‹ La providence et les châtiments de la FranceChapitre 9 sur 36 · O LA PROVIDENCE · texte numérisé non relu

O LA PROVIDENCE

en ce monde et se répand parmi les nations dans le cœur de tous les justes. Il veut que tous le cherchent et parviennent à la connaissance de la vérité. Mais en même temps il les laisse dans la main de leur conseil, et il traite notre liberté avec un grand respect. Sur les méchants comme sur les bons il fait lever son soleil ; à l'ivraie et au bon grain il permet de croître ensemble jusqu'à la moisson. Mais un jour il jugera le juste et l'impie, et alors sera le temps de chaque chose, parce qu'il sera rendu à chacun selon ses œuvres. — En attendant, sa justice se montre patiente; il avertit par des épreuves ceux qui s'égarent, leur donnant le temps et l'occasion propice, pour qu'ils reviennent de leurs iniquités II dissimule les péchés des hommes afin de les ramener au repentir ; il les presse par le témoignage de leur conscience qui est sa loi écrite clans leurs cœurs; il se manifeste sans cesse à eux par le spectacle de la création, de manière que leurs égarements sont inexcusables et qu'ils ne peuvent attribuer leur perte qu'à euxmêmes. — Tout en étendant ainsi son équitable sollicitude sur l'humanité entière, le Père céleste se montre surtout riche en bienfaits envers ceux qui l'invoquent avec confiance ; car il se plaît à exaucer la prière suppliante et il pousse sa divine condescendance jusqu'à faire la volonté de ses

serviteurs. Il les garde et les protège comme ses enfants bien-aimés. Dans les épreuves même et les afflictions qu'il leur envoie, il n'a en vue que leur bien ; il veut éprouver leur vertu dans le creuset, afin de les rendre plus clignes de lui et de la récompense sans fin qu'il leur a préparée (1). »

Telle est l'idée d'ensemble que les Livres Saints nous donnent sur la divine Providence, en faisant abstraction de ce qui tient à l'ordre surnaturel proprement dit.

Cette doctrine ne ressemble guère sans doute aux spéculations de la métaphysique ou de la science purement rationnelle : la divine Sagesse qui a dicté ces pages sacrées ne s'est nullement proposé de parler la langue des savants et des métaphysiciens. Elle a voulu, ce qui était beaucoup plus digne d'elle, apprendre à tous les hommes, même aux intelligences les plus bornées, les vérités qu'il leur importe de connaître. Et voilà pourquoi elle parle habituellement un langage simple et vulgaire, plein de figures et

(1) On trouvera à la On du volume (note A) le texte des passages de la sainte Ecriture qui viennent d'être cités ici.

d'images qui rendent, pour ainsi dire, visibles et palpables les réalités incorporelles. Mais sous cette enveloppe tout humaine, quelle lumière de vérité toute divine ! Quelles immenses perspectives ouvertes sur les infinies perfections du Créateur et ses adorables desseins dans le gouvernement du monde et de l'humanité !

Pour nous chrétiens croyants, nous vénérons et adorons dans ces oracles de la sainte Ecriture la parole de Dieu même qui se révèle à nos intelligences. Nous professons la foi la plus absolue en cet infaillible enseignement ; il nous suffit, et toute autre démonstration est pour nous superflue.

Il ne sera pourtant pas inutile de rappeler ici en peu de mots les démonstrations rationnelles du dogme de la Providence. Elles contribueront, je l'espère, à raffermir, s'il en est besoin, la foi de quelques âmes chrétiennes ; ou du moins, elles pourront leur être de quelque secours pour répondre aux sophismes des incroyants.

Quant aux incroyants eux-mêmes, si ces pages leur tombent sous les yeux, qu'ils les méditent de bonne foi et dans toute la sincérité de leurs cœurs, et non pas avec le parti-pris de la négation ou du doute.

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