YANG WEI ET SA FEMME PRISONNIERS DE GUERRE
Parmi les chefs rebelles faits prisonniers dans les combats livres aux environs de la capitale et dans la plaine de K'un-ming-lisien, se trouvaient Yang Wei, gendre de Tu Wênlisiu, et sa femme. Cette nouvelle amazone, ne craignant pas d'exposer sa vie pour le succès de la cause de son père, fut prise par les soldats de Ma Ju-lung à la tête d'un corps qu'elle commandait. Son mari, que Tu Wên-lisiu avait élevé au grade de Ta-ht-ttc (^ ^ ^), avait quitté Ta-li pour aller dans l'est prendre le commandement en chef que la mort du Ta-ssû-jung avait laissé vacant.
Conduits devant le Fu-fai, celui-ci voulut les faire mettre à la torture et décapiter ensuite ; Ma Ju-lung s'y opposa, et ce ne fut qu'avec beaucoup de peine, et sous son expresse responsabilité, qu'ils furent épargnés. Les deux époux, que Ma Ju-lung espérait ramener à de meilleurs sentiments ainsi que le sultan de Ta-li, furent l'objet de grandes attentions de sa part; il ne négligea rien pour leur rendre le séjour de la ville agréable et, bien que prisonniers de guerre, il leur fut permis de se promener dans les environs. Malgré tous les avantages que Ma Ju-lung se plut à faire briller à leurs yeux, il ne réussit pas à modifier le courant de leurs idées. Ils avaient tous deux une confiance absolue dans les plans du sultan de Ta-li, et en croyaient le triomphe prochain. Un tel aveuglement, que n'ébranlait même pas la crainte de la mort, ôta à Ma Ju-lung l'espoir qu'il caressait d'arriver à une prompte pacification de la province, et il hiissa les événements s'accomplir.
Le Fu-t'ai, apprenant la prochaine arrivée du vice-roi qu'il ne connaissait que par correspondance, mais qu'il détestait parce qu'il était son supérieur, réunit entre ses mains les renés de l'administration civile, et, afin de diminuer
rinflueiicc de Ma Ju-luiig, qui entravait ses projets ambitieux, il fit tous ses efforts pour lui ravir radministratioii de la guerre dont il était provisoirement charge.
Après avoir neutralise à peu près rinfluence des mandarins, le Fu-t'ai commença ses préparatifs contre Cb'cng-kung et Cil cng-cliiang, qu'occupaient les rebelles.
Le chef de Lin-an (Liang Shih-mei), (jiie le Fu-t'ai avait invité à plusieurs reprises à se rendre auprès de lui, s'obstinait à s'en tenir éloigné, de crainte qu'à l'exemple des chefs qui avaient fait leur soumission, il ne fut à son tour attiré dans un piège. Cependant, malgré son caractère indépendant, et pour ne pas fournir de sujet de mécontentement, il donna à son frère Liang Shih-wei quelques bataillons pour les mettre à la disposition de la défense. Le Fu-tai, dissimulant son dépit, accepta le renfort et l'expédia aussitôt contre Chin-mng-chou ^ (^ ^ ^)-
En même temps que Liang Shih-wei hâtait les opérations du siège pour retourner h Lin -an où des complications venaient de surgir, Chang Pao-hou*, investi d'un commandement, se disposait à quitter la capitale pour aller assiéger Kun-yang.
Le vice-roi, à i)eu près inactif jusque là, profita de ce moment de calme pour s'avancer jusqu'à la capitale. Il
^ Ville située au sud de la capitale, sur la rive du lac de K'un-yang.
2 Simple palefrenier di; Ma-ho, mandarin militaire, lorsque la r([îbellion éclata, il se distingua par sa hardiesse et parvint au mandarinat lors du siège de la caiâtale. Le Fu-fai, l'ayant vu i)ayer de sa personne et le sachant d'iiilleurs dévoué à ses intérêts, lui confia la direction des corps qui allaient opérer devant K^un-yauf^:, que Yang Ciréng-p'éng occupait depuis quelques mois. Ce dernier cln^f, prisonnier à Ta-li, avait quitté les rangs hnpériaux pour épouser la cause de Tu Wén-hsiu.