‹ La providence et les châtiments de la FranceChapitre 14 sur 36 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La Providence spéciale démontrée par le

fait universel de la Prière.

— Deux objections de M. Jules Simon.

Tous les peuples ont toujours et partout reconnu l'existence d'une Providence spéciale. Il n'est pas jusqu'aux races les plus déshéritées chez qui ne se trouve cette grande croyance fortement empreinte. « Les hordes les plus misérables, les plus abruties, savent qu'il est un monde invisible, et que ce monde est peuplé d'êtres tout-puissants qui décident à leur gré du sort des peuples et des individus. » (De Rougemont, le Peuple primitif, t. 1» p. 62.)

Cette persuasion unanime se manifeste par un fait immense, universel et décisif, qui s'appelle la Prière. L'humanité a toujours prié, c'est-à-dire

qu'elle a toujours affirmé un Être supérieur, capable d'exaucer ses demandes, de lui accorder les bienfaits qu'elle sollicite, et d'intervenir en sa faveur avec puissance, avec liberté, avec condescendance et bonté. De toutes ses forces elle a repoussé toutes les fausses théories d'un monde gouverné par une géométrie aveugle et d'un Dieu rendu impuissant par ses propres décrets. Dans ses douleurs, dans ses angoisses, elle s'écrie :

Non, ne présentez plus à mon cœur agité

Ces immuables lois de la nécessité,

Cette chaîne des corps, des esprits et des mondes...

0 rêves des savants, ô chimères profondes!

Dieu tient en main la chalae et n'est pas enchaîné !

Par son choix bienfaisant tout est déterminé ;

Il est libre, il est juste, il n'est point implacable (1).

Point de religion sans prière, et point de peuple sans religion : ces deux principes et ces deux faits s'élèvent au-dessus de toute contestation. Le premier est par trop évident pour qu'il ne suffise pas

(l) Voltaire, Toëme sur le désastre de Lisbonne. — C'est un des nombreux aveux que la vérité a arrachés à ce fattH génie. >»

de l'énoncer purement et simplement. Le second est attesté par toutes les voix de l'antiquité qui nous disent avec Platon : « Nous voyons les Grecs comme les Barbares, dans le bonheur comme dans le malheur, se prosterner et adorer la divinité, sans que jamais aucun peuple l'ait révoquée en doute. »

Les sciences modernes à leur tour, et spécialement celles qui ont pour objet l'étude de l'homme, telles que la philologie et l'histoire comparée, l'archéologie et l'anthropologie, convergent unanimement vers un résultat identique : la constatation de la foi au divin et du sentiment religieux chez toutes les races humaines; si bien que les savants les plus autorisés de nos jours n'hésitent pas à regarder cette foi religieuse comme une caractéristique, c'est-à-dire comme un des attributs essentiels qui séparent absolument le règne humain du règne animal (1). « La religion est un attribut de règne », voilà un fait scientifique, et. pour le remarquer en passant, ce fait nous édifie pleinement sur la valeur de l'athéisme. Nier Dieu et le sentiment du divin, c'est ni plus ni moins

(I) Voir M. de Quatrefagcs, de V Unité de l'espèce humaine, pt 2t et passtm,

qu'une anomal if profonde, ou, pour mieux dire, une monstruosité; puisque cette négation, produite par un être raisonnable, « efface en lui, en l'atrophiant et en l'oblitérant, un caractère de règne (1). » Les athées vérifient donc à la lettre la parole des saintes Écritures : « L'homme n'a pas compris l'honneur et l'excellence du rang qu'il occupe dans l'ordre de la création ; il s'est ravalé au rang des animaux sans raison et il leur est devenu semblable. » Et de peur qu'on ne nous accuse d'établir ici une assimilation trop injurieuse, nous citerons un autre savant éminent qui n'a pas craint de s'exprimer exactement de la même manière. « S'il y avait jamais eu , dit M. A. Pictet, ou s'il existait encore un peuple entièrement dépourvu de religion, ce serait par suite d'une déchéance exceptionnelle qui équivaudrait à {'animalité (2). »

En vain chercherait-on à infirmer l'autorité de ce témoignage universel, en alléguant les déviations étranges du polythéisme et du fétichisme, ou même, si l'on veut, mille superstitions

(1) A. de Margerie, The'odicée; Études sur Dieu, la Créaiivn et la Providence.

