‹ La province a chevalChapitre 41 sur 49 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les courses de province. — Ces messieurs du comité. — Propriélaircs et cavaliers indigènes.

Acteurs et spectateurs.

Le principal attrait des courses de province est qu'elles ont généralement lieu dans un joli endroit que, sans elles, on n'aurait vraisemblablement pas l'occasion d'admirer.

Alalheureusement, l'obligation pour les organisateurs de ces fêtes de ne pas fixer le moment des réunions à des dates réservées pour des champs de courses plus renommés, les force, la plupart du temps, à choisir les journées les plus caniculaires de l'année.

LA l'ROVIXTE A CHKVAI,.

Los lii|)p()(lroiiics qui jouissent de la faveur j)ul)li(|ue ayant monopolisé tous les jours disponibles de l'aiitonine et du ptinl('iii|is, les journées tropicales sont les seules qui restent disponibles; et, eoiiiine tous les fondateurs de sociétés départementales nourrissent le secret espoir d'attirer dans leur chef-lieu la foule des étrangers, ils préfèrent avoir un jour à eux, quelque lorride qu'il soit, plutôt que d'avoir à lutter contre la concurrence de champs de courses plus achalandés et plus accessibles.

Hippodromes de province. — L'n coin du lurf.

Il en résulte que l'étranger convoité, ayant à choisir entre l'abstenlion et les chances les plus probables d'insolation, reste généralement chez lui, et que les indigènes et les intéressés qui auraient assisté à la réunion locale, alors même qu'il y aurait eu courses le mêmejourà Auteuil ou à Longchamps, se trouvent condamnés à une station de plusieurs heures en plein soleil, par une température d'un nombre déjà exagéré de degrés à l'ombre.

Ils souffrent, mais se résignent en pensant que leurs souffi ances sont supportées pour la plus grande gloire de la société des courses de la localité, et en

se rappelant quelles (lifficiiltés il a fallu surmonter pour parvenir à constituer ladite société.

Ce n'est pas en effet une petite affaire que la constitution d'un comité, dont tous les membres voudraient être pour le moins présidents, — pour ce posie aussi lionorifique que peu absorbant ]es candidats affluent, et l'on n'a que l'embarras du clioix; — mais c'est autre chose quand il s'agit de trouver le vice-président, qui, lui, doit mettre la main à la besogne; le secrétaire, chargé de la correspondance, et le trésorier, qui doit sous sa responsabilité personnelle effectuer la rentrée du montant des souscriptions.

Meinbi-es fondateurs. — Ont BOascrît dod pag commf sporlGOifp, maiB comme légitioiisle — bonaparlistr — orlraoïsle — républicain, afin de ae pas laisser moDopoliscr p.ir an parti une JDSlilutiuD qui d'aillears ne les iuteiesae ea aucune façon.

Quand on a la chance d'avoir pour président un personnage d'une importance incontestable, grand seigneur puissamment riche ou notabilité marquante dans le monde du sport, les difficultés que présente la formation du comité chai-gé de le seconder se trouvent considérablement réduites : — chacun s'empresse à sa suite, et brûle du désir de devenir le collaborateur d'un homme aussi en vue.

Mais les champs de courses sont si nombreux et les illustrations si peu fréquentes, que le cas est tout à fait exceptionnel.

LA l'IlOVINCK A CHKVAF,.

I,a plupart du Icnips, les iH)lal)ilil(''s sporlives dont dispose l'arrondissement sont aussi contestables que contestées, et les partisans de l'une ou l'autre sont généralement en lutte ouverte, de telle sorte que le triomphe de tel ou tel crée immédiatement tout un groupe de mécontents qui critiquent de parti pris tout ce qui est fait, et, ce qui est plus grave, profitent du succès du parti ennemi pour refuser énergiquement de souscrire.

On dit partout qu'il n'y a pas de petites économies, mais ce n'est qu'en province qu'on le croit et qu'on agit selon ses croyances.

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!\riint le dt'jKirt. — Dernièrpe recomniaDdalionB ao champion local.

Les difficultés budgétaires viennent imniédialeinent aggraver la situation déjtà tendue par les rivalités de personnes, et le malheureux comité se trouve obligé de faire quelque chose avec rien, ce qui justifie l'emploi de l'expression consacrée en pareille circonstance : la création d'un nouvel hippodrome.

Dès lors les démarches auxquelles doit se livrer tout membre du comité deviennent incessantes; il doit solliciter partout et sans cesse :

A la Société d'encouragement,

Au ministère,

Au conseil général,

A la préfecture,

A l'administration du chemin de fer ;

La ti-ibune des jiigfs. — Tuul ce que rarrondisseinent piiBsède de | — Da vrai marquis , ua baron juif, l'aDCieu Bous'prt'fet et uu quincail Bomplif, — s'inlércEseiit pasaioDuénieat à réquilaliuii d'autrui, adorent, lout ce qui leur fuuroîl l'occasion de aicger à une place réietvée, prési ce qui a besoiu d'ùlre présidé , conronnent les roaièri^B, assisleol au des écoles libres, Boireot les processions et (oastenl à loor de lole au lous les banquets qui suiveol chacune de ces cérémonies

nV ,AV)~ nlll - Eh beo, v'Ià un chevau Uljl , .hi^ ^^Vv

VÎ^^?l, IV I qu'fll cràuement hab.llc ! f i lllluW'' "~i /;

— Pour sûr que j'aimerais mleui êlre son tailleur que son propriétaire.

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Jockeijs iniligéites. — Spécîdui pour les épreuves au Irut monté.

lotesli par la coorianc

toyens de l'hooDear de d

oU'Crève, le crack du

religicoBemenl avant l'éprençe une nonveWe édition des inslruclions sor le jeu

à faire. înBtroclioDS qoi résollent de la délibéralioD prise eo léaDCe du comilé à la dale da 3 juillet, et dont cummaiiicatiuL loi a été donnée audit jour.

