LES REBELLES REFOULÉS DANS TA-LL
progrès des impériaux. La masse des gens de l'ouest qui avait grossi ses corps victorieux, obéissant plutôt à des intérêts qu'à des convictions, Tabandonna dans le malheur et se rallia sans vergogne à la bannière impériale.
Voyant son armée réduite. Tu Wen-hsiu ne laissa qu'un corps d'observation à Cliao-chou pour arrêter la marche de Yang Ylî-k'o, et il concentra ses principales forces derrière les puissantes fortifications de Hsia-kuan ("fC ^) et de Shang-kuan ( Jt, ^), contre lesquelles il espérait que l'ennemi viendrait se briser.
Les premiers corps de Yang Yti-k'o rencontrèrent sous les murs de Chao-chou un peu de résistance. Yang Wei *, qui commandait la petite garnison, craignant d'avoir, en cas de siège, ses communications coupées dans une localité dépourvue de vivres, se retira, au bout de quelques jours, derrière les fortifications de Hsia-kuan. Les impériaux le suivirent de près.
Devant ces remparts presque inaccessibles, Yang YU-ko, que le succès avait habitué à ne douter de rien, fut, malgré le peu de cas qu'il faisait de ses adversaires, obligé de faire un long séjour.
Tu Wen-hsiu, refoulé avec ses troupes dans Ta-li et ses dépendances, réunit le grand conseil pour délibérer sur le meilleur parti à suivre. Ceux des membres qui n'étaient pas unis au clief du pouvoir par des liens de famille proposèrent un système de capitulation qu'ils croyaient de nature à être mis en pratique. Les 0-hung (pif ^^), qui avaient en partie la direction des affaires, se prononcèrent avec force pour la guerre à outi'ance. Le Yuan-shuai, bien qu'aussi adulé
' Ce chef, prisonnier avec sa femme, avait été, comme nous l'avons vu, confié à la garde de Ma Ju-lung; après s'être évadé de la capitale, il était revenu prendre du service auprès du sultan de Ta-li.
qu'auparavant, sentait que le moment n'était pas loin où son autorité, ébranlée par des défaites successives, serait méconnue, et que ceux-là mêmes qu'il avait comblés d'honneurs s'empresseraient de le livrer à l'ennemi. Toutefois, il avait fondé sa deniiére espérance dans les lignes de Hsia-kuan, et, malgré les ])rotestations de ses conseillers qui redoutaient une trahison, il remit le commandement de cette position à Tung Fei-lung (U H^ ^ ), Chinois d'origine comme lui, mais musulman par adoption, dans lequel il avait la plus grande confiance.
Le Fu-f ai, à peu près guéri de la peste, employa sa convalescence à se venger du mépris que Lîang Shih-mei lui avait récemment témoigné. Par le canal des mandarins de Lin-an, ses subordonnés, il se mit en rapport avec des lettrés influents de la ville, qui entretenaient des griefs contre l'administration de Liang Shih-mei. Quand ces lettrés vinrent le trouver à Tung-hai, il les reçut avec de grandes démonstrations de politesse et leur déclara, pour flatter leur orgueil, qu'il était décidé à mettre un frein à l'état d'indépendance dans lequel se trouvait le département de Lin-an; et qu'il était déplorable de le voir entre les mains d'un chef comme Liang, quand il y avait tant de lettrés et de mandarins civils plus capables que lui d'occuper ce poste. Puis il leur promit de récompenser largement leurs 8er\ices s'ils voulaient se conformer à ses instructions. Quatre d'entre eux acceptèrent ce compromis et rentrèrent à Lin-an munis d'une petite somme d'argent, que leur donna le Fu-fai pour obvier aux i)remières dépenses.
Shén Chao-fu, le premier dictateur de Lin-an, que nous avons vu au commencement de ce récit renversé par Liang