Cité par Lo Bon, p. 85 sq
2. Documents diplomatiques, 1914. La rjuerre européenne. Hachette, 1014 (Livre jaune), I, p. 17.
3. Cité par Le Bon, Ens. psyck., p. 73 : « Faut-il que la civilisation élève ses temples sur des montagnes^e cadavres, sur des mers de larmes, sur des râles de morts 1 Oui, elle le doit. Si un peuple a droit de domination, son pouvoir do conquête constitue la plus haute loi morale devant laquelle le va,incu doit s'incliner. Malheur aux vaincus ! »
Quand les chefs commandent, TAUemand ne regarde plus où il passe. Et les 93 intellectuels, dans leur fameux manifeste, enchâsseront cette perle : « Nous n'exerçons aucune cruauté indisciplinée. » La discipline étant sauve, tout va bien! On ne doit pas reprocher à des Allemands d'être cruels quand ils sont de service commandé.
Oui, vraiment, dans l'énorme machine, il n'y a plus d'individus, il n'y a plus qu'un peuple ! Pas même ! Il n'y a plus qu'une machine, des moteurs et des rouages, des rouages dociles et des moteurs tout-puissants.
Et ils appellent cela la liberté \ C'est leur affaire.
Mais c'est ainsi qu'ils veulent nous organiser. « L\\llemagne, s'écrie Ostvvald, veut organiser l'Europe, qui jusqu'ici n'a pas été organisée"". »
Dieu nous préserve de leur organisation !
Elle fait de l'homme un outil, et « jamais le matérialisme le plus outrancier n'a atteint à l'immoralité profonde des doctrines » qui l'inspirent ^
Mais nous pouvons bien avouer que nous gagnerions, nous, à introduire dans notre vie intellectuelle, économique et sociale, quelque chose de cette méthode et de cette prévoyance dont nos ennemis abusent. Et il nous faut bien avouer que
1. Le génie allemand, écrit von Bernhardi, « nous a conduits à lutter pour les biens les plus sublimes de l'humanité et qui peuvent se résumer dans le mot de liberté » (Avenir, p. 20).