‹ La province ce qu'elle est, ce qu'elle doit être (volume 2)Chapitre 23 sur 58 · DU NOUVEAU ROYAUME D'ITALIE · texte numérisé non relu

DU NOUVEAU ROYAUME D'ITALIE

Au moment où dous traitons la question des libertés locales, il se présente une solennelle occasion d'en faire une heureuse application . Un nouveau royaume prend naissance en Europe : l'Italie, si longtemps déshéritée de ses droits natio- Baux, d'abord déchirée par ses propres divisions, puis morcelée far le despotisme étranger, l'Italie se réveille. Les provinces, s^arées par d'illégitimes possesseurs, se remettent volon- Uirement entre les mains d'un roi, se groupent autour de mtr6ne comme autour d'un drapeau national, et lui confient lesoio de constituer l'unité qui fait défaut depuis 1500 ans. Ibis il ne s'agit plus de l'unité absorbante de la monarchie, omettant toutes les volontés à la volonté d'un seul. Ce foll faut créer, c'est l'intérêt commun faisant réserve des jKéréts particuliers, c'est la pensée commune avec la liberté

d'action de chaque division territoriale, de chaque subdivision. C*est en un mot Faction générale résumant Faction particulière et non la commandant ; c'est Funité par association et non par absorption. Les provinces apportent leurs forces particulières à la monarchie, non pour en faire abdication, mais pour en faire une force collective dans un centre com« mun, et pour fortifier en même temps le centre commun par le rayonnement de toutes les puissances locales.

Les conditions spéciales du grand contrat national qni se prépare sont tracées à Favance par la situation même des choses. D*un côté, les provinces, instruites par leur propre histoire des périls d'une indépendanee absolue dans un territoire restreint, des faiblesses du morcellement et des malheurs de la rivalité, reconnaissent que la royauté peut être leur meilleure sauvegarde et contre les autres et contre ellesmêmes ; d*un autre côté, la royauté, appelée par le suffrage des peuples , fait hommage à leurs droits par Facceptation même des annexions librement consenties. Dès lors, ses devoirs sont tracés. L'origine seule du royaume d'Italie oblige le nouveau roi à tenir compte et du passé qui avait consacré des autonomies diverses, et du présent qui confond en une seule nation des provinces jadis séparées ou par de sanglantes rivalités ou par des dominations multiples. Il y a donc la part à faire et à Fesprit de localité et à l'esprit de rapprochem^t, et à la pluralité des droits et à Funité du commandement, et aux habitudes d'administration intérieure et aux devoirs d'un gouvernement nouveau devant servir de lien à la nouvelle patrie.

Le système fédératif couronné par la monarchie est h seule solution raisonnable , la seule garantie possible, soit contre les prétentions provinciales , soit contre les tentations de la royauté.

Notti devons conTenir qtie Vietef^Emmaniid conimiNl

parfaitement la force de ce double principe, et parait sinoè* rement disposé à le mettre en application. L'élément fédérai et Félément monarchique combinés vont servir de base à la constitution qui se prépare pour son nouveau royaume ; le premier corrige te qu'il peut y avoir de menaçant dans une autorité unique ; le second tempère ce qu'il y a de dissolvant dans des autorités multiples.

Le point le plus difficile est de faire l'équilibre, et de bien fixer la limite des attributions, afin qu'elles se fassent mutuellement contre-poids sans jamais se combattre.

C'est la première fois qu'un pacte fédéral a été rédigé et proposé par un roi. Disons mieux : c'est le dernier refuge à» l'mûûê monarchies qui voudront rester debout ; il faut qu'elles prouvent aux peuples qu'ils peuvent être libres avec dleS) si elles ne veulent pas que les peuples se fassent libres sans elles. Ce n'est pas une des moindres habiletés de Victor- Emmanuel d'avoir compris l'opportunité de cette nouveauté politique : ce sera son étemel honneur, s'il y réussit.

En présence d'une aussi importante épreuve, il n'est pas superflu d'interroger la pensée du gouvernement piémon-^ tais dans un document officiel récemment publié, et d'examiner qudques-unes des dispositions d'où va dépendre Tavanir de l'Italie.

Dès les premières séances du parlement sarde, M. de Gavovr a résumé en quelques mots le programme de la con*> stilation projetée : centralisation politique, décentralisation administrative. HM. Farini et Ratazzi ont développé le ]MN)gramine dans un travail préparatoire ; le nouveau mi- Btttre de l'intérieur, M. Hînghetti, l'a complété dans un métoMte adressé au conseil d'État du Piémont. C'est ce

document que nous jugeons ulile ^ reproduire et de monter.

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