VIII AVANT- PROPOS
l'Église elle-même, la grande œuvre de Dieu en ce monde, est comme à la veille d'être ébranlée jusque dans ses fondements; ses destinées semblent ne tenir qu'à un fil tout prêt à se rompre. Déjà l'on entend dans le lointain le tocsin des catastrophes inévitables, imminentes ; déjà l'iniquité cbante ses insolents triomphes ; toutes les scélératesses, les instincts bas et pervers, les lâchetés, les trahisons, les félonies vénales, s'apprêtent pour l'heure de la grande curée; et en attendant on voit à l'œuvre le précurseur et le sûr agent de tous les cataclysmes sociaux : le mensonge ! mais le mensonge sans masque, le mensonge s'étalant au grand jour, le mensonge s'emparant de tous les organes de l'opinion publique, suscitant de toutes parts les aveugles connivences et les complicités stupides, étouffaût enfin sous ses mille clameurs les protestations de la vérité impuissante. » Oui, en ces moments-là d'étranges tentations viennent assaillir les âmes chrétiennes, el la foi en la Providence est exposée à de rudes assauts. A la vue du mal toujours grandissant, à la vue surtout de ce triomphe du mensonge plus répugnant et plus révoltant encore que tout le reste, bon nombre de personnes qui professent le culte passionné du vrai, de l'honneur, de la justice, se sentent saisies d'une indicible indignation : c'en est trop à leur gré; la patience divine leur est une énigme, un scandale ; elles tournent vers le ciel un regard enflammé ; leur prière même s'empreint de je ne sais quelle amertume vindicative; comme les fougueux disciples dont parle l'Évangile, elles voudraient avoir en main la foudre pour exterminer lesini-