‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 12 sur 174 · DE CH'UNG-CH'ING A YÛN-NAN-FU · texte numérisé non relu

DE CH'UNG-CH'ING A YÛN-NAN-FU

20 décembre 1870. — Au-delà de Ch'ung - eh ing - fu , les Montagnes s'écartent progressivement et font place à des collines, au pied desquelles s'étend une plaine, fécondée par le limon qu'y dépose le débordement annuel du Yang-tzil. Le lit de ce fleuve s'élargit, et le courant, moins rapide, ne s'accélère qu'à l'approche des bancs de sable ou de galets que les crues violentes ont formés. Nous avançons lentement, franchissant, sans grands efforts, ces obstacles passagers. Les brumes épaisses qui régnent pendant la saison d'hiver retardent seules, le matin, notre appareillage. L'air est vif et humide ; mais, même aux heures les plus froides, le thermomètre n'indique pas moins de V centigr.

Toute cette région, favorisée par la nature, offre le plus riant aspect. La terre semble plus riche et mieux aménagée que dans les campagnes du bas Ssû-chiian (B9 j||); des arbres fruitiers de toutes espèces, des plantations de canne à sucre, des champs de colza et de moutarde, des céréales s'étagent dans les vallées; sur les rives, la culture reprend possession du sol que l'inondation abandonne en se retirant.

La première ville que nous rencontrons est Chiang-chinhsien (*^ ^ i^); sur la rive droite du fleuve, au pied d'une

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colline couverte d'orangers, dans une situation ravissante, elle voit s'étendre sur la rive opposée une plaine d'iuie admirable fertilité. Sans commerce extérieur, elle doit l'aisance, dont semblent jouir ses habitants, aux mœurs laborieuses de ceuxci, à la fécondité du sol et surtout au transit des marchandises qui descendent des districts du nord. Ses faubourgs, en partie détruits pendant l'inondation de 1869, se relèvent rapidement.

Du 23 ait 27 décembre. — Quatre jours suffisent, dans les temps ordinaire?, pour franchir les 380 lis ^ qui séparent cette ville de Ho-chiang-hsien (^ jl^ j|^).

Durant tout ce trajet, de grands villages se succèdent, bâtis, la plui)art, sur la crête de mamelons boisés et se détachent sur le fond bleuâtre des montagnes, qui disparaissent dans la brume à l'horizon. A chaque pas, des sucreries, des fabriques de papier, des distilleries de vin de riz apparaissent sur les bords du fleuve; des barques y apportent à peu de frais les matières premières et chargent, en échange, les produits manufacturés destinés aux escales d'amont jusqu'à Suifou et surtout au grand marché de Cirung-clnng. Ces deux villes forment, au reste, les deux points extrêmes desservis par cette batellerie spéciale et fort active.

La navigation devient fatigante, sinon difficile, et quand arrive le soir, nos mariniers sont bien aises, après leur frugal repas, de se reposer jusqu'au lendemain.

Nous passons la nuit à Lung-mên-t'an (|[| f^ iH)/ après avoir été contrariés par le brouillard et surtout par les bancs

* Le /« a environ 500 mètres; mais, tMon que réglementaire, sa longueur varie suivant les provinces et surtout dans celles qui sont montagneuses. 3 T^an signifie rapide.

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