‹ La province a chevalChapitre 34 sur 49 · I.A PUOVIVCK A r.HKVAr · texte numérisé non relu

I.A PUOVIVCK A r.HKVAr

de rcfoiirir pour leur (loniicr la chasse aux jarreLs du l'animal le plus rapide qu'il eût sous la main.

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S'il est impossible de déterminer la date de la

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Pi'fe/''^'^^î^« P^"' affi"""' liardiment

* ' ^''i'^i'/ 'f.-'^ que la tenue de nos premiers veneurs était très-proche voisiue de la nudité.

Elle s'est nu)difiée peu à peu, et si conq)létenient, qu'il n'y a pas plus d'un siècle on partait encore en chasse outillé comme pour la guerre.

Les malheureux chevaux de nos arrière -grauds-pères avaient à porter, outre les susdits, qui n'étaient pas en général ce qu'on appelle aujourd'hui des 1- poids légers n , un nombre invraisemblable de kilogrammes en chapeaux, habits, bottes, selles, caparaçons, fontes pour les pistolets, housses, ctriers, etc., etc.

Nous avons heureusement renoncé à tout cet attirail.

LA PROVIMCE A CHEVAL.

Le moyen, eu effet, de suivre en pareil équipage, à travers un pays coupé, morcelé comme l'est à présent le nôtre, des chiens aussi vîtes que des foxhounds ou même des bâtards d'Anjou ?

Il fallait, pour que la chose fût possible, le traiu processiounel des grands chiens de France, poitevins ou griffons vendéens, des diicns de saint Hubert; et encore n'était-il pas inutile que ces chiens, majestueux dans leur allure, eussent en outre un timbre de voix assez puissant pour qu'on put les entendre encore quand la fatigue du cheval ou la difficulté du terrain vous avait mis en arrière d'une petite lieue.

Aujourd'hui, si l'on veut assister à la mort, il faut être à la queue des chiens, passer où ils passent; car si vous vous laissez aller à faire un détour, la chasse serait vite loin, et du diable si vous sauriez où elle pourrait être, pour peu que le vent fût contre vous.

II en résulte que la première qualité à rechercher dans un cheval de chasse est une certaine vitesse.

Il a le droit d'être laid, mais il lui faut des jambes et une poitrine iufali-

LA l'ROVI.VCK A CHEVAL.

gables. Ce sonl là les deux points esseuliels ; le reste ne vient qu'en toute dernière ligne.

Il est bon qu'à ces qualités de eonforniation il joigne une certaine adresse; mais celte qualité-là est de celles qui s'acquièrent, et deux ou trois culbutes un peu sévères apprennent bien vile à un cbcval qu'il doit regarder où portent ses pieds.

Mèmêm

Je parle, bien entendu, des cbasses en pays franc, oîi l'on a des ravins, des fondrières à traverser, des coteaux plus ou moins roides à grimper ou à descendre, et non des chasses qui ont lieu dans les quelques forêts bien percées qui résistent au défrichement.

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Là , pourvu qu'un cheval sache franchir un fossé d'un mètre de large, son éducation est faite, et le premier hack venu, pourvu qu'il ait du fond, peut faire très-convenablement la besogne qui lui incombe.

Dans Ica pays diffiriles, le plos court n'eni pas loujoarfl le plQS droit. Si l'on nVsl pa;f!u pays, le plus sage est de s'atlacher aux pas d'uu indigèoe qui connaisse les chemins et sache que quand la chasse marche dan» celle direction, c'est dans telle antre que duil aller le chaseenr.

Rien pour le chic, t confortable ! lequel compi pipe, sa peau de bi{|ue, sei h sa nd niches el sa bouti vieux cognac.

Le jJtijKfUj' du liuUtj-Lamlais n'a jamais qu'uu éperon. Répond à ceux qui s'en étorrnenl en Ii-ur demandant s'ils ont deux fouels.