Aj^^.

Doit û la tigocuF de ses biceps d'atoir été désigné par no vote snaaime du comilé , spécialement détégné par le cercle pour nommerle gentleman cLarge de tenir en laisse le cbampion local

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OdI fuit par tuuecrtplion lei frais du voyage d'une lendreste parisieniic qu'île comblent de petite buÎde, au plue grand scandale de leuis concitoyetin.

L émulalion sportive est souvent cause qu'un cLàttlaia quelconque croit devoir faire ane tentative d'altelage à quatre, dont la popolalioo IcrnSée raconte les dangers plueieure acneee iiprés.

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Le bvenck dit régiment. — En train de donner un pea de vilesse aox cbeiaui pour le reloor par l'intermédiaire des postillons. — Moitié champague et biandy.

\ f nu de l'ariB a\et l'un des detji chevaui qu'il «cciinimode Ioor les ans, dans le seul l'Bpoîr de recoller (iuili)ue6 lauiicrg départemenliiuï.

l'dr un liasard cruel, toutes les fuis (|uil sa se metlre en selle, son cheval se met a boiter, de telle sorte que, depuis Onze ans qu'il doit courir, il n'a pas encore couru.

Généralement enlrainé dans la Bolitode, le champion local emballe son cavalier dès le départ, et ee fait uo rigoureux devoir de lai arracher les hias.

LA l'ROVIX'Cl'; A CHEVAL.

Obtenir ini prix de celle-ci, une nulorisalion ailleurs, faire reconnailre lu société par toutes les autorités constituées,

Réclamer l'organisation de trains spéciaux,

Solliciter l'envoi d'hommes de corvée pour l'aniénagement de l'iiippodronie,

Assurer le service d'ordre,

Organiser le service médical,

Passer des traités pour l'installation des tribunes provisoires,

S'entendre avec les propriétaires fonciers sur les terres desquels doivent avoir lieu les courses,

Conclure avec les limonadiers, installer le buffet, que sais-je encore?

Répondre aux demandes de renseignements sur les conditions d'engagements, de poids, d'âge, de parcours, etc., etc.

Tribune ojficidle. — l'n loi d'anlorilot

C'est un affairement de tous les instants, qui conduit à bref délai le malheureux qui y est soumis à un état d'ahurissement dont il est souvent plusieurs années à se remettre.

;î70 i,,a ruovixcK a chlval.

Cependaul, lo yrand jour anive.

A forte d'allôes el d(; venues, de slalioiis dans loules les anliclianibres officielles, de marches et de conlre-niarelies, d'audiences sollieilées, de s()uscri])li()ns ouvertes après l'obtention de l'autorisation préalable, on est parvenu à inscrire au programme un certain nombre de prix qui varient entre huit cents et deux mille francs.

On a réuni, tant parmi les éleveurs indigènes que parmi les propriétaires de chevaux |)arisiens, un nombre d'engagements honorable;

D'autre part, on sait de source certaine que toutes les notabilités de la ville et des châteaux comptent assister aux courses; après tant d'efforts, on est en droit décompter sur ime journée complètement réussie.

S'il n'est pas de plaisir sans peine, on est quelquefois récompensé de la peine qu'on s'est donnée en vue du plaisir, et l'on peut sans outrecuidance

espérer qu'on lieut le succès, et, par conséquent, une recello iructueuse pour la sociélé à laquelle on s'est dévoué corps et âme.

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LK l'IflLlC HE Lft rlSTK.

■ — On ne peul pis nipr qu'ils inarcIteDl, ces tiidels-là! Mois ils ne feraient pas assez de cli^min avec moi dessus , que je dis.

— R.n sûr que ces rlicvain-là , (oui roidcs qu'ils ooiil. ce feraieof p<ifl Qii silloo aussi dret que mes bœufs !

— Si j' couduisaie un de Ces cbevaui-Ià , je reconnaîtrais sûrement pas mon vopgeor à Id (in de la route.

— Quand j'elions pelil, j'en ai vu un qu'on appelait Alacbiiiskigrive qui montait mieux que ces rj.is-U!

Hélas ! dès le matin le ciel s'est chargé de nuages qu'un vent furieux amène de l'ouest.

Lt FL'BLlC DE LA l'ISTE.

• — Moi, rien que de mener mon cbeval a la forge, il 5 a des jours où je ni'écorche, ainsi '

— S'amuser à sauter une rivière aussi pois- EonnptiEC ! Drôle d'idée ï

— Des gens qni ont de quoi, faire des métiers aussi fatigantâ.'l!

— X'atail core paa \a à' courBf'S, — monterait bien tout d' mi'me, si on deiait le soigner au cas qu'il se blesserait.

Vers deux heures, juste le moment fixé pour la première course, l'horizon est si noir et si menaçant que personne n'a osé meltre le pied dehors; — à deux heures et quart, les premières gouttes se décident à tomher, et a trois heures il tombe des cataractes.

Les courses ont lieu, mais devant des banquettes vides.

LA IMIOVI.VC.K A CIIKVAI,.

,\ii (Icniicr uiomcnl, les clicvaux eiix-iiu>iiies ont l'ail ddaul, cl, sur cinq courses, il y a eu (rois walk-ovor.

I,c comilé est dans le marasme le plus complet, et le |)arli adverse triomphe : dès le lendemain, diacun de ses membres s'informe avec intérêt auprès de toute personne qu'il rencontre si elle a assisté aux «charmantes rc,'];ales organisées par le comilé » .

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