\1) Les Origines Indo- Européennes, t. n, p. 651.

sauvages et atroces. Tout cela démontre bien que l'homme peut altérer une vérité, mais n'en démontre aussi que mieux le hesoin invincible qu'il a d'adorer et d'invoquer une divinité; puisqu'il adresse ses hommages et ses prières à des êtres indignes, plutôt que de ne reconnaître aucune puissance supérieure. Ici, d'ailleurs, la science moderne, dans la personne de ses plus illustres représentants, vient encore constater deux faits d'une importance capitale, à savoir que la croyance à un Dieu unique se trouve au berceau de toutes les races, et qu'elle ne s'est jamais entièrement effacée chez aucun peuple, en dépit des superstitions les plus dégradantes.

« La forme monothéiste, dit J. Giïmm, paraît être la plus ancienne et celle dont l'antiquité dans l'enfance a fait naître le polythéisme.... C'est là ce que nous présentent toutes les mythologies. » Les égyptologues ont récemment trouvé sur les plus anciens monuments laissés par la race la plus superstitieuse qui fut jamais, les traces d'un monothéisme singulièrement pur et merveilleusement formulé. « En Egypte, dit M. de Kougé, le Dieu suprême était nommé le Dieu un, vivant en vérité, celui qui a fait tout ce qui existe, qui a créé les êtres. » M. Pictet, de son côté, résume ainsi ses travaux sur les anciens Aryas : < Mono-

théisme primitif d'un caractère plus ou moins vague, passant graduellement à un polythéisme encore simple, telle paraît avoir été la religion des anciens Aryas (1). »

On voit après cela ce qu'il faut penser de ces prétendues théories historiques qui nous donnent le monothéisme comme une transformation venue bien tard après le règne universel du polythéisme, ou hien comme une conception appartenant exclusivement à la race sémitique, laquelle l'aurait formulée sous l'impression produite par le désert et ses aspects uniformes. Non, ce n'est pas le

(I) M. Naville, après avoir cité ces trois savants, ajoute : « Un de nos compatriotes qui cultive avec autant de modestie que de persévérance l'étude des antiquités religieuses, s'est procuré la plupart des travaux récents publiés sur ces matières en France, en Allemagne et en Angleterre. 11 les a lus, la plume à la main, et a bien voulu compulser à ma demande ses notes longuement amassées. J'y trouve la phrase suivante : « L'impression générale de tous les mythologues actuels est que le monothéisme est à la base de toute mythologie p/ïenne. » (Le Père Céleste, sept discours, par E. Nuville.) — Rien n'eût été plus facile que d'ajouter aux textes cités une foule d'autres encore. Voir en particulier Dieu dans l'histoire, par M. de Bunsen; le Peuple primitif, par M. de Hougemont,..,

désert qui est monothéiste , ainsi que M. Renan l'a un jour affirmé avec son incomparable légèreté ; c'est l'âme humaine dans sa droiture native qui est invinciblement monothéiste.

Écoutons à ce sujet deux auteurs chrétiens, placés l'un et l'autre en face des polythéistes du monde romain, et fort à même par conséquent d'observer de près leurs véritables sentiments spontanés et naturels.

« Nous voyons, dit Lactance, les adorateurs des faux dieux confesser et proclamer le Dieu suprême.... Car dans leurs serments, dans les souhaits qu'ils forment, dans leurs actions de grâces, ce n'est pas à Jupiter ni aux autres dieux qu'ils s'adressent, c'est à Dieu; tant la vérité fait violence à la nature, en jaillissant ainsi de l'unie malgré elle!... Si la terreur de la guerre se fait sentir, si l'on est en proie aux maladies pestilentielles..., c'est a Dieu qu'on a recours, c'est à Dieu qu'on demande protection, c'est Dieu qu'on implore et qu'on prie... Mais quand le péril est passé et la crainte évanouie, ces mêmes hommes s'en vont gaîment aux temples des dieux pour leur offrir des libations, des sacrifices et des couronnes (1). »

(!) Divin. Inslit. lib. n, C. 1.