L'invite officiel, préret. trésorier général, elc, etc., preod un plaisir rest teint à ces réunions. Outre que lu plupart du temps il monte mal, Eon cheial, peu bdbilué à la trimipe et aat chiens, est d'une animaliim inusitée. Figure scolemeut au rendez-vous.

Met sur le compte da poids des affaires sa retraite précipitée.

L'invité officiel ne couipteodra jamais pourquoi l'on appelle Cftie façon dfi marclici plus i ito qu'oL ce ceut, on bien-aller.

— Kt votre m.iîlre?

— 11 a préféré reulterà pied.

Mais combien comptc-t-on encore de forêts assez grandes pour que l'animal attaqué s'y tasse prendre sans débucher?

Une dizaine tout au plus I C'est dire qu'elles sont le monopole des veneurs les plus fortunés, des capitalistes du sport, qui en sont propriétaires ou les détiennent en vertu de baux ruineux et dûment enregistrés.

Pour le gros des équipages qui chassent en France, ils doivent se résigner à faire les deux tiers de leur parcours à travers champs, et par champs il faut entendre : terrains de toutes espèces, landes, prairies plus ou moins défoncées, terrains abrupts, coteaux ravinés, semés de pierres roulantes

terres labourées, plants de vigne ici, champs de pommes de terre là-bas, sans compter le pavé des routes nationales, les passages à niveau des voies ferrées et les ornières vertigineuses des chemins de petite communication.

Quand on sait avoir à galoper pendant plusieurs heures consécutives à travers toutes ces chaussetrapes, vous avouerez qu'il serait imprudent de se faire porter par un animal

affligé d'inquiétudes dans les jambes — d'autant que les terrains susdésignés, bien que réputés plats, sont de temps en temps, sous prétexte de dérivation des eaux, coupés par une douve, absolument sèche en toute saison, traversés par une haie vive, c'est-àdire formée de toutes les plantes épineuses connues, entourés de ban-ières plus ou moins (îxes, mais parfois encore assez résistantes.

LA PROVIMCK A CIIKVAL.

Ajoutez à ces obstacles formés par la iiiaiii des hommes, ceux qui sont dus à la nature :

Hrusques iliangonu^nts do niveau, petits cours d'eau à bords encaissés, à fonds rocailleux, dont les berges minées par le courant ne demandent qu'un

prétexte pour s'écrouler, et profitent de votre arrivée pour réaliser ce fallacieux projet.

Après cinq

ou six heures

de promenade rapide à travers toutes ces embûches, le cavalier dont le

cheval n'a foit aucune faute peut se vanter d'avoir eu la main beureuse le jour

où il en a fait emplette.

En effet, si les points et les virgules servent à marquer les différentes

parllos du discours, on peut dire que la chute est la ponctuation de la chasse à courre.

Si l'on sait, en effet, ce qu'on laisse connue terrain, du côté où l'on ahorde un ohstacle, ce qu'on trouvera de l'autre côté laisse une large part au doute.

Consacrer à un exercice aussi aventureux un cheval d'une grosse valeur, c'est donner, aux yeux de M. Prudhonime (Joseph), la mesure de sa prodigahté.

Quelques veneurs exceptionnellement fortunés méprisent ouvertement l'opinion de cet homme ultra-raisonnable, et pensent que l'argent risqué de la sorte n'est pas plus mal placé que dans les actions du Vigo; mais la plupart

F,A PROVI\'CE A CHEVAL.

(les cliassciirs cIiltcIiciiI à Iroiucr j)()iir iiu |)C'til |)rix im animal |)Ilis ou moins (aii', mais ajanl garde la libre disposilioii de Ions ses membres, que l'expérience a rendn adroit, sans le délériorer dans ses parties essentielles.

11 en est d'assez benrenx pour le rencontrer.

Puissiez-vous, cher lecteur, être au nombre do ces privilégies !

C'est la grâce que je vous souiiaite, cl à moi aussi !

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