‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 118 sur 174 · MARCHE VICTORIEUSE DES REBELLES · texte numérisé non relu

MARCHE VICTORIEUSE DES REBELLES

(^ ^) et Pai-yên-chîng (^ H ^)î P^^ exemple, furent le théâtre de luttes sanglantes; pris et repris plusieurs fois, ils finirent par rester aux insurgés.

Aussitôt maîtres de ces riches districts \ ils y établirent des garnisons, réorganisèrent les exploitations, et les négociants ou marchands, n'ayant en vue que les affaires, s'habituèrent bien vite à circuler et à trafiquer parmi les armées belligérantes. Ces nouvelles ressources permirent aux rebelles d'augmenter leur aimée, déjà nombreuse, sans toucher au trésor de leur capitale (Ta-li-fu).

Cet avantage, si important pour les rebelles, devait être la ruine des impériaux. En effet, ceux-ci avaient non seulement perdu le plus clair de leurs revenus, mais aussi le sel allait leur manquer puisque Hei-ching, le dernier puits en leur possession, venait d'être pris par les rebelles. Les puits du département de P'u-erh-fu et de Lin-an, qui auraient pu leur être d'un grand secours, se trouvaient entre les mains des rebelles et de Liang Shih-mei. Les impériaux se voyaient contraints d'acheter au Ssù-ch'uan le sel qui, à raison des frais de transport, coûtait fort cher. Le gouvernement facilita l'approvisionnement en abolissant provisoirement les droits, mais par la suite, la voie du Ssû-ch'uan ayant été interceptée

« Yiian-hsing-ching (j[; J^ ^) 1 situés dans le district de Kuang- Yung-chi-ching (^^ ^ ^) J t'ung-hsien.

Hei-ching

imm

Lang-ching

Tsao-hsi-ching

A-Iou-ching

Pai-ching

Shih-kao-ching

MOng-ych-ching (jg^ jj^ ^)

Dans le district de Kuang-t'ung-hsien.

Dans l'arrondissement de Chên-nan.

Dans le département de P'u-erh-fu.

108 LA RÉBELLION MUSULMANE AU YtX-NAN.

par les rebelles, il fallut se procurer chez reimemi le sel dont on avait besoin. Une telle façon d'agir peut paraître surprenante à première vue : c'était fournir des armes à la rébellion en lui donnant les moyens de continuer la lutte. Mais si les rebelles avaient quelque intérêt, au point de vue militaire, à ne pas vendre à l'ennemi une denrée indispensable, ils avaient, avant tout, besoin d'argent.

Les différents corps sous les ordres de chefs appelés Ta-ssu (3^ i^), désignés par Tu Wên-hsiu et dont nous donnons ci-après* les noms et grades, s'établii'ent aux environs de Lu-fêng et poussèrent jusqu'à An-ning-chou en refoulant les impériaux partout où ils les renconti-èrent. Ils se fortifièrent dans cette dernière ville avant de franchir la chaîne de montagnes qui les séparaient de la capitale; le gros de l'armée arrivant, les premiers s'avancèrent jusqu'à Pi-chikou (^ ^ P) et de là descendirent dans la plaine de Kun-ming.

Afin d'empêcher l'investissement complet de YUn-nan-fu, les impériaux portèrent une grande partie de leurs forces du côté de la porte de l'est pour protéger la route de P'anch'iao (ij^ ^), qui assurait le ravitaillement.

Des émissaires du sultan de Ta-li portèrent aux chefs de district où les musulmans avaient la direction des affaires, des lettres, où ce personnage les exhortait à se ranger sous sa bannière, qui devait dans un avenir prochain flotter sur toute la province. Séduits par cette perspective qui leur assurait le pouvoir, non moins que par la conformité de religion-, beaucoup d'entre eux se joignirent aux rebelles.

Les chefs et soldats de Tannée de Ma Ju-lung, qui s'étaient moralement compromis dans la dernière campagne,

* Voir à la un du chapitre, p. 118 et Ut).

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