‹ La Providence et la guerreChapitre 39 sur 83 · Pour ne parler que de la part de l'homme. Dieu a aussi la · texte numérisé non relu

Pour ne parler que de la part de l'homme. Dieu a aussi la

sienne, mais qui ne lait jamais défaut.

2, Voyez saint Thomas, I, q. JOS, a. 8,

l'hypothèse d'autres humanités 153

A chacun selon son mérite : Telle est la conclu sion qui dubrouille tout et met tout en place. Quelque divers que soient les hommes par les pla nbtes qu'ils habitent et par la vie qui leur est faite, par leur corps et par leur âme, par leur ;iature et par leur surnature, ils passent tous en définitive sons la même toise pour y prendre la mesure de leur mérite. Et quand sur le drame de la vie, la toile tombe in perpétuas œternitates, séparant cette vie brève des éternités sans fin. justitia et pax oscuiatœ siifit.VdiCCOTd éclate, du côté de Dieu entre la justice et Tamour ; pendant que, du côté de l'homme, tout se règle en fonction de sa liberté.

Nous ne sommes pas à plaindre, puisque c'est à nous de marquer, aussi haut que nous Taurons voulu, notre place définitive dans l'aristocratie de la création.

Ah ! ils faisaient de rudes guerres, les soldats de Napoléon F""; mais ils étaient contents de leur sort et ils en étaient fiers. Ils voyaient de temps à autre passer dans leurs rangs comme Tun d'entre eux, la main enfoncée sous la même capote grise, l'homme terrible dont Fépée faisait trembler le monde. Eux, le sentaient si près qu'ils le regardaient presque comme un camarade; et ils osaient l'appeler, lui, le grand empereur, « le petit caporal ».

Mais c'était le chef aussi, le chef sûr et invincible, et ils le savaient bien ; et pour le suivre, ils semblaient trouver, ces hommes quelconques, des muscles de fer et des cœurs de héros. Et ils allaient par les défilés des Alpes", par les sables brûlants

i^j'^ LA PUUVlDEiNCE ET LA GUIJIRE

d'Egypte, par les neiges de Russie; ils manquaient de tout, ils soufïraient, ils mouraient: mais les survivants allaient toujours. Le petit caporal leur jetait en passant des paroles de flamme : « Je suis content de vous... Les siècles vous contemplent... Vous êtes des braves... » Et les soldats partaient joyeux pour de nouvelles batailles, regardant passer dans leurs rêves des visions de gloire : le bâton de maréchal peut-être, ou bien, qui sait? le titre de duc ou de prince. Les plus fiers rêvaientdun trône. — Et cette épopée dura vingt ans.

Le roi qui, de sa main puissante, gouverne ce monde et tous les autres mondes à travers Timmensite de l'espace et de la durée, s'est fait simple aussi et affable depuis sa petite crèche jusqu'à son calvaire; il a revêtu notre humanité, il s'est fait l'un de nous, le compagnon de notre vie et de nos luttes, et lui-même nous a dit, par une camaraderie charmante, que nous pouvions l'appeler l'Emmanuel, Dieu avec nous.

Il fait plus : Il nous invite à devenir mieux que ducs ou princes, mais ses frères d'adoption par la grâce, et à nous faire ensuite, à la mesure de notre courage, dans l'aristocratie de son ciel, une place de roi. Et ces ambitions géantes ne sont pas des ambitions de rêve; ces espoirs sont des certitudes; et ces gloires qui nous sont offertes, cette épopée divine doit durer éternellement.

Ah ! soyons contents de notre sort à travers tous les durs chemins de la vie et toutes les batailles de la vertu ; soyons-en fiers et soyons-en dignes.

L HYI'OIHLSK D AUTRES HUMANITÉS 155

L'Eiiiuiaiiuei lesle avec nous, restons avec Lui, jusqu'à la mort fidèles, jusqu'à la mort vaillants. Il suffira que nous puissions Lui dire, au jour de ses justices : « J'ai été un brave, » poui' qu il nous réponde : « Voilà un trône, »

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