William James
En résumé, moindre valeur (f fiommes, rtiuiildre richesse, un rôle humilié dans Te monde, et, à brève échéance, la mort par Fassassinat ou par le suicidé : tel est le sort que réserve à la France la diminution progressive de sa natalité.
De tous les fléaux qui menacent un peuple, c'est le pire de tous et le plus profond.
Tels sont Tés faits. Quelles en sont les causes?
La mortalité est elle plus élevée qu'autrefois V Non, elle baisse ^ — Est-elle plus élevée en France qu'ailleurs? — Non, elle est à peu près la même.
— Est-ce que le nombre des mariag-es diminue ?
— Non, il se maintient ou il augmente^. — La race est-elle stérile ? — Non, voyez cette race au Canada ^
Alors?... S'il faut écarter toutes les causes fatales, le mal signalé, le « mal français », comme les étrangers le nomment, le mal qui condamne la France à la' médiocrité, à la pauvreté prochaine,
1 . Elle a baissé de 20 p. 100 en.viron pendant les onze première^ années du xx" siècle, par comparaison avec la période de ISlb à 1869 (D'après Paul Leroy-Beaulieu. Voir Rev. prat. d'ApoL. 15 mars 1917, p. 755).
2: De 190aà 1912, la nuptialité oscille de 7,8 9. 8 p. 1.000 habitants, ce qui est à peu près la nuptialité dé l'AlIeinagrie. Ce sent des chiffres qui n'ont pas toujours été atteints, et qui furent rarement dépassés depuis 1806 (îbicL, loi).
3. Il y a, hélas 1 une autre preuve qui ne nous oblige pas kregarder si loin : c'est le nombre effroyable des crimes perpétrés pour supprimer les enfants avant leur naissance. Le D^ Lacassagne a cru pouvoir avancer le chiffre de oOO.OO? par an.
à la faiblesse, à la mort, serait-il voulu. — Oui, et personne n'en doute.
Certes, personne en face d'un foyer vide d'enfants, n'a le droit de dire aux époux : « Vous les avez assassinés. » il n'y a pour le savoir que Dieu et leur conscience. Et là où l'on serait tenté de reprocher un crime, il n'y a peut-être qu'une grande douleur.
Mais si en face d'un foyer, nous n'avons rien à dire, en face de cent foyers vides ou presque vides, nous avons le droit de dire : « Il y en a quatrevingts ou quatre-vingt-dix qui l'ont voulu. »
Et pourquoi l'ont-ils voulu?
Il n'est pas toujours facile de débrouiller Técheveau des motifs qui font jouer la liberté humaine; mais ici encore si l'on peut se tromper dans les cas particuliers, les faits mettent en lumière certaines vérités générales.
Il n'est pas vrai qu'en général cette volonté soit inspirée par la misère.
Une statistique officielle établit que, parmi les fonctionnaires, la fécondité des mariages s'abaisse à mesure que le traitement s'élève. Il en va de même pour les arrondissements de Paris : la stérilité augmente avec la richesse. Les arrondissements :
Très pauvres ont 108 enfants par 1 .000 femmes de 15 à 50 ans.
Les pauvres
Les aisés
Les très aisés
Les riches
Les très riches
PROBLÈME DE LA NATALITÉ FRANÇAISE STi
34, là OÙ les pauvres en ont 108 K
A travers la France le même fait se répète, non pas partout, mais assez fréquemment pour réfuter rexcusedelamisère.Lesriantes vaIléesduRhône,de laGaronne et delaSeine,laplautureuse Normandie, voilà où se trouvent les 30 départements noirs qui ont plus de cercueils que de berceaux. Bref, la France riche, voilà en général la France qui meurt.
Il y a des exceptions, nous l'avons dit.
Le Nord et l'Est, quoique riches, ont une natalité forte, comme les régions pauvres de la Bretagne, de la Vendée, des Pays basques, des Landes et des Gévennes. Voilà la France qui vit. Or il se trouve que, riches ou pauvres, ces régions diverses ont ceci de commun qu'elles sont des régions plus chrétiennes '. 11 se trouve que, d'après enquête portant sur 1.200 familles dont 600 catholiques pratiquantes et 600 indifférentes ou hostiles, le premier groupe possède 3.710 enfants ; et le second, 1.706 ^ Il se trouve qu'à New-York, pour mille familles, il y a en moyenne 49.50 enfants chez les catholiques, et 14.05 chez les protestants*. Il se trouve qu'en
1. Il faut cependant noter que les ménages riohes se déplacent beaucoup pendant la saison d'été, et qu'un certain nombre de nai.'îsances doivent être inscrites sur les registres des communes où ils villégiaturent,