CHAPITRE ni
AU YÛN-NAN
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AU YÛN-NAN
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ISoS. — Ma Hsien, que nous avons vu rentrer à Kuang-î, se remît en campagne dans le sud, afin de se venger du mal que lui avaient causé les gens de Lin-an.
Il parvint facilement à l'entrée de la plaine, mais il se heurta là contre des fortifications solidement défendues. 11 fallut de vigoureux efforts pour franchir ces passages et aiTiver à Lin-an-fu. Deux mois d'un siège meurtrier pour les deux partis n'ayant amené aucun résultat décisif. Ma Hsien tenta un effort suprême à la tête de ses soldats d'élite ; repoussé avec perte, il se retira et revhit à Kuang-i. Ce fut son dernier fait d'armes en 1858.
I80D. — Dans le nord, Yang Shêng-tsung^ (^ ^ ^), dont la famille, originaire du Ssîl-ciruan, avait fait une fortune considérable dans l'exploitation des mines de galène et de cuivi-e que possède le département de Tung-chuan
* Il occupe aujounrUui le poste de Cliêii-t^ai ou général de brigade à T'êngyiieh-t'ing ( ^e j^ S^)' ^'^s* ^^ même mandarin, commandant alors à Chaotung, (|ui reçut chez lui la mission de Lagrée. On sait que M. de Lagrée mourut àTung-ch'uan dans la maison de ce même fonctionnaire, qui a conservé un très bon souvenir des membres de la mission française et surtout du docteur Joubert.
62 LA RÉBELLION MUSULMANE AU YtlN-NAN.
(^ jll), voulut, à l'exemple des chefs de district voisim, présider à la défense de son département. Il ne négligea rien du reste pour recruter des volontaires et, afin de les rendre plus redoutables, il fit fabriquer des fusUs chez tous les fabricants des environs. En attendant, il les arma de son mieux, dans le but de protéger la campagne contre les nombreuses bandes de maraudeurs qui l'infestaient.
Son armement terminé, il fit quelques expéditions heureuses contre les rebelles. Ces avantages stimulèrent son ambition, si bien qu'il s'arrogea bientôt toute la direction du département. Le préfet de Tung-ciruan-fu (^ )\\ /j^), qui, malgré l'état de confusion où se trouvait le pays, était resté à sou poste, s'opposa de toutes ses forces aux prétentions et aux mesures arbiti'aires de ce mandarin parvenu, et refusa de lui laisser employer les fonds du gouvernement ; malheureusement, il ne fut pas secondé par la population, qui éprouvait le besoin d'avoir un chef capable d'arrêter les progrès des rebelles. Yang Shêng-tsung, fort des sympathies populaires, résolut de se débarrasser d'un fonctionnaire dont l'attitude mettait un frein à son despotisme, et, sous prétexte qu'il nuisait à la défense, il le fit décapiter (1859). Il commanda dès lors en maître. Cependant, malgré toute sa bravoure et l'intégrité de son administration, il ne put effacer la tache qu'il venait de faire à son nom en ordonnant la mort d'un mandarin dont la famille ne manquerait pas tôt ou tard de lui en demander compte.
Le repos de Ma Hsien fut de courte durée. Il fit d'abord quelques excursions aux environs de Kuang-i, puis leva le camp en emmenant toutes ses forces, sans pourtant dégarnir son quartier général, qui pouvait être attaqué d'un moment à l'autre.
SUCCÈS MILITAIKES DE MA USIEN. 63
Il soumit successivement les localités de T'ung-liai-hsien (M 1^ ml <^^ Kun-yang-chou (^ g| jt|), de Hai-kou (W P)i d'An -ning- chou (^ ^ ^), de Lao-ya-kuan (^ B Ml '^^ Lu-feng-hsien (jj^ ^ J^) et de Kuaiigfung-hsien (^ ^ iP), qui, incapables de résister, allèrent au-devant de ses exigences. Ce n'est qu'à Yao-clian (]^ ^^) qu'il éprouva de la résistance, et dans une rencontre qu'il y eut avec les habitants et des troupes de Clni-hslung-fu (^ ^ f^l ^' ^^^ '^ cuisse traversée par un fer de lance. Quoique blessé, il n'en conserva pas moins le commandement et poursuivit sa marche jusqu'à Clùi-hsiung (^ i^). Là il eut affaire à une défense sérieuse. Ne voulant pas cette fois épuiser ses h'oupes par des assauts désastreux, il fit creuser des mines près de la porte du sud-ouest.
La population, un moment alarmée en face d'un nombre aussi considérable d'ennemis, reprit confiance lorsqu'elle vit les lents travaux des assiégeants, car elle attendait d'un moment à l'autre des renforts du gouvernement impérial. Deux mois s'étaient à peine écoulés que les galeries étaient terminées, chargées et prêtes à accomplir leur œuvTe de destruction. Par une matinée calme et claire. Ma Hsien, qui avait disposé ses soldats en colonnes, donna l'ordre de faire sauter les remparts. Une détonation épouvantable se produisit et, lorsque le nuage de fumée et de poussière fut dissipé, on put voir une immense brèche par laquelle le flot musulman se précipita dans la ville. Les vainqueurs commirent beaucoup d'excès et massacrèrent sans pitié tous ceux qu'avait signalés d'avance leur antipathie contre les mahométans. On ne pouvait attendre, du reste, autre chose de la part de troupes mal disciplhiées qui emportaient une ville par force. Les mandarins furent presque tous pris et passés
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Ijtyi tP>upe?ï «le >Ia Hsien. >tiniulres par le butin qn*elles venaient «le faire, demamlaient à man^her en avant: mais leur chtrf. «lan-s le but «le oimbiner ses mouvements avec c-eux de Tu Wen-hsiu qui ilevait arriver bientôt, modéra leur ardeur et n>ta dan> la \ille. 1^ que le pavillon blanc, couleur ailoptée jiar relui qu'il attendait, se montra à Thorizriii. Ma Hsien qui simtfrait l^eauctmp de sa blessure, lui remit la r-itt' et se retira. A An-ninjr-i-liou, se trouvant dans de meilleures dispositions de santé, il résolut, de concert avec S4's officiers, d'aller de nouveau assiéjrer la capitale. II s'avança lentement jusf|ue dans la plaine de K'un-ming- Iisicn^ ( ^ ^ ^) i>endant qu'une imrtie de son armée, contournant les niontajpies qui lardent la ville au nord, vint prendre position à Test. Infonné que la ville manquait (le provisions. Ma Hsien jngea plus sûr de la prendre par
' Nom «lu «listrict (|n'ndiniiii»tn' le ( 'hili-hsien <ïe l.i capitale.