RETRAITE INA'ITENDUE DES ASSIÉGEANTS. G
la taïuine, et, ayant l)esoin de repos ])Our guérir sa blessure, il proiita des loisirs que lui offraient les lenteurs de Tinvestissement pour prendre un congé; il confia donc le commandement au meilleur de ses lieutenants, Hsli Ylian-clii (W TC ^h ^^^^1 ^^^ ^^ qualité de prêtre, jouissait en outre de toute sa confiance.
Ce nouveau chef, tout en comptant affamer la ville, poussait rigoureusement le siège, lorsqu'il trouva la mort dans l'attaque d'un poste avancé. Ce malheur jeta un grand désarroi dans le camp musulman, chaque chef se croyant autorisé à prendre la direction et plus apte que les autres à commander. Cette mésintelligence désorganisa l'armée, qui, ne sachant à qui obéir, se débanda et se rendit partiellement à Kuang-i et à Ch êng-chiang-fu ^ (j^ */X ij^)- Les musulmans de cette dernière ville avaient chassé les impériaux dès le commencement de l'insurrection, et avaient demandé à Ma Té-hsing, alors à Kuang-i, de venir, avec les troupes dont il pouvait disposer, fixer son quartier général parmi eux.
Lorsque les impériaux virent la retraite inattendue des assiégeants, ils reprirent confiance et cherchèrent à profiter de la faiblesse momentanée de l'ennemi pour passer à l'offensive. Ils ignoraient, du çeste, le motif qui avait causé le départ des assiégeants, et ils sentaient qu'un succès, quelque léger qu'il fût au point de vue militaire, ranimerait l'esprit des troupes et ramènerait à eux cette multitude nombreuse qui se range toujours du côté du vainqueur.
'Ch'êng-cliian^-l'u est entouré de toutes parts de hautes montagnes, qui en rendent raceès difficile. A environ 1,000 mètres de la porte du sud, s'étend un lac magnifique, auquel de nombreuses barques prêtent un aspect très animé; son imi)ortance commerciale n'est pas grande et ses environs ne renferment aucun gisement métallurgique assez riche pour être exploité.
66 I^A RJJiELLIOX MU8UUIANE AU VCX-NAN.
1860. — Le T i-tu Lin Tzû-clfîn prit pour objectif de st>ii mouvement la ville de Cireng-eliiang:-fu, où nous avons laissé le corps de Ma Tê-lising. Ses dispositions prises et ses troupes de marche équipées, il s'avança sans peine jusqu'aux avant-postes rebelles, et chassa ceux-ci des positions qu'ils occupaient dans les montagnes situées au nord de la \ille. Encouragés par ce premier succès, les soldats forcèrent l'entrée de la vallée; une distance de 15 lis les séparait seulement de la AÔlle, loi^sque leur chef apprit que ses communications avec la capitale avaient été coupées par Ma Hsien.
Celui-ci, quoique souffrant encore, avait à peine été informé des événements qui avaient suivi son départ, qu'il rassembla les troupes disséminées aux environs de Kuang-i et se porta vivement au secours de Ma Tê-hsing. Par un mouvement touniant bien exécuté, il s'empara de Chin-ningchou (^ H jtl) et de Chêng-kung- hsien {^ ^ 3||) et menaça, par cette opération, les derrières de l'armée impériale; ce coup hardi y sema le désordre et, se voyant entre deux feux, elle perdit courage et donna le signal d'une débandade générale.
Maîtres de Ch eng-chiang-f u , de Chin-ning et de Chengkung, les musulmans pouvaient, du jour au lendemain, mettre le siège devant Ylin-nan-fu ; aussi, le conseil, présidé par le grand -prêtre généralissime' (3^ j^ gljj), décida-t-il d'envoyer un nouveau corps de 45,000 hommes devant la capitale. 11 n'y avait du reste que ce moyen pour en imposer aux mandarins qui, aussi longtemps qu'il restait un espoir, cachaient, autant que possible, leur échec au gouvernement central.
• Ma Tê-hsin^.