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L'HYPOTHESE D AUTRES HUMANITÉS

Après cela, nous pourrions négliger Tobjection, même si l'Eglise nous enseignait que seule la Terre porte des hommes.

Mais elle ne l'enseigne pas.

De tout temps, on a vu des chrétiens, des théologiens, des Pères de l'Eglise admettre tout à leur aise, sans aucun trouble dans leur foi et sans aucune protestation de l'autorité ecclésiastique, l'habitabilité des astres. On cite parmi eux, dans les premiers siècles, Théodore, Théophylacte, Origène et surtout les plus grands : saint Jérôme, saint Chrysostome, saint Basile, saint Ambroise, saint Augustin*. A peine Gahlée avait-il ouvert sur l'astronomiedes horizons nouveaux, que le P. Kircher, un Jésuite enseignant à Rome, sous Tceil du Pape, ne craignait pas d'exposer la même hypothèse-.

1. Nous rafOrmons en hésitant et sui' la loi Jes auteurs. Nous navons pas réussi, malgré un certain nombre de recherches, à le vérifier, sauf pour Origène et probablement pour saint Augustin. Etant donnés les systèmes astronomiques en faveur chez les anciens, la question ne pouvait guère se poser sous la forme précise que nous discutons. 11 s'agissait surtout pour eux de savoir si les astres étaient animés; et c'est sur cette question qu'ils se divisaient en deux camps. Mais ils auraient dû, sur cette question, être unanimes pourlanégative si véritablement, comme le prétendent nos adversaires. l'Eglise est opposée à l'existence de tout être intelligent en dehors des catégories que mentionne l'Ecriture. Or, saint Thomas d'Aquin, après avoir rappelé que les Pères, pas plus que les philosophes, ne s'entendent à cet égard, conclut le débat par ces mots : Quant à moi. je dis, avec saint .-Vugustin, que cela n'a rien à voir avec la foi, que ce soit ainsi ou autrement » {Quodlibetum Xll, q. VI, a. 8).

2, D'après Cauly, Apologétique chrétienne. Paris, Poussielgue, 7« édit., 1904, p. 215. — Athanase Kircher, savant de très grand

Plus près de nous, ses défenseurs ne so comptent plus : Joseph de Maistre \ le P. Secchi, un Jésuite, directeur de TObservatoire du Vatican sous le Pontificat de Pie IX. Mgr Bougaud^ Tabbé Moigno% l'abbé Boiteux \. Tabbé Cauly% le P.Monsabré, dans ses Conférences à Nolre-Dame% et tant d'autres encore qui sont des théologiens ou des chrétiens de bon aloi. On en trouverait d'autres, non moins respectables, qui repoussent cette opinion. Ce qui veut dire que sur ce point, l'Eglise n'a pas pris position et qu'elle laisse à ses enfants toute liberté.

A ceux qui prétendent le contraire, à ceux qui nous disent : « Non, vous n'êtes pas lil)res ! Votre Eglise vous impose de nier », il nous suffit de répondre : Vous la connaissez donc mieux que les théologiens? C'est possible ; mais faites la preuve. Oii, quand, comment, par quel dogme, dans quel texte, l'Eglise a-t-elle dit cela ? Elle n'a pas l'ha-

mérite et à qui on doit avec des travaux importants, beaucoup d'inventions ingénieuses (par exemple, la lanterne magifiue et la première machine à écrire), a vécu de 1601 à 1680. 11 fut donc le contemporain de Galilée, lo64-1642.

1. Dans ses Eclaircissements sur les sacrifices. Œuvres, Lyon. Pélagaud, tome VII, 1872, p. 393-398.

2. Dans Le Christianisme et les temps présents. Paris, Foussielgue, 2« édit., 1878, tome III, p. 141-147.

3. Dans Les splendeurs de la foi. Paris, Blériot, 3« édit , 1883, tome II. p. 402-406.

4. Jules Boiteux, Lettres à un matérialiste. Paris, Pion, 2«édit., 1891. Voir, par exemple 527 à 537.

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