‹ La province chinoise du Yün-nan (volume 2)Chapitre 130 sur 174 · SUCCÈS DE YANG YÛ-K'O · texte numérisé non relu

SUCCÈS DE YANG YÛ-K'O

Nous laisserons Ts êii Yu-yîhg pour suivre dans l'ouest la campagne que les impériaux avaient entamée l'année précédente.

Les troupes placées sous les ordres de Yang Yil-k o et de Li Ilsin-ku (^ ^ -jjf) avaient, au début, obtenu des avantages ; mais, dans la région des salines, les rebelles, sentant que cette dernière ressource allait leur échapper, faisaient tous leurs efforts pour s'y maintenir. Chaque pas était hérissé d'obstacles; la guen-e par bataillons avait fait place aux escarmouches de partisans et les moindres accidents de terrain étaient fortifiés. Yang Yii-ko, de son côté, jugeait avec raison que s'il pouvait occuper cette partie du district, c'était frapper l'insurrection au cœur en lui ôtant tout moyen de se prolonger. Repoussé à différentes reprises, il fut enveloppé i)ar des troupes fraîches venant de Ta-li; sa déroute fut complète, et il perdit tout son matériel. A la suite de cette défaite, il sollicita des renforts à la capitale, et lorsqu'il reprit l'offensive, il culbuta les rebelles, s'empara des puits à sel et poussa jusqu'à Chêng-nanchou \ pendant que Li Hsin-ku faisait aussi des progrès dans le nord.

Maître de disposer des revenus du territoire conquis pour satisfaire aux exigences de la guerre, Yanff YU-k'o en tira parti pour augmenter l'effectif de ses forces. La population des villes encore au pouvoir des rebelles, fatiguée de se trouver constamment entre l'enclume et le marteau et doutant fort que le sultan pût maintenir longtemps son autorité,

* En marche sur cette ville, Yan^ Yii-k'o captura un convoi de lingots d'or et d'argent appartenant à un chef rebelle qui opérait plus au sud : il garda ce butin comme sa propriété.

voyait avancer les impériaux avec })laisir et n'attendait qu'une occasion pour se prononcer en leur faveur.

La belle saison amvée, Ma Ju-lung se disposa à réunir ses troupes éparses et à commencer la campagne sur Tungkou, mais il trouva ici de nouveaux obstacles à raecomplissement de ses projets : le Fu-t'ai s'opposa à ce que les Liang-t ai du général missent en réquisition le riz destiné à ses soldats sous le fallacieux prétexte que, sa propre armée ayant été considérablement augmentée, il avait besoin de toutes les ressources en nature que pouvait fournir le département et les environs. 11 ne fallut rien moins qu'une protestation énergique du vice-roi, poussé à bout par un acte aussi arbitraire, pour ramener le Fu-fai au sentiment du devoir. Les négociations entamées à ce sujet retardèrent le départ du général, qui ne quitta la capitale que dans le courant du onzième mois. A Hsin-hsing-cliou, il régla certaines questions de terrains qui avaient été mal définies entre les habitants et les Chinois, et se rendit ensuite à Tung-shan, puis à Tung-k'ou.

C'est ici que se place noti-e amvée à Yiin-nan-fu. Après quelques jours de repos, notre première visite fut pour le Fu-fai, que nous allâmes ti'ouvcr à Circng-chiang. Quoique très occupé par 'le siège de cette ville, il nous reçut cordialement, nous fit visiter ses positions, les travaux entrepris et le peu d'artillerie dont il dîsj)0sait. Il vint ensuite nous voir et, avant de partir, nous demanda des renseignements sur la fabrication des capsules de guerre ; l'expérience qu'il avait eue des armes à feu pendant le siège de la capitale lui avait donné l'idée de réformer son armement. Il avait, en conséquence, avec les sul)sides provenant des

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