Et longtemps auparavant, Tertullien n'avait pas craint d'écrire dans son Apologétique, dans ce manifeste solennel adressé aux empereurs romains, aux magistrats, à tous les ennemis du nom chrétien . cet appel hardi à la voix de leur propre conscience : « Voulez-vous, leur disait-il, prêter l'oreille au témoignage de l'âme elle-même? Elle est resserrée dans la prison du corps ; les préjugés de l'éducation la circonviennent, les passions l'énervent et le culte des faux dieux la tient asservie : n'importe, lorsqu'elle se réveille, pour ainsi dire, de son sommeil et de son ivresse, lorsqu'elle revient à son état sain et normal, elle invoque Dieu sous le seul nom qui lui soit exclusivement propre : Dieu grand ! Dieu bon ! ce qu'il plaira à Dieu ! Voilà le cri de tous les hommes. C'est lui aussi que l'âme invoque comme souverain juge : Dieu le voit; je recommande à Dieu; Dieu me le rendra.... 0 témoignage de l'âme naturellement chrétienne ! » (Apologét. c. xvn.)

Restons sur ces deux admirables textes qui nous dispensent d'en citer d'autres ; prenons, avec Tertullien et Lactance, l'âme humaine telle qu'elle est, dans son état sain et normal, dans ses aspirarations naturelles et spontanées : n'est-il pas vrai que sous le coup d'une douleur poignante, en face d'un grand danger qui la menace, ou Lion quand

ôi LA PROVIDENCE

elle souhaite vivement de voir s'accomplir un événement qui ne dépend point de sa volonté : n'est-il pas vrai qu'un cri s'échappe de son sein, lors même qu'elle voudrait à peine croire en Dieu, et que ce cri renferme une prière, une pressante demande au Père céleste, pour qu'il intervienne en sa faveur? Oui, c'est là un fait d'observation, un fait psychologique pleinement constaté, et les rationalistes eux-mêmes ne peuvent songer à le nier. Que dis-je? l'un d'entre eux, adversaire aussi déclaré qu'on peut l'être de la prière considérée en tant que demande, nous fait cet aveu capital : « Un instinct irrésistible me pousse à élever mes regards vers Dieu et à lui dire : Secourez-moi (1) ! »

Or, ce fait universel de la prière étant admis, comment ne voit -on pas qu'il en résulte une démonstration sans réplique de la Providence spéciale ? Eh quoi ! Une force d'attraction irrésistible nous sollicite, nous soulève, nous emporte pour ainsi dire malgré nous vers une Providence capable de nous exaucer, et cette Providence n'existerait pas ! Et cette tendance invincible de notre nature serait sans but et sans objet! Non,

(1) Saisset, Essai de philos, relig., p. 486.

non; dans l'ordre moral, pas plus que dans l'ordre physique, il n'y a point de tendances ni d'attractions sans un centre réel et vivant ; une abstraction, une chimère n'exercent point une influence toujours constante et toujours identique; le vide ne saurait être cause; le néant n'attire pas, n'agit pas. Donc, au nom des principes fondamentaux de la raison, j 'affirme la Providence spéciale avec une absolue certitude, avec une certitude plus absolue que celle de l'astronome quand il dit : Telle planète subit dans son cours telles perturbations ; ces perturbations ne peuvent avoir pour cause que la présence d'un astre quelconque qui agit sur elle ; donc, cet astre existe.

