‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 104 sur 174 · ARRIVEE DU VICE-ROI PAN · texte numérisé non relu

ARRIVEE DU VICE-ROI PAN

condamner à mort plusieurs fonctionnaires civils qui ne relevaient pas (le son administration, quitta la vie publique et retourna au Kuei-diou, son pays natal (mars). Son repos ne fut i)as de longue durée : la cour de Pékin, obsédée ])ar les réclamations des parents de deux de ses victimes, donna Tordre au Fu-fai du Kuei-cliou de le faire disparaître; en conséquence, on s'empara de lui et il fut décapité. La nouvelle de son exécution produisit une vive impression sur les habitants de Yiln-nan-fu, qui, malgré ses défauts et son caractère impérieux, avaient gardé un bon souvenir du dévouement dont il avait fait preuve dans des occasions difficiles.

Peu de temps après le départ de Lin Tzû-ch'in, Ma Julung, à qui la dictature pesait, manda au vice-roi Fan (]^), successeur de Oliang Liang-cliili\ et qui était resté jusqu'alors dans le Kuei-chou, qu'il pouvait en toute sécurité venir prendre possession de son poste; et il envoya à cet effet une nombreuse garde d'honneur à sa rencontre. Fan se rendit à cette invitation et prit les rênes de l'administration.

Ma Ju-lung usa du pouvoir presque discrétionnaire dont il était investi pour faire nommer au grade de trésorier général de la province, un sous-préfet, alors préfet par intérim, du nom de Tsén Yii-ying (^ ^ ^), qu'il avait souvent combattu et dont il avait eu l'occasion d'apprécier les talents militaires. Cette nomination sans précédent ne passa point sans une vive opposition de la part des mandarins, qui protestèrent contre un acte dont l'arbitraire n'était justifié, en eflFet, par aucune raison d'état. Ma Ju-lung, croyant au dévouement de Tsén Yil-ying, menaça de se

' Ce haut fonctionnaire, crai^ant de pénétrer dans le Yiin-nan dont on lui avait fait un effrayant tableau, préféra la dégradation au danger de courir, disait-il, à une mort certaine.

retirer si sa proposition n'était pas adoptée. En présence d'une détermination aussi formelle, les mandarins, après s'être réunis en conseil, décidèrent de se soumettre, car la retraite de Ma Ju-lung et de ses partisans aurait été des plus funestes à la province.

L'autorité supérieure de la province étant reconstituée, Ma Ju-lung termina ses préparatifs militaires et quitta la capitale; le vice-roi Fan conserva la direction générale, Hsîl Yuan-chi l'administration provinciale et Tsên Ytt-ying le service des finances. Ma Tê-hsing, appelé par les musulmans Lao Pa-pa, quoique sans position officielle, leur était, en l'absence de Ma Ju-lung, d'un grand secours pour les affaires musulmanes.

La marche de Ma Ju-lung sur Lin-an fut ralentie par la difficulté de se nourrir, les liang-fai^ (^ §) ayant beaucoup de peine à subvenir aux besoins de l'armée. Arrivé à Chiang-ch\ian , ville située au sud de la capitale (département de Chêng-chiang), il trouva les liang-fai aux prises avec les habitants qui, soutenus par leurs chefs et les Kuanshih (^ ^), non seulement refusaient de fournir les provisions nécessaires, mais prétendaient aussi disputer le passage. Une lutte s'engagea, où les habitants furent écrasés et forcés d'expier chèrement l'indépendance qu'ils s'étaient arrogée un instant. Ma Ju-lung continua sa marche, avec lenteur toutefois, car plusieurs années de guerre avaient épuisé le pays.

1 Les liang-Cai, comme le nom Tindique, sont chargés de pourvoir aux besoins des troupes; ils précèdent généralement Tannée et envoient des agents au nom de Tautorité supérieure chez les habitants pour acheter ou réquisitionner les vivres nécessaires.

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