MARCHE VICTORIEUSE DES REBELLES
(^ ^) et Pai-yên-ching (^ i| ^), par exemple, furent le théâtre de luttes sanglantes; pris et repris plusieurs fois, ils finirent par rester aux insurgés.
Aussitôt maîtres de ces riches districts \ ils y établirent des garnisons, réorganisèrent les exploitations, et les négociants ou marchands, n'ayant en vue que les affaires, s'habituèrent bien vite à circuler et à trafiquer parmi les armées belligérantes. Ces nouvelles ressources permirent aux rebelles d'augmenter leur armée, déjà nombreuse, sans toucher au trésor de leur capita-le (Ta-li-fu).
Cet avantage, si important pour les rebelles, devait être la ruine des impériaux. En effet, ceux-ci avaient non seulement perdu le plus clair de leurs revenus, mais aussi le sel allait leur manquer puisque Hei-ching, le dernier puits en leur possession, venait d'être pris par les rebelles. Les puits du département de Fu-erh-fu et de Lin-an, qui auraient pu leur être d'un grand secours, se trouvaient entre les mains des rebelles et de Liang Shih-mei. Les impériaux se voyaient contraints d'acheter au Ssù-ch'uan le sel qui, à raison des frais de transport, coûtait fort cher. Le gouvernement facilita l'approvisionnement en abolissant provisoirement les droits, mais par la suite, la voie du Ssù-ch uan ayant été interceptée
Yuan-hsing-ching (^ J^ ^) Yung-chi-ching (^^ ^ ^)
Situés dans le district de Kuangt^ung-hsien.
Hei-ching
Lang-ching
Tsao-hsi-ching
A-lou-ching
Pai-ching
Shih-kao-ching
Mêng-yeh-ching (g^ ^ ^)
Dans le district de Kuang-t*ung-hsien.
Dans l'arrondissement de Chên-nan.
Dans le département de P'u-erh-fu.
10»; LA REBELLION MUSULMANE AU YÛN-NAX.
qu'il avait fait constmire sur lea bords du lac. Accablé par 8a défaite, ce ne fut que sur les instances réitérées des autorités pro\inciales qu'il consentit enfin à revenir en ville. Les esprits étaient déjà surexcités par les derniers revers, et l'arrivée des corps d'expédition qui avaient le plus souflFert porta la panique à son comble. Chacun était persuadé que les musulmans, Ma Ju-lung le premier, trahissaient: mais on n'osait le dire tout haut de crainte d^éveiller la susceptibilité de ceux qui étaient au pouvoir.
La position des impériaux, loin de s'améliorer, s'aggravait tous les jours, et les rebelles faisaient des progrès malgré les forces déployées contre eux. La guerre se localisait et le plus souvent dans un sens favorable au gouvernement: tous les Kuan-shih, ou chefs qui avaient un peu d'autorité, marchaient à la tête des paysans contre l'ennemi commun; mais ces efforts isolés ne faisaient que retarder la marche lente mais sûre de Tenvahisseur.
Nous arrivons maintenant à une période très confuse de l'insurrection : les rebelles sont victorieux; ils couvrent presque toute la province, et le gouvernement, accablé de tous côtés, laisse ses partisans dispersés agir à leur guise, tandis qu'il ne se préoccupe que de Tu Wên-hsiu, qui s'avance sur la capitale.
1868. — Le YUan-shuaî (sultan) s'assura le concours des villes du nord-est avant de continuer sa marche sur Ylinnan-fu, dont il méditait depuis longtemps la conquête. Les corps qui opéraient dans les districts des puits à sel trouvaient les liabitants organisés en milice et décidés à défendre leurs intérêts. Quelques-uns de ces puits tombèrent entre leurs mains sans grande résistance, tandis que d'autres, Heî-ching