Ce n'est puis ici le lieu de discuter tous les sophismes que M. Jules Simon a condensés dans son livre de la Religion naturelle contre le dogme de la Providence spéciale. Nous nous bornerons à toucher en passant la plus spécieuse de toutes ses objections, qui est celle-ci : « Une fois l'acte créateur produit, Dieu ne peut plus intervenir, sans quoi il tombe dans le temps, et c'en est fait de son immutabilité. »

Voici notre réponse. L'intervention de la divine Providence n'est en aucune manière opposée à

l'immutabilité. Comment, on effet, la vraie philosophie conçoit - elle cette intervention ? Est - ce comme une série d'actes successifs dans la volonté divine, comme un perpétuel changement dans ses résolutions, comme une multiplicité de desseins confus et contradictoires ? Ces absurdités, on nous les impute ; nous les repoussons de toutes nos forces. Que disons-nous donc? Nous disons que Dieu n'a qu'une seule et même volonté, un seul et même acte, éternel, présent et immanent. Mais cet acte parfaitement un et unique en lui-même, est multiple et successif quant à ses effets extérieurs. C'est là un mystère sans doute, mais un mystère qui s'impose nécessairement à la raison, et que les spiritualistes sont bien obligés d'admettre comme nous, sous peine d'anéantir totalement les vérités philosophiques les plus certaines et, en particulier, le dogme de la liberté divine. Cette liberté consiste précisément en ce que Dieu peut faire produire à son acte unique et éternel une variété indéfinie d'opérations au dehors. Du centre de son éternité qui correspond à tous les points de la durée, il étend son action sur tous les moments et sur tous les siècles, sans subir l'ombre même d'un changement dans son invariable essence. Il est, pour me servir d'une hypothèse grandiose de l'astronomie, comme ce soleil cen-

ET LES CHATIMENTS DE La FRANCE. •)/

frai toujours fixe et immobile, taudis qu'il voit rouler autour de lui notre soleil à nous et toutes les étoiles, avec les innombrables cortèges de planètes qu'elles emportent dans leurs orbites. De môme que la science de Dieu contemple d'une seule vue le passé, le présent et l'avenir ; de même sa puissance et sa volonté* atteignent simultanément tout ce qui a été, tout ce qui est et tout ce qui sera; et comme son intelligence ne perd rien de son immuable unité malgré la prodigieuse variété des objets qu'elle embrasse, ainsi sa volonté demeure éternellement une et éternellement immuable, nonobstant l'incompréhensible multiplicité des effets qu'elle engendre.

Cette doctrine étant présupposée, les interventions de la Providence se comprennent et s'expliquent sans aucun embarras. Il y a certainement succession, variété, multiplicité dans les termes ou les objets de son action, mais son action ellemême ne peut être qu'une, identique, parfaitement simple et immuable.

Il est vrai que, dans le langage ordinaire, nous attribuons à la Providence des actes multiples et divers. Nous disons, par exemple, « que ses décrets précèdent, accompagnent et suivent nos actes. » Mais pourquoi nous exprimons - nous ainsi ? Parce que nous parlons avec une langue

humaine et que nous pensons avec une intelligence humaine. » Cette observation est de M. Jules Simon {Relig. iiatur., p. 336), et elle est parfaitement juste. Assujettis que nous sommes au temps, le mystère de leternité simultanée échappe entièrement à notre imagination, et comme nous parlons et pensons même beaucoup plus selon l'imagination que selon la raison pure, nous en venons presque nécessairement à mettre la succession dans l'éternité de Dieu. De la même manière nous sommes presque contraints de mettre la multiplicité dans sa volonté, par la raison très-claire que la notion de la simplicité parfaite, de l'acte pur, est beaucoup trop sublime pour entrer dans nos habitudes si grossières de concevoir et de parler. Qu'on ne s'étonne donc pas de ce qui n'est que l'inévitable condition de notre nature, puisque après tout les plus grands penseurs, pas plus que les autres, ne peuvent échapper aux lois que cette condition nous impose. Et voilà pourquoi aussi, il est bon de le remarquer en passant, la sainte Écriture ne craint pas de prêter à la Providence des pensées et des manières d'agir tout humaines. A première vue, un philosophe est tenté de ne voir en cela qu'un vulgaire anthropomorphisme ; mais à la réflexion on se convainc sans peine que les auteurs inspirés n'ont fait que s'accom-

