AVANT-PROPOS. IX
quités et les abominations de la terre. D'autres au contraire, et en plus grand nombre, s'abandonnent tout entiers à leurs noirs pressentiments et s'affaissent sous le poids d'une tristesse immense. Tout est perdu, s'écrient-ils ; le mal l'emporte, le monde moderne est condamné; les individus peuvent bien se sauver encore, les sociétés ne le peuvent plus; la Providence se venge en se retirant des hommes et en les livrant à leur sens réprouvé ; c'est la grande défection finale qui commence, ou plutôt qui va se consommer ; le petit nombre de croyants n'a plus qu'à se retirer sur la montagne pour échapper à l'universelle séduction et à l'universel désastre.
» Eh bienl hâtons-nous de le dire, quels que soient ses tristesses et les scandales des temps que nous traversons (et certes nous sommes bien loin de vouloir les amoindrir), rien pourtant ne justifie ni ces cris de désespoir, ni ces plaintes violentes. C'est surtout dans les mauvais jours comme les nôtres, que tous les honnêtes gens doivent s'efforcer de raffermir leurs courages par l'affirmation calme et sereine d'une Providence toujours vigilante, toujours miséricordieuse et toujours équitable. C'est alors aussi qu'il faut que toutes les voix, même les plus humbles, se réunissent pour défendre cette cause auguste et la venger aussi bien contre les défaillances des chrétiens que contre les blasphèmes des impies et des libertins. »
Après ce préambule, nous commencions un travail de quelque étendue dans le but de défendre et de venger, selon la mesure de nos forces, la divine Providence.