tous les malheurs de l'humanité \ »
Mais voilà précisément ce qui scandalise. On se demande « pourquoi, dans l'ordre temporel, le juste n'est pas exem^pt des maux qui peuvent affliger le coupable ; et pourquoi le méchant n'est pas privé des biens dont le juste peut jouir » ^
J. de Maistre, qui se fait l'objection, la réfute d'un mot en disant que « le simple énoncé en démontre l'absurdité ».
Et de fait, on n'arrive même pas à imaginer ce que serait un monde où nul bien ne pourrait échoir aux pécheurs. Ils ne pourraient donc même pas manger et dormir : Que dis-je ? La vie déjà est un bien, et les pécheurs devraient commencer par ne pas vivre; tandis que les justes, s'il fallait en écarter tous les maux de ce monde, ne devraient pas mourir; et non seulement eux. mais leurs proches et amis devraient être immortels, pour qu'ils n'aient pas à les pleurer. Et si ces amis étaient des pécheurs, ils devraient donc à la fois mourir parce que pécheurs, et ne pas mourir parce que les amis de quelque juste.
1. Joseph de Maistre, Soirées de Saint-Pétersbourg. Edit. Garnier, 24 sq.