moder au langage et aux conceptions de l'humanité presque tout entière, laquelle n'est rien moins qu'une collection de philosophes. La Bible, du reste, sait fort hien en temps et lieu accorder pleine satisfaction à la pensée transcendante ; car elle affirme assez solennellement la parfaite simplicité et l'éternelle immutabilité de Dieu (1). Quant aux images et métaphores qu'elle emploie fréquemment et dont les philosophes eux-mêmes se servent assez souvent comme elle, ce sont des conceptions purement analogiques, ainsi que s'exprime la Scolastique ; elles signifient que Dieu, sans cesser d'être toujours immuable en luimême, agit à l'égard de ses créatures et se comporte, pour ainsi parler, dans ses relations avec elles, comme s'il ressentait diverses passions, telles que l'indignation, la tristesse ou le repentir. Ou hien encore, à un autre point de vue, ces différentes opérations de Dieu signifient que sa volonté possède dans son indivisible et immuable essence

(I) Ego sum qui sum.... Qui est, qui erat et qui venturus est.... Ego sum A et Q, principium et unis.. . Spiritus est Deus..,. Magnitudinis ejus non est flnis.... Tu autem idem ipse es.... In eodem statu permanct, etc., clc... 11 y a dans la Bible mille textes semblables.

la même efficacité, la même fécondité que s'il avait réellement des volontés particulières et multiples, puisqu'en vertu de sa liberté il peut étendre et dilater en quelque sorte son acte jusqu'à produire les effets les plus divers et les plus opposés. Tel est l'incommunicable privilège de sa puissance infinie. D'où il résulte que ni les interventions spéciales, ni les miracles, ni les opérations surnaturelles, n'introduisent en lui aucune vicissitude , ni aucune altération de sa nature infiniment simple (1). Sa sagesse sans doute gouverne le monde par des lois générales, et c'est un procédé odieux de certains rationalistes que de nous imputer la négation de ce principe évident. Mais en même temps que nous affirmons la constance et la régularité des lois naturelles, nous affirmons aussi que Dieu les ayant librement établies, peut librement en suspendre l'effet dans tel ou tel cas éternellement prévu et déterminé par lui. « Ce serait, dit Fénelon, avoir une idée indigne de Dieu que de ne concevoir pas qu'il sait renfermer dans une volonté unique et infiniment simple en elle-même, et toutes les lois générales et toutes les exceptions

(I) Apud queim non est transmutatio , nec vicissitudinig olumbralio. Jacob, I, 17,

ET LKS CHATIMENTS DE LA FRANGE. 6i

qu'il lui plaît d'y renfermer. Il n'est pas moins simple quand il fait par une seule volonté plusieurs règles et plusieurs exceptions, que quand il ne fait qu'une seule règle.... Ce qui paraît diversité de la part des ouvrages différents entre eux, est de la part de Dieu un seul dessein, une seule volonté et une seule action (1). »

On voit d'après ces mêmes principes ce qu'il faut penser d'une autre objection que M. Jules Simon a formulée en ces termes contre l'efficacité de la prière : Impossible de nous représenter Dieu « comme un père incessamment occupé du bonheur de ses enfants..^ attentif à leurs besoins de chaque jour et modifiant, pour y pourvoir, les lois générales, capable même de se laisser émouvoir par une prière plus fervente... (2). »

Leibnitz a répondu au nom du bon sens : « Dieu a eu éternellement en vue nos prières avant qu'il

(1) Réfutation de Malebranche, ch. xvi.

(2) La Religion naturelle, p. 329. En écrivant ces lignes

étranges, H. Simon ne prévoyait guère sans doute qu'un

jour il demanderait à nos évoques, au uom de l'Assemblée

nationale, des prières pour supplier Dieu de mettre un

terme aux malheurs Je !a France.

ne réglât les choses. » Rien donc ne l'a empêché de régler ces choses de toute éternité, de manière à exaucer en temps opportun les prières quil aurait jugées dignes d'être favorablement accueillies.

Permis aux rationalistes, au nom de leur petite et misérable philosophie, de ne pas vouloir que Dieu soit pour eux un Père attentif à leurs besoins. Pour nous, d'accord avec la grande raison philosophique et avec la révélation chrétienne, nous ne cesserons de dire : Notre Père qui êtes aux Cieux.... donnez -nous aujourd'hui notre pain quotidien !

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