AVANT-PROPOS
Il y a près de quatre ans, nous écrivions les lignes suivantes dans les' Études religieuses, historiques et littéraires (livraison du 15 janvier 1868) :
a II est des heures de trouble et de confusion où le dogme de la Providence semble s'obscurcir et se voiler, pour ainsi dire, à tel point que les âmes chrétiennes elles-mêmes ont peine à se défendre de certaines défaillances momentanées. A ces heures-là, l'on est tenté de croire que les choses humaines sont dominées par je ne sais quelle fatalité aveugle et implacable; le désordre intellectuel et moral est à son comble; rien ne demeure fixe, rien n'est debout; tous les éléments de destruction sont déchaînés comme une furieuse tempête; les forces conservatrices sont en désarroi, elles se tournent les unes contre les autres et s'entredétruisent; de quelque côté que le regard se porte, nulle issue, nul secours; toutes les voies sont coupées par des abîmes; les pauvres roseaux humains sur lesquels on fondait un peu d'espoir fléchissent ou se brisent les uns après